Street Fighter V : l’esport avant tout

Vous avez déjà pu lire mon test plus orienté grand public de Street Fighter V : il est donc temps désormais de jeter un oeil au jeu, cette fois-ci du point de vue d’un joueur souhaitant véritablement apprendre SFV en tant que jeu “esport” compétitif. Place donc à l’école du gameplay et de l’amour.

Le contre-test est viable et pour cause : Street Fighter V a véritablement été pensé par Capcom comme un outil compétitif. A cela, on pourrait donc voir l’état du jeu à sa sortie comme une volonté de rénover en premier lieu sa scène sportive avant son offre grand public. Le jeu ayant commencé son développement seulement 2 ans avant sa sortie, il est normal de ce point de vue que seul son gameplay soit véritablement finalisé.

 

Ryu, cette basic bitch

Et son gameplay est sans contexte l’un des meilleurs créé pour la saga. Le postulat de base, voulant que l’accent soit mis sur la personnalité de ses combattants et la variété de style, est parfaitement rempli grâce à la dévotion d’une mécanique complète, le V et ses différentes possibilités, à ce fait. Cette nouvelle mécanique est aussi l’occasion de faire un best-of des meilleurs gameplay de la série, permettant de voir le retour de l’Alpha Counter ou du Parry.

De même, le développement des personnages a évolué afin de baser l’échelle de puissance sur Ryu, représentant le niveau moyen des personnages : il possède un peu tout, mais pas nécessairement dans les plus grandes capacités, et est donc le plus équilibré (notamment pour débuter). Chaque personnage suivant partirait ainsi de Ryu pour créer des concepts plus portés sur la maîtrise du jeu de sol, du jeu aérien, du mix up etc.

Cette pensée a été utilisée aussi bien pour la variété de gameplay que pour un équilibrage plus optimisé… Et cela se voit. Après avoir parlé autour de moi du jeu avec ses joueurs, une chose est toujours mise en avant : “nan mais mon perso est craqué”. Plus que d’offrir un équilibrage rapide, Street Fighter V donne à chacun de ses joueurs la sensation que son propre personnage est top tier. Un sentiment vraiment plaisant, qui n’empêche pas pourtant au jeu d’être étonnamment relativement bien équilibré malgré sa récente sortie.

Vif et brutal

C’est particulièrement le rythme des matchs qui est absolument génial : la diminution drastique de la mise au sol lourde ainsi que la présence des crush counter rendent Street Fighter V extrêmement vif et brutal. Il n’y a rien de mieux que de ne jamais avoir de temps de pause dans le mindgame, obligé de toujours réfléchir rapidement au prochain coup de son adversaire. Placer un crush counter, s’accompagnant d’un énorme bruit de clash et une animation de tournis, permettant de placer un gros combo d’autant plus jouissif qu’il est marqué par cette domination.

Ainsi, les matchs sont vicieux et terriblement brutaux. Tout s’enchaîne et la pression est intense, faisant qu’il n’y a pas vraiment de matchs sur lesquels on se repose. Le système de classement en ligne est lui aussi implacable : contrairement à Street Fighter IV où acquérir un rang permettait de le garder confortablement (si vous montiez rang B à 5000 BP, il fallait redescendre à moins de 3000 BP pour le perdre), Street Fighter V ne pardonne rien.

Online incomplet mais équilibré

Les paliers sont automatiques, et en descendre vous fera perdre immédiatement votre rang. Aussi, j’oscille entre Ultra Bronze et Super Bronze nageant au milieu des 1500 LP sans véritablement reprendre l’ascendant (faites-moi confiance, ça va changer hein). A aucun moment, il est possible de se reposer sur ses acquis : rien n’est stocké, la guerre fait constamment rage. Cela permet de rendre le système de points, qui ne met que l’égo en jeu contrairement à un money match, bien plus attractif tant les perdre est aisé.

Heureusement, pour les joueurs peut-être plus occasionnels, il ne s’agit pas du seul système de notation puisqu’un niveau de personnage est également enregistré. Bien que peu intéressant en soi, il permet de gagner pour chaque montée de niveau 1000 Fight Money. Aussi, on peut décider autant de se concentrer sur les LP (League Points) que sur le niveau du personnage, selon que l’on souhaite jouer à “qui a la plus grosse” ou plutôt à amasser l’argent pour les futurs personnages DLC qui demanderont 100 000 FM tout de même.

L’aspect plus étonnant est le fait de choisir un personnage et un stage favori pour la recherche automatique de matchs en ligne. Celle-ci permet de continuer à chercher des matchs en fond de tâche, que vous pouvez accepter automatiquement ou non, à partir de n’importe quelle activité sur le jeu (histoire, survie, versus). Un bon point en soi, puisqu’elle optimise l’aspect compétitif sans pour autant nuire au solo. Mais elle pousse étrangement à être un character specialist, alors que la notion-même était présentée morte à la fin de USFIV.

Nous n’attendons plus que Capcom

Aussi, même si le reste du jeu est terriblement limité, l’aspect compétitif de Street Fighter V est vraiment excellemment dosé et est un vrai plaisir à jouer. A défaut de rajouter des modes attendus, comme les lobbys à plusieurs joueurs et un mode spectateur pour pouvoir profiter des matchs, Capcom semble assurer le suivi technique de Street Fighter V et met à jour rapidement son netcode afin d’accommoder les problèmes de sa sortie.

Ce dernier épisode a donc peu de visibilité pour le grand public certes. Mais quiconque s’intéresse un tant soit peu à la série retrouve un gameplay bien plus clair, plus accessible et définitivement creusable par les pros pour en tirer toute la quintessence. C’est pourquoi je regrette vraiment que Capcom n’ait pas fait attention à la portée de son titre pour les joueurs occasionnels, puisqu’il signe avec Street Fighter V l’un des jeux de combats les plus jouissifs à jouer.

Ses mises à jour futures n’auront aucun mal à le rendre parfait, je n’en ai aucun doute : la présence d’un véritable mode histoire complet, de la possibilité de jouer entre joueurs PC et PS4 et un système de punition du ragequit pourrait véritablement en faire une arme imbattable. Pas d’inquiétude sur l’aspect compétitif du moins : Street Fighter V enregistre déjà un nombre record de joueurs inscrits pour l’EVO en à peine 4 jours.

 

Pensée bonus : Remember the name well.

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