The King of Fighters XIV : faible en tout, sauf en style

Après avoir signé un long aperçu de gameplay du jeu ainsi qu’une interview du chef produit de King of Fighters XIV chez Koch Media, il est temps de revenir sur le jeu dans sa version finale qui est désormais en ma possession. Et puisque c’est le gameplay qui aura eu le droit à une première analyse, il n’y aurait pas grand intérêt à revenir sur ce point. Nous allons donc principalement nous concentrer sur le feeling et le contenu du jeu. The King of Fighters XIV signe-t-il un passage réussi à la 3D, pour le grand retour du SNK qu’on aime tant ? Oui, et non.

Ce test a été réalisé via une copie presse fournie par l’éditeur du jeu : aucune règle n’a été imposée sur son traitement, si ce n’est un embargo.

Un JEU vidéo

Il est toujours très difficile de parler de jeu de baston, particulièrement dans le cadre d’un “test”. Car ceux-ci attirent deux types de joueurs diamétralement opposés : les occasionnels, qui veulent simplement de quoi se taper entre amis avec quelques bières sur le côté, et les pros, qui veulent creuser le jeu jusqu’à l’os (ou la ligne de code binaire). Deux côtés d’une même médaille, qui rend difficile le traitement d’une telle oeuvre.

J’en appellerai donc à ma propre définition des jeux de baston, qui pour moi sont et seront à jamais toujours liés à la culture de l’arcade. Culture que je n’ai pas connu personnellement, mais dont les principes de gameplay ont régné sur mes expériences passées. En une ligne : le score et l’adresse avant tout. Des jeux basés presque intégralement sur leurs gameplay, ne donnant que le reste de son contenu en “bonus” pour les plus acharnés.

Sauf que le jeu vidéo a depuis évolué, et est devenu bien plus scénarisé qu’il ne laissait paraître à ses débuts. Il s’est aussi démocratisé, faisant que ces principes se sont petit à petit distillés à travers la culture de masse. Difficile donc de rappeler que dans jeu vidéo, il y a jeu, face à des jeunes générations qui ont avant tout été bercées par des jeux hyper scénarisés comme Uncharted. KOF XIV n’est pas de ceux-ci. KOF XIV est un jeu, dans la plus pure définition du terme.

Loin d’être le roi du contenu

Pourquoi cette précision ? Car pour tout le bien que je pense du gameplay du jeu, King of Fighters XIV arrive sans aucun autre contenu que son gameplay. Bien que j’aime le jeu et y joue régulièrement, ma critique de Street Fighter V avait taclé le jeu à sa date de sortie pour cette même raison. Aussi, quand je vous dis que KOF XIV est dans un pire état que son concurrent d’antan, un problème est réellement souligné.

Outre les modes défis peu extensifs et un mode survie banal à en pleurer, ce qui m’aura le plus déçu n’est autre que le mode “histoire” du jeu. C’est bien simple : savoir comment en sont-ils venus à l’appeler “mode histoire” ferait une meilleure histoire que ce que l’on retrouve en jeu. Il s’agit d’un bête mode arcade, avec quelques cinématiques l’entrecoupant. Il semble que l’équipe que l’on joue en change quelques-unes, que ce méli-mélo devient plus clair à force d’entrecouper les histoires de tout le monde mais… qui veut vraiment subir ça quand l’exécution du tout est, disons-le clairement, ratée ?

Et le problème vient peut-être justement du fait de l’avoir nommé “mode histoire”, laissant penser que l’on peut attendre un minimum de scénarisation mais il n’en est rien : les combats s’enchaînent sans véritable contexte, avec certains personnages s’apostrophant (presque) aléatoirement pour balancer quelques punchlines avant de reprendre. Le tout avec quelques (bien foutues et plutôt drôles) vidéos mettant en scène les boss. En soi, on pourrait l’apprécier, à la manière d’un Tekken 3 de l’époque et ses cinématiques d’intro et d’outro craquées, mais la perception trompée par le mot “histoire” laisse un petit goût amer en fond de bouche.

Du style et du fun

Et c’est là que nous revenons magiquement à mon introduction : en a-t-on vraiment quelque chose à faire ? Après tout, malgré l’avoir critiqué au jour de sa sortie, je continue de jouer religieusement à Street Fighter V à chaque occasion que l’on m’offre. King of Fighters XIV est du même acabit : les accros aux jeux de combats y trouveront naturellement leur compte, quand les autres auront du mal à véritablement y rentrer mais pourraient être attirés par la galerie de personnages bariolées qu’offre le titre.

Puisque c’est là l’une des plus grandes forces de KOF XIV : son roster est varié. Véritablement varié. Nous parlons là d’une cinquantaine de combattants étant des plus classiques aux plus loufoques, représentant des styles de combats réels autant que des divagations ésotériques explosives. Ce jeu ne peut tout simplement pas être attaqué sur son charisme, mais sa grande réussite est que celui-ci se ressent manette en main.

Etant énormément basé sur l’utilisation des super, avec des combos relativement courts en préambule, on ne manque jamais une occasion de voir son personnage transpirer la classe alors que l’on roule sur un adversaire. Avec autant de personnages en jeu, et les équipes de 3 que le jeu pousse, on ne perd jamais ce plaisir primaire de voir quelque chose de stylé, tout simplement, se faire à l’écran à la suite de ses manipulations. Faire des combos, des sensations pures.

Un trait qui se retrouve également dans les différents stages du jeu, qui semblent avoir eu toute l’attention des graphistes de la team SNK. Les terrains sont tous sublimes, et varient énormément leurs ambiances.

The Future Is Now

Le plus gros problème du jeu reste, comme tout le monde le pressentait, ses graphismes. Le jeu est loin d’être un jeu PS2, mais il faut admettre qu’il a des airs de remake HD de jeu first gen PS3. Si ce n’est les terrains, les combattants n’ont pas l’air en forme et paraissent extrêmement lisses. Mais c’est surtout sur leurs animations que l’on commence à serrer les dents, alors que les 9/10ème du cast semblent avoir un balai dans le fondement à chaque animation ou tout simplement avoir des secousses alors qu’ils semblent manquer certaines étapes clés à leurs mouvements.

Les effets visuels des attaques ne sont pas non plus de la plus grande fraîcheur, et “suffisent” seulement. Ce qui ne l’empêche pas pour autant de mettre une claque sur le style, puisque les animations de super sont particulièrement travaillées et rééquilibrent quelque peu l’ensemble.

En somme, on sent que l’équipe de SNK s’est concentrée sur ce qui semblait compter le plus : le roster. Tout tourne autour de cela, de leur charisme à leur gameplay, laissant le superflu de côté. Mais est-ce vraiment un mal ? Peut-être que je deviens plus tolérant à mesure que je claque mes sous dans les DLC de Street Fighter, fight money comme argent sale, mais cela ne me semble plus aussi choquant qu’avant.

King of Fighters XIV est un jeu de baston, destiné donc à être joué à plusieurs dans un contexte où l’histoire n’est que celle de la rivalité que l’on se crée avec nos amis, ou celle imposée par un tournoi. De nos jours, il n’a besoin que d’un roster varié et construit, ce qui coûte le plus cher à développer pour un jeu de combat par ailleurs, et d’un mode en ligne efficace.

Je n’ai pas pu tester le mode en ligne comme je l’aimerais, mais les rares matchs que j’ai pu jouer étaient très satisfaisants en prenant en compte ma connexion dégueulasse à 10mb/s. Quand on sait qu’un patch day one viendra en améliorer les performances (en prime du support des manettes/sticks PS3), il m’est difficile d’avoir un avis définitif sur la question, même si les premières impressions sont encourageantes.

Quand en prime sa prise en main est très facile pour les débutants, et que le jeu renferme de nombreuses subtilités pour les vétérans, difficile de ne pas penser qu’il s’agit d’un bon jeu de combat qui, face à la concurrence, avance un roster pour le moment inégalé et à la classe absolue. Son plus gros point fort, quand il faiblit sur presque tous les autres aspects du genre : à vous de voir si 50 personnages sont assez pour justifier son prix de 60€, mais leur charisme et leur gameplay en valent bien l’investissement de mon point de vue.

Pensée bonusJe ne sais pas si je dois pleurer ou applaudir en voyant le traitement de la physique des seins de Mai Shiranui dans ce jeu. En tout cas, ça doit faire mal.

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4 commentaires

Clara 5 décembre 2016 - 7 h 06 min

J’ai un pote qui joue à ce jeu et il partage ton avis au sujet de KOF XIV. Il trouve également qu’il y a des similarités avec Street Fighter V. Graphiquement pauvre, mode de survie qui laisse énormément à désirer et un mode histoire pas terrible en ce qu’il s’agit de KOF XIV. Il a l’air de regretter son investissement ! 🙂

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Lina 31 mai 2017 - 11 h 58 min

Salut,
En ce qui me concerne, je n’ai pas vraiment été séduite par la direction artistique de The King of Fighters XIV. Toutefois, j’ai trouvé l’histoire amusante et le gameplay a été à la hauteur de mes espérances.

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OtaXou 31 mai 2017 - 19 h 30 min

Rien ne battra pour sûr les sprites 2D magnifiques de KOF XIII, mais hélas c’est devenu très coûteux sur un marché qui favorise la 3D :'(

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Lina 2 juin 2017 - 8 h 41 min

En effet, ce n’est pas donné. Mais bon, pour ma part, le gameplay compte plus que le graphisme. 🙂

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