Until Dawn : mélange détonant de jeu et de film

 

Il est temps d’avouer que mon taux de testostérone admis médicalement comme au-dessus de la moyenne, faisant que la science prouve sans l’ombre d’un doute que je suis le mâle alpha, ne m’empêche pas de faire partie intégrante – voir président honoraire – de la team sur-flipette.

Bien que n’étant pas facilement apeuré, j’ai été ce genre d’adolescent qui gâche aisément une soirée tardive en refusant en bloc de regarder le moindre film d’horreur… Et suis toujours genre d’homme à faire le brave, sauf en cas d’histoire quelconque un tant soit peu effrayante. Mon raisonnement est simple : je ne sais pas consommer le moindre film, le moindre livre le moindre jeu sans m’y plonger intégralement.

Et je dis bien intégralement : pour ces quelques instants où je me plonge dans l’univers concerné, je suis le personnage principal, j’ai de l’empathie pour l’inexistant, et ressens les événements comme si mon être, ma chair même, les subissaient également. C’est pourquoi les jeux d’horreur n’ont jamais été, et ne seront jamais Dieu m’en est témoin, ma spécialité. Vive les jeux japonais colorés et mignons, bordel de merde.

Et pourtant… Until Dawn

Mon achat d’Until Dawn sur PS4 a été motivé par plusieurs facteurs. Premièrement, le jeu étant une exclusivité de Sony, je me suis naturellement intéressé à celui-ci étant particulièrement attiré par l’histoire et les productions des studios internes de Sony Worldwide Studios. Deuxièmement, celui-ci qui ne payait pas de mine au premier abord, et a été longuement repoussé étant prévu sur PS3 avec compatibilité PS Move à l’origine, a finalement rencontré le succès et a été largement considéré comme un sleeper hit sur la plateforme.

Et finalement, j’essaie activement de trouver des jeux à faire avec ma douce et tendre compagne. Celle-ci étant bien plus habitué au PC, et donc plutôt gauche une manette en main, quoi de mieux qu’un jeu étant bien plus un film dont je pourrais prendre le contrôle sans pour autant nuire à cet aspect en prenant, à deux, chaque décision importante concernant le jeu.

J’ai donc profité des soldes de Pâques du PSN afin d’acquérir Until Dawn pour une petite trentaine d’euros, et nous sommes partis main dans la main tenter de sauver le plus de personnages possible du jeu chaque soir. Nous y avons joué de la même manière qu’un film, tranquillement le soir après manger, chapitre par chapitre, parfois même en nous plongeant dans le noir pour maximiser le potentiel de petit pipi dans le pantalon non voulu.

Une production de qualité

La première session d’Until Dawn aura surtout pour moi été l’occasion de m’étonner de la qualité du jeu d’un point de vue technique. Sans dire que l’on pourrait le confondre avec un film mettant en scène des acteurs en chair et en os, les personnages ayant toujours un brin de ce côté “poupées articulées sans vie” habituel dans les jeux vidéo, je fus tout de même étonné de voir à quel point l’animation des visages parvient à être crédible.

Ce genre de production est selon moi basé sur la compassion que l’on peut ressentir pour sa galerie de personnage, qui sont toujours un brin cliché afin de justement pouvoir maximiser l’empathie des spectateurs et ainsi leur faire ressentir une peur réelle. Mais pour cela, encore faut-il ne pas être arraché à la suspension d’incrédulité par une technique à la ramasse qui permettrait de s’amuser du jeu bien plus que de le ressentir.

La peur étant d’autant plus une émotion subtile, s’exprimant différemment selon la personne, je considère qu’Until Dawn a fait un travail parfait sur ce point. Tous les personnages mis en scène par le jeu sont assez humains dans leurs réactions, et je parle là purement de l’aspect physique et donc intrinsèquement technique, pour que la formule fonctionne : ce sont des êtres humain, à part entière, qui subissent et réagissent aux événements du jeu. Impossible donc de se distancier de leurs émotions pour ne jouer qu’à la poupée.

Bien que les expressions faciales soient celles m’ayant le plus marqué, cela n’aurait pas non plus été possible sans le travail d’animation des corps, réalisés eux aussi grâce à la motion capture, et qui sont tout aussi excellents. Jeu oblige, le fait que le joueur contrôle le protagoniste peut parfois jouer en la défaveur de la crédibilité, mais il n’en est rien : une certaine inertie a été appliquée à leurs mouvements, de telle manière à ce que de bout en bout, Until Dawn soit crédible. Chapeau bas.

Un film-jeu ? Jeu-film ? Jilm ? Fleu ?

Mais finalement, la meilleure qualité d’Until Dawn reste… Sa parfaite cohérence entre gameplay et “film”. Je n’ai jamais vraiment joué à des jeux de la sorte, les productions de David Cage ne me hypant pas pour un sou, c’est peut-être donc l’effet de découverte qui me fait clamer les louanges de ce titre.

Toujours est-il que rien ne coupe jamais vraiment ni le film, ni le jeu. Il n’y a en effet jamais de phases contemplatives avec Until Dawn, vous devrez constamment être attentif, et ce bien en tant que joueur. Et pour cause : grâce au mécanisme de totems, qui vous permet de voir des événements futurs et vous donne autant de conseils que de présages funestes, il n’y a pas une seule “cinématique” (tout étant in-game et avec un minimum d’interaction) qui ne vous demandera pas d’agir.

Des QTE sont bien sûr présents, mais il incorpore également des phases de rail-shooter ainsi que la détection des mouvements de la manette pour vous forcer à rester immobile. Habilement dosé avec les phases d’exploration, ne donnant aucune perte de cohérence à l’ensemble, cela donne la sensation de ne jamais être au repos et poser la manette pour observer l’histoire se dérouler serait une grave erreur.

Et justement : même sur des phases observatrices, les totems restent dans la tête faisant que l’on ne peut s’empêcher d’essayer de déterminer ce qui, dans l’action passive du jeu, déterminera le meilleur choix lorsque celui-ci arrivera. Un jeu tout aussi bien mécanique que psychologique donc, haletant comme jamais et faisant que nous sommes définitivement joueurs et non spectateurs.

 

On fait Until Dawn en ce moment… Ma meuf me fait plus flipper que le jeu. #PS4 #UntilDawn

Une vidéo publiée par OtaXou (@otaxou) le

Des défauts vites oubliés

Until Dawn n’est pourtant pas exempt de défauts : on citera notamment certains personnages qui ne sont pas aussi joués et donc approfondis que l’on aimerait, ou quelques bugs encore présents notamment sur la détection de mouvements. Mais je les ai bien vite oublié et pour cause : grâce à ce fameux mélange, lorsque le jeu perd quelque peu d’intérêt, le scénario le rattrape et inversement, faisant qu’à aucun moment je n’ai été sorti du délire, et ce jusqu’à la fin.

D’autant qu’Until Dawn est un jeu se voulant être un Slasher adapté de manière vidéoludique, mais ce n’est pas tout à fait vrai. Celui-ci développe en effet assez de mystère dans son scénario pour ne pas être un vulgaire “spectacle de mort”, nous laissant bien souvent pensifs avec ma douce et nous engageant dans des débats divers sur l’orientation de l’histoire. Et quelques cauchemars aussi, particulièrement pour cette dernière.

Aussi, je ne peux que vous recommander d’a minima y jeter un oeil, d’autant plus si comme moi les Beyond Two Souls et autres Heavy Rain ne vous attirent pas : Until Dawn ne se contente pas d’être un spectacle, mais bien une des oeuvres interactives les mieux foutues auxquelles j’ai pu jouer sur ces dernières années. Un très bon jeu et un très bon film popcorn mélangés, en faisant un passage obligatoire pour quiconque est attiré par la formule.

 

Pensée bonusil s’agit en plus du jeu qui m’aura fait enfin justifier mon achat de la PS Caméra, grâce à ces jump scares hilarants enregistrés en cours de session.

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1 commentaire

Clara 5 décembre 2016 - 7 h 12 min

Until Dawn est un super jeu ! J’adore les œuvres de Survival/Horror ! Je n’ai pas vu le film, cela dit. S’il est aussi bon que le jeu, je le regarde dès ce soir ! 🙂

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