Persona 4 Arena Ultimax : plus ouvert qu’il n’y paraît

Alors qu’au long de sa vie, la Xbox 360 était la console dominante en matière de jeux de combats, principalement pour son mode en ligne, en sa fin de vie la PS3 devient la console reine en matière de jeux de combats et ce pour une raison bien précise… Les Anime Fighters, comme aiment à les surnommer les américains, ou les jeux de baston au look et gameplay inspirés des animes. Et quand bien même ces jeux sortent bien souvent autant sur PS3 que sur Xbox 360, la console de Microsoft n’ayant aucun attrait au Japon ces jeux restent les plus appréciés sur la console de Sony.

Dans ce genre typiquement Japonais, on connait des cadors comme Guilty Gear tout comme des productions plus intimes comme Melty Blood. Et depuis peu, un nouveau challenger est apparu sur cette scène : Persona 4 Arena, fruit de la collaboration entre Atlus et Arc System Works. Des efforts récents de décliner énormément la licence Persona, effort que l’on voit avec les sorties récentes de Persona 4 Golden, Q et Dancing All Night, SEGA continue d’envoyer la sauce avec sa suite directe : Persona 4 Arena Ultimax comme on le connait en Europe et aux US, mais je lui préfèrerai son nom japonais pour un surplus de testostérone :

Persona 4 Arena The Ultimax Ultra Suplex Hold. Si ça, ça ne sent pas la virilité à plein nez à l’exemple d’un tatami de karaté sentant bon les milliers de pieds l’ayant foulé, je ne sais pas ce qu’il vous faut.

General Teddie est de retour

Ce deuxième épisode est la suite directe de Persona 4 Arena premier du nom, et quand je dis directe… Elle se passe le lendemain-même des évènements du premier P-1 Grand Prix. L’Investigation Team aimerait pouvoir se reposer et profiter de Yu, protagoniste principal de Persona 4, qui repart sous peu d’Inaba, tandis que les membres du SEES repartent chercher le réel instigateur du P-1 Grand Prix forts d’une nouvelle recrue à leurs côtés en la personne de Labrys.

Mais hélas, à peine la nuit tombée et minuit sonnant… Le Midnight Channel apparaît, annonçant la tenue d’un nouveau tournoi P-1 Climax tandis qu’un mystérieux brouillard rouge s’étend sur Inaba. General Teddie apparaît alors, dévoilant une fin du monde programmée pour l’heure qui suit et la capture de Mitsuru et Akihiko. Cette fois-ci, le tournoi ne se passera pas dans le TV World mais bien à Inaba, qui enveloppé de brume sanguinaire est suspendu dans la Dark Hour. L’Investigation Team et les Forces Spéciales de la SEES s’unissent donc pour en finir une bonne fois pour toute avec le tournoi et démasquer son organisateur.

L’aspect visual novel est plus présent que jamais

L’histoire était pour moi une des plus grandes faiblesses de Persona 4 Arena premier du nom. Non pas que celle-ci soit mauvaise, loin de là, mais celle-ci était construite d’une manière bien frustrante : à la manière d’un visual novel, vous deviez sélectionner en certains points une réponse à certains évènements du jeu, qui vous emmenez à une conclusion différente. Bien que l’idée ne soit pas mauvaise en soi, le fait est que l’on se retrouvait bien souvent à subir des dialogues et évènements inintéressants puisque la construction totale n’était pas claire : impossible de savoir si le chemin que l’on suivait était le bon, et l’obligation de repasser aux mêmes endroits constantes.

Heureusement, P4U2 (comme on le surnomme) n’a pas repris cette construction, et nous propose une histoire plus linéaire dont les évènements sont séparés par les points de vue des protagonistes. Aussi, on navigue d’un point de vue à l’autre au choix pour arriver à la grande conclusion du jeu. Outre cette séparation des personnages, nous avons également la séparation des 2 grandes teams du jeu, ainsi finir l’histoire du point de vue des protagonistes de Persona 3 vous permettra d’accéder à celle-ci du point de vue des membres de Persona 3.

L’histoire en elle-même se laisse suivre très aisément, nous présentant un nouvel antagoniste en la personne de Sho Minazuki qui dans la plus grande tradition des Persona est bien plus complexe qu’il n’y parait au premier abord. Globalement, Persona 4 Arena Ultimax nous présente un scénario certes anecdotique en soi mais bien travaillé et plaisant à suivre. Bien sûr la grande force de P4U2 est surtout d’intégrer les mondes de Persona 4 et Persona 3 ensembles, avec l’effet ajouté de voir l’évolution de la team SEES après les évènements de P3 et The Answer. Sur cet aspect, nous sommes bien loin d’être déçu aussi j’aurais tendance à recommander Ultimax aux fans de la série qui ne serait pas nécessairement attiré par l’aspect baston : l’histoire vaut le coup d’oeil pour peu que l’on connaisse l’univers la régissant. Je peux en tout cas certifier avoir adoré puisque je me la suis enchainée d’une traite.

Ultra Supplex ! Hold on.

Persona 4 Arena Ultimax, c’est avant tout du plaisir à jouer, même lorsque l’on ne comprend pas nécessairement ses mécaniques. Aussi étonnant que cela puisse paraître, je le reconnais : j’aime la mécanique d’auto combo de ce jeu. Pour rappel, afin de permettre aux non-initiés aux jeux de combats d’apprécier le jeu, P4U2 vous permet en répétant la touche de coup léger de lancer un auto combo se finissant sur une Super. Mais bien loin d’être craqué au point de rendre la compétition inutile ou puissant au point d’annihiler tout intérêt de construire son combo, cette mécanique lance simplement un combo basique, comme un BnB, automatiquement pour vous.

Vous ne ferez pas énormément de dégâts en les utilisant, mais la possibilité de l’utiliser fait qu’il s’agit d’un point d’entrée facile pour comprendre les combos. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’on démarre en ne faisant que ça. Puis on se rend compte que l’on peut ajouter nos propres coups à cette construction basique, rendant le mix-up plus variés et/ou les dommages plus importants, jusqu’à finalement comprendre véritablement comment accéder à une certaine maîtrise. Au final, cette mécanique nous permet d’éviter l’effet de page blanche, où le joueur sait qu’il peut faire énormément de choses mais ne sait pas par où démarrer. Là, la page blanche nous donne un début de phrase à compléter, jusqu’à ce que l’on se sente assez à l’aise pour créer les nôtres, plus complexes et plus belles.

Mon gars sûr depuis toujours

Mais Persona 4 Arena Ultimax est surtout l’occasion de retrouver de nouveaux personnages avec des mécaniques uniques se rajoutant au cast et l’étoffant. Ainsi, Ken est accompagnée de Koromaru et son gameplay nous imposera de pouvoir gérer ces “deux personnages en même temps” à l’écran, tandis que Junpei (tu m’avais manqué ma bouliche) étant devenu entraîneur d’une équipe de base-ball son gameplay sera basé sur la réussite de ses coups de batte. Les petits “twists” à la Akihiko du premier volet sont toujours plus présents, rendant l’inclusion des nouveaux personnages bien plus fraîche que de “simple skin” pourvu d’un ou deux coups uniques pour faire plaisir aux fans. Il y a eu du travail mis dans ce nouveau roster, et ça fait très plaisir à voir et à jouer.

La deuxième grosse inclusion du jeu est la possibilité de choisir entres 2 versions de chaque personnage : la version classique, et la version Shadow. Le jeu est déjà énormément poussé sur l’attaque, notamment à cause d’un système de malus si le backdash est trop présent, mais le mode Shadow va encore plus loin : adieu les options défensives comme le Burst, place aux barres de Super craquées et aux dégâts maximisés. Encore une petite couche de variété pour être certain de jouer de la manière que l’on entend.

Le festival Persona

Un jeu fun à jouer, facile à prendre main et varié, avec des couches de profondeurs permettant un accès simple aux débutants comme aux gros joueurs, c’est très bien tout ça. On a donc un très bon jeu de combat dans sa mécanique, un jeu Arc System Works quelque part, mais qu’en est-il de l’aspect Persona ? Et bien… C’est la fête il faut l’avouer. Le jeu est sublime, les sprites des personnages sont détaillés et parfaitement animés tandis que leurs coups correspondent parfaitement aux personnalités que la Team Persona ont développé au fil du temps et des épisodes.

Le tout enrobé par une belle sélection de stages tirés de Persona 4 et Persona 3, remixés à la sauce Arena, qui ont chacun une ambiance travaillée et sont superbes à admirer. Le mode histoire, toujours organisé comme un Visual novel et ainsi assez statique il faut l’avouer, nous offre tout de même de belles artworks à contempler et quelques petits animés agréables à la vue. On reste dans l’esprit Persona très clairement.

Le scénario se pose là

Et que dire de la musique ? La série Persona est tout de même connue pour la qualité de ses compositions, et Persona 4 Arena Ultimax ne fait pas exception en nous proposant certains thèmes de Persona 3 comme 4 remixés pour le jeu de combat ainsi qu’un thème exclusif plus qu’appréciable à écouter qui rentre pour moi dans le top des thèmes rythmés de la série. Arena Ultimax propose aussi désormais une grande variété d’annonceurs, balançant de la trivia et du clin d’oeil à foison. toujours plus agréable pour faire plaisir à nous autres amoureux de Persona.

Problème étant que c’est un joli festival dans lequel tout est assez cher et où il n’y a pas grand monde… Le mode en ligne est terriblement vide, ce qui est bien dommage puisque le peu de matchs que j’ai pu jouer semblaient présenter un netcode plus que bon. Mais aussi et surtout, une montagne de DLC disponibles du plus anecdotique au plus sale. Mention spéciale aux 3 personnages en DLC à la sortie, bien présents dans la character selection pour bien narguer et prouver que le contenu est bien là sur le disque et qu’il a simplement été coupé du jeu final pour la vente. Je croyais qu’il n’y avait que Capcom pour faire ça ?

Mais je ne peux pas m’empêcher de l’aimer, je dois l’avouer. Ca se joue très bien, ça donne envie d’être approfondi et ça offre beaucoup pour peu que l’on suive la série Persona. Problème étant que sans une scène proche de chez soi, ou des potes motivés, impossible de trouver des joueurs avec lesquels jouer. Je conseille donc à ceux qui aiment Persona au point de vouloir approfondir au maximum l’univers de la série de prendre le jeu, à ceux qui ont une scène motivée autour d’eux aussi, mais pour les autres curieux… Bien difficile de vous dire de le prendre, tant le jeu est réservé à ceux qui ont déjà un intérêt certain pour les jeux de combats et/ou Persona. Sans cela, le jeu semblera sans vie et abusif de par sa politique de DLC.

Test réalisé à partir d’une version presse du jeu.

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