Persona 4 Dancing All Night : juste une dernière danse

Il y a de cela 2 ans, Atlus annonçait la sortie d’une flopée de jeux pour la série Persona : Persona Q sur 3DS, un dungeon RPG fun plein de fanservice. Persona 4 Arena Ultimax, suite inattendue du jeu de combat développé par Arc System Works. Persona 5, bien évidemment. Et enfin, Persona 4 Dancing All Night, jeu de rythme originellement créé en collaboration avec Dingo Inc.

De quoi faire pousser quelques cris de joie aux doseurs de jeux musicaux puisqu’il s’agit ni plus ni moins du développeur de la très respectée série Hatsune Miku Project Diva. Toutefois, bien qu’originellement développeur principal, Dingo Inc est passé collaborateur du projet après que la qualité du jeu n’ait pas été aux goûts d’Atlus. Kazuhisa Wada prenant la tête du développement après un Persona 4 Arena respecté par la communauté, Persona 4 Dancing All Night est enfin sorti chez nous sous cette nouvelle direction.

N’essayez même pas de le tester

 

Danse et mets tes baskets, chouette !

A la suite de ces nombreuses annonces, beaucoup étaient en proie aux doutes concernant la stratégie d’Atlus pour sa série Persona. Il faut dire que l’apparente surabondance de produits dérivés tirés du 4ème épisode n’était pas pour rassurer les fans, qui étaient toujours méfiants suite au rachat d’Atlus par SEGA Entertainment et craignaient l’effet “vache à lait”. Aussi, chaque nouveau jeu annoncé cette année-là était scruté dans ses moindres détails.

Mais Dancing All Night faisait parti des rares à être observé d’un oeil très optimiste, et à raison : un élément indéniable rendant cette série si vénérée est sa bande son, produite par l’extrêmement talentueux Shoji Meguro. De ce fait, une fête à son honneur a toujours fait sens. Passé superviseur sur ce projet, Persona 5 prenant déjà beaucoup de son temps libre à n’en point douter, c’est Ryota Kozuka qui eût la lourde tâche de construire sur l’impressionnant édifice musical laissé par le compositeur japonais.

 

Toujours cette dualité légendaire

La force d’un jeu musical étant nécessairement basée sur sa bande son, P4DAN nous livre ici une trentaine de pistes tirée du quatrième épisode et ne déçoit pas : doté d’une dizaine de pistes classiques et d’une vingtaine d’arrangements originaux et remixes de grands noms (Lotus Juice, Shinichi Osawa, Akira Yamaoka…) de jeux vidéo comme d’electro.

Aussi inquiétant que ces remixes pourraient être, ceux-ci sont assez retravaillés pour être véritablement en présence de nouvelles musiques aux ambiances très différentes pouvant passer de la house à du jazzy très facilement. Pour tout vous dire, même quelqu’un n’étant pas nécessairement amateur de musique japonaise tel que moi a pu facilement s’acclimater aux œuvres composant cette bande son.

Toutefois, le fait que Persona 4 Dancing All Night se concentre exclusivement sur les pistes du quatrième épisode s’avère bien souvent frustrant. Pour une raison bien simple : Où est MASS DESTRUCTION ?! Plus sérieusement, il est dommage que, pour un jeu aussi léger, la fusion des deux univers de Persona 3 et 4 n’ait pas été faite à l’instar des Arena et Persona Q. Même les pistes en DLC, disponibles à tarifs variés, n’offrent pas cette possibilité.

Un jeu qui en met aussi plein les yeux

Shadow Night Fever

Ce manque se ressent tout bonnement parce que le gameplay du titre est excellent. Organisée sur une forme circulaire, la piste de notes comprend à sa gauche les flèches Haut, Gauche et Bas et à sa droite Triangle, Rond et Croix reprenant ce cercle sur le hardware de la console. Ajouté à cela, les gâchettes L et R ou une pression des joysticks permettent de réaliser les formes de “scratch” prenant l’intégralité du cercle.

Outre les notes classiques caractérisées en jaune ne demandant qu’une simple pression de la touche correspondante, vous aurez également à effectuer des notes “Unison” en rouge demandant une pression simultanée d’une flèche et d’un signe, ainsi que des notes “Hold” demandant de rester appuyé et libérer une touche en rythme. Pour les scratchs, deux formes sont à dénombrer : une forme bleue classique, ne donnant qu’un gain de points, et une forme arc-en-ciel permettant de déclencher le mode “Fever” augmentant le score et déclenchant la présence d’un partenaire de danse.

L’augmentation de la difficulté de la musique se traduit autant par la présence de notes supplémentaires que par le bouleversement de la lecture de la piste : d’ordinaire cantonnée à un sens de lecture horaire ou anti-horaire, plus les niveaux augmentent et plus ce sens devient anarchique, changeant çà et là pendant la piste jusqu’au mode “All Night” (le plus extrême) proche du anarchique. Bien évidemment, les notes Unison et Hold se font également plus présentes et les notes classiques plus vicieusement placées en leur sein pour un challenge accru.

La grâce et la candeur

Toutefois, cela ne rend pas le titre nécessairement moins accessible. En effet, les notes de scratchs étant facultatives, il est toujours possible de faire abstraction de celles-ci afin d’atteindre un score viable validant votre piste. Mais c’est là où le bât blesse : le jeu est extrêmement retord sur sa notation. Notant par “Perfect”, “Great”, “Good” et “Miss” votre respect du rythme dans l’appui des touches, il condamne toutefois votre combo dès qu’un “Good” vient se glisser dans votre performance.

Et c’est bien votre combo qui vous permettra de faire plaisir à la foule de Shadows vous observant, puisque ce sont eux qui représentent votre réussite. La “Hype Gauge” telle qu’elle se nomme représente une petite foule de Shadow réagissant à votre danse : sautillante et arc-en-ciel, c’est un perfect. Verte pomme ? Bravo, vous passez sans soucis. Tout le reste ? Vous pouvez oublier. Même si vous finissez la musique, votre score ne sera pas considéré comme suffisant pour passer.

Plaisant à jouer tout du long, ce rythme de scoring permet justement de ne pas détruire le plaisir de jeu du novice tout en permettant aux gros joueurs d’avoir un défi à leur taille. Et du défi il y en a, étant encore pris de cauchemars à la vue du mode All Night je peux certifier que Persona 4 Dancing All Night n’est pas fait pour les petits joueurs : il vous faudra en baver si vous souhaitez réussir au plus haut niveau.

On est là pour scorer ok ?!

Festival Love Meets Bond

Rassurant donc qu’un genre de jeu misant foncièrement quasi uniquement sur son gameplay ait réussi à garantir une expérience originale tout en gardant assez de profondeur pour attirer également les plus gros joueurs de la maison Dingo Inc. Déjà bercés par l’excellente série des Project Diva, ils étaient en droit d’attendre un même niveau de jeu ce que Persona 4 Dancing All Night fourni.

Mais c’est étrangement la moindre de ses qualités. Un bon gameplay est attendu d’un jeu de rythme, mais c’est sur son histoire que P4 DAN surprend le plus. En effet, dans le cadre d’un spin off dédié avant toute chose au gameplay, force est de constater que l’histoire mise en scène dans celui-ci a quelque chose d’extrêmement plaisante et terriblement… Persona-esque.

Le charisme est total

Nous suivons ici le grand retour de Rise Kujikawa à son nom de scène “Risette”, alors qu’elle s’apprête à faire son grand come back durant le festival Love Meets Bond. En quête de soutien moral, elle fait appel à l’Investigation Team afin d’être ses backup dancers durant le concert. Mais alors que celui-ci se prépare, de nombreux événements étranges entourent le groupe Kanamin Kitchen et sa leader Kanami Mashita qui ne sont pas sans rappeler le Shadow World.

Par chance, Kazuhisa Wada n’a pas fait la même erreur qu’avec Persona 4 Arena premier du nom et offre ici une histoire relativement linéaire parsemée de séquence de gameplay. Libre à vous d’en choisir la difficulté par ailleurs, mais son contenu se dévore avec aisance. Suivant une vie simple d’idol japonaise, elle peut certes paraître niaise par moment mais possède assez d’éléments de la série originale pour s’avérer finalement plus profonde. Au final, celle-ci bien que d’une moindre ampleur ne fait pas le moins du monde honte à la lignée et parvient même à distribuer quelques clins d’œils bienvenues aux autres épisodes canoniques.

Persona !

La fête est finie

Finalement, la seule chose que l’on regrette quelque peu avec Persona 4 Dancing All Night est son absence de profondeur. Aisément terminé en une dizaine d’heure, sa seule véritable rejouabilité vient de vos envies de scoring et de la possibilité d’équiper des objets permettant de modifier les règles de gameplay d’une danse. Par exemple, vous pourrez vous imposer un défi supplémentaire en faisant les notes apparaître plus lentement ou rapidement, à la dernière seconde etc etc vous permettant d’augmenter votre score final.

Mais c’est là à peu près tout. Les musiques se débloquent toutes naturellement en jouant sans véritable défis, fort heureusement, mais c’est également le cas du reste du contenu bonus comme les artworks ou les vidéos. Et quand bien même vous pouvez consulter les meilleurs scores en ligne sur chaque piste, il n’y a pas plus de possibilité que cela et ce même menu est caché au fin fond des options.

Best girl for ever

Pas non plus de mode multijoueurs, ne serait-ce qu’un mode défi de score en ligne ou un duel en face à face en ad-hoc aurait pu être appréciable mais il n’en est rien. Le menu est plutôt équivoque : histoire, danse, fini. La possibilité de débloquer des costumes et accessoires souvent bien trop copiés les uns sur les autres ne rajoute pas grand chose à sa rejouabilité.

Reste que le jeu au complet est parfait pour sa plateforme : un gameplay solide dans un très bel habillage facile à prendre en main pour une session courte dans les transports en commun, ou pour se bouger les fesses sur une bande son du tonnerre. Un régal que l’on ne boudera pas.

 

Pensée bonus : J’aurais aimé observer ma waifu danser mais on n’y voit que les touches

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2 commentaires

FinalFan 26 novembre 2015 - 19 h 14 min

Cet article tombe à pic car j’ai une question avant d’attaquer le jeu :
J’imagine que quoi qu’il arrive, on est obligé de passer par le mode histoire pour débloquer les pistes.

Étant un parfait ignare de la série (j’ai le 4, mais jamais joué et les P4A ne m’ont pas conséquent pas intéressé), j’ai cru lire que niveau trame, ça se passe après tout ça, peut-on zapper à volonté les phases de dialogue (et ainsi réduire la durée de vie du jeu) pour “enchaîner” les sessions de jeu ?
Je doute qu’il soit réellement possible de profiter de ça en connaissant l’univers de très loin comme moi.

Il aurait peut-être été sympa de souligner l’effort fait par NISA d’avoir également daigné au marché Euro bénéficier (sous conditions) du collector Disco Fever à 80€.

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OtaXou 26 novembre 2015 - 19 h 24 min

Débloquer les pistes se fait à dire vrai majoritairement par le mode Free Dance qui débloquera, allez, à vue de nez, 80% des pistes. Effectivement, certaines se débloquent ensuite après avoir tâté le mode histoire mais elles sont peu nombreuses.
Pour le fameux mode histoire, tu le cibles bien sur la chronologie de Persona. Ca risque pas de spoil à dire vrai, et si tu n’es pas intéressé tu as effectivement la possibilité de tout zapper le plus rapidement possible avec Triangle. Mais tu pourrais en profiter ne serait-ce que pour les petites vannes sur les idols etc, sait-on jamais ?

Par contre j’évite le plus possible de souligner les “efforts commerciaux” faits autour du jeu dans mes articles, ça n’a pas d’intérêt dans ma visée. C’est plus le genre de choses dont je parle sur Twitter !

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