Pourquoi le monde a besoin d’une Nintendo Switch Pro

2020 est l’année de l’officialisation et la sortie d’une nouvelle génération de consoles : PS5 chez Sony, Xbox “Series X” chez Microsoft. Côté Nintendo, le seul nouvel appareil aura été la Nintendo Switch Lite, plus simpliste et moins onéreuse. Alors que les rumeurs d’un modèle Pro ont été enterrées par la marque en 2019, je me tiens tout de même en défenseur de la création d’une Nintendo Switch Pro pour 2020. Voici mon plaidoyer.

Ne vous en faites pas, ces gens sont des professionnels

Revenons tout d’abord quelques années en arrière, en 2016 précisément. Alors que les ventes de consoles n’ont jamais rencontré un tel succès aussi bien pour Sony que Microsoft, la rumeur veut depuis des mois qu’un nouveau modèle de PlayStation naisse : la PlayStation 4K. Celle-ci sera officialisée sous le nom de PS4 Pro, et suivie de très près par la Microsoft Xbox One X connue jusque-là sous le nom de Scorpio. Tendance déjà remarquée sur la tech, le sobriquet “Pro” arrive sur les consoles de salon et désigne surtout sur cette génération l’idée d’enfin offrir des jeux en 4K HDR.

Enfin, 4K. Plutôt en 1080p à 60 FPS, et 4K grâce à une technique d’upscale d’un signal se trimbalant plutôt entre 1044p et 1200p la majeure partie du temps. Reste pour autant qu’il s’agit d’un succès pour les deux marques, qui trouvent là une nouvelle vague de clients plus exigeants qui n’ont rien contre repasser à la caisse pour une meilleure expérience. Pigeons ? Je vais avoir du mal à le dire, puisque j’en fais partie. Ah, la fougue d’un pouvoir d’achat enfin retrouvé après quelques années de disette.

4K HDR, la grande promesse

Presque dans le même mouvement, et après encore une fois des mois de rumeurs, la Nintendo Switch sort en mars 2017 sur le marché européen. Il était temps pour le constructeur japonais de se renouveler après l’échec total de sa Wii U, qui est loin d’avoir réussi à conquérir le profil de consommateur si large qu’a atteint la Wii en son temps. Pas de problème du moins : les finances sont au beau fixe, permettant à l’entreprise de pondre un concept novateur entre console de salon et console portable… qui a conquis le monde entier en un claquement de doigts.

Et puis, les rumeurs. Nvidia revoit son processeur Tegra X1 que la Nintendo Switch utilise, et arrive à lui offrir un peu plus de puissance sur la même structure avec une finesse de gravure optimisée. Le Tegra X1 “Logan” devient “Mariko”, du nom de la dulcinée du personnage de Marvel, pour souligner cette nouvelle génération. De plus en plus de sources parlent de l’existence de deux nouveaux modèles pour 2019 : une version Lite, et une version Pro. Au final, seule la version Lite sortira sur le marché, et la version Pro est balayée par Nintendo qui déclare ne pas chercher à sortir un modèle plus puissant de sa console cette année-là.

Oh et puis finalement…

En ce début d’année 2020, la rumeur reprend vie. De nouvelles sources indiquent que Nintendo a bien une Switch Pro dans ses tiroirs, bien que l’on ignore tout de la forme qu’elle prendrait. La puce Tegra X1 “Mariko” revue a finalement intégré la Nintendo Switch classique. Sortir un nouveau modèle n’aurait donc que peu de sens. Digital Foundry a montré qu’elle était capable d’offrir un peu plus de puissance pour améliorer la stabilité des jeux existants, mais celle-ci n’est débloquée qu’au cas par cas pour les développeurs.

La piste des possibles améliorations de ce modèle est froide. Nouveau design ? Nouvel écran ? Nouveau processeur ? Rien n’est véritablement joué. Le pif reconnu le plus probable est tout simplement qu’il pourrait utiliser le Tegra X2 pour continuer d’utiliser une architecture similaire au modèle précédent bien sûr, garantissant l’interopérabilité des deux. Ce processeur existe, mais n’a pas été utilisé massivement : Nvidia l’a surtout mis en avant pour les futures voitures connectées. Ces derniers temps, on parle plutôt d’un processeur spécialement créé par l’Américain pour les besoins du Japonais.

Seule manière d’identifier une Switch “Mariko” ? Le paquet rouge

Digitimes a rapporté que cette fameuse Nintendo Switch Pro rentrerait en production au cours de l’été 2020… sûrement pour une officialisation sur cette même période, et une sortie pour les fêtes de fin d’année. Difficile d’apporter beaucoup de crédit à ces bruits pour le moment, mais il ne serait pas étonnant que Nintendo y réfléchisse très fort cette année : la PlayStation 5 de Sony et la nouvelle Xbox X de Microsoft arrivent. Et si le constructeur japonais a toujours évolué dans son propre microcosme sur le marché, s’en rapprocher ne serait pas une mauvaise idée.

Que corriger sur la Nintendo Switch ?

C’est ici que mon plaidoyer démarre et sera hautement subjectif. Historiquement, Nintendo n’a jamais suivi les autres, et le bon pari est de se dire qu’il continuera de suivre cette stricte directive même maintenant. En tant que pur objet tech, la Nintendo Switch n’a qui plus est aucun rival : Sony a abandonné l’idée après la PS Vita (qui reste une de mes consoles portables préférées, venez vous battre en commentaires), les autres acteurs misent sur les smartphones et le cloud gaming, et Nintendo a tout simplement pour lui les licences les plus fortes du marché.

C’est marrant parce que c’est pas marrant

Cependant… la console mi-portable, mi-salon a tout de même des lacunes encore ahurissantes après deux ans d’existence. Premièrement, malgré la présence du Bluetooth sur la console, impossible de connecter un casque sans fil autrement que par le biais d’un adaptateur tiers. Que j’ai acheté. Parce que je suis un pigeon. Recharger en mode tabletop est impossible sans un autre adaptateur, puisque la console n’a qu’un seul USB de charge en bas de la console ; une erreur que ses potentiels concurrents (comme le Project UFO d’Alienware, que j’ai pris en main pour Frandroid) ne commettent pas.

Malgré le grand format de la console, l’écran est toujours entouré d’une gigantesque bordure que la Game Boy originale n’aurait pas reniée. La situation est difficilement explicable en 2020 quand les produits tech d’entrée de gamme n’ont presque plus aucune bordure. Et puis il y a le module Wi-Fi, très clairement à revoir. Le cloud gaming n’est pas obligé d’échapper à Nintendo, mais encore faut-il que la connexion internet de la console ne soit pas rendue instable par le module absolument dégueulasse qu’ils ont intégré.

Je veux dire, on est pas si éloigné non plus

Et puis… il y a l’opportunité manquée des Joy-Con. Je dois l’avouer : la prise en main des consoles portables Nintendo me pose problème depuis la Nintendo DS, et continue d’en être un sur cette Nintendo Switch. J’ai besoin d’un peu plus de volume pour une prise en main confortable. Et, joueur presque strictement solo, j’ai aussi besoin… d’une vraie croix directionnelle. Les manettes de la console étant modulaires, tout le monde s’attendait il y a deux ans de ça à ce que Nintendo en profite pour offrir des tonnes de concepts variés. Et pourtant, il faut encore passer par des constructeurs tiers pour trouver quelque chose de satisfaisant, mais pas au niveau de qualité du constructeur japonais. Croyez-moi : j’ai fait le tour.

Pourquoi une Nintendo Switch Pro ?

Un modèle Pro, comme tout nouveau modèle, serait l’occasion de rattraper ces errances. Après tout, la Nintendo Switch Lite offre enfin une vraie croix, mais difficile de la compter comme une évolution puisqu’elle n’est qu’une Switch… avec le “switch” en moins : elle ne peut être utilisée qu’en mode portable. Un modèle Pro, moins concentré sur l’idée de rendre la console la plus financièrement accessible possible, pourrait aller corriger tous les défauts listés plus haut. Mais plus que cela, il pourrait aussi permettre à Nintendo de ne pas perdre ce qui est devenu un argument de poids pour la console : ses portages.

J’ai aimé ma PS Vita. Très fort. Plus que vous ne le pensez. Et si le nombre de pépites japonaises disponibles sur cette console a été important pour moi, les premières promesses de pouvoir prendre son expérience salon et l’emporter avec soi étaient aussi un point d’orgue. Les portages, le #BuildingTheList pour ceux qui y étaient, ont été important. L’idée de liberté de choix entre PS4 et PS Vita était importante, car libératrice : plus besoin de choisir entre sédentarité ou mobilité, voici la complémentarité.

Les vrais ont même connu le Transfarring

T’avais qu’à jouer au jeu sur sa plateforme d’origine” est un argument souvent entendu lorsque l’on parle d’aimer les portages. À cela je réponds : “ok cool thx“. En plus élaboré : le jeu vidéo a des années derrière lui et devant lui, avec des milliers de titres à son actif qui ne m’étaient pas forcément accessibles à l’instant T et que j’adorerais faire sur ma dernière plateforme favorite. Je préfère jouer sur portable, même à domicile, par simple confort, comme par nostalgie pour mes premiers contacts du média s’étant fait sur Game Boy. Et aussi : “j’fais c’que j’veux, et j’t’emmerde” (avec tendresse et respect).

En ce moment, je profite de Dragon Quest XI n’importe où, me frotte les mains d’avoir Bayonetta 2 en version portable, et suis pressé de lancer Tokyo Mirage Sessions #FE Encore que j’ai complètement loupé sur Wii U. C’est mon actualité sur Nintendo Switch : un jeu dispo sur PS4 depuis longtemps, un jeu last gen porté 4 fois, et un titre que j’ai loupé sur une console que je n’aimais pas. Et. je. suis. aux. anges. J’en viens à attendre qu’une version Switch soit annoncée avant de me décider d’acheter un jeu, car je prends tellement plus de plaisir à pouvoir jouer n’importe où en toute liberté. La console influence positivement mon expérience de jeu.

Soyons honnêtes : dans l’idée, ça claque

Problème : la PS5 et la Xbox X arrivent et seront maintes fois plus puissantes que la Nintendo Switch actuelle, Mariko ou non. Cela veut aussi dire que les possibilités de créer des jeux multiplateformes seront encore plus rares que sur cette génération PS4/Xbox One, où la Nintendo Switch est déjà techniquement surpassée. Les trésors d’inventivité sur les adaptations Switch pour garder un framerate stable tout en proposant une bonne expérience, trouvées sur le fil du rasoir, disparaîtront avec cette nouvelle génération de consoles.

Un choix que je ne veux plus faire

Très égoïstement ? Je ne veux plus choisir. Nous sommes en 2020. Le cross-platform va devenir loi, comme il aurait dû l’être de base, et les constructeurs abaissent petit à petit leurs barrières sur le multijoueur en ligne. Je veux pouvoir jouer sur la console que je préfère avec mes potes qui en ont une autre, sans frein. Je veux même pouvoir jouer avec ces élitistes de ‘PCistes’ qu’on aime tous, et les entendre me dire que ma version est pourrie parce qu’elle ne profite pas du ray-tracing pendant que je les latte dans mon jacuzzi.

Promouvons le vivre ensemble séparément

Je n’aime pas tant que ça les jeux free-to-play disponibles actuellement, mais il ne s’agit que d’un temps avant qu’un développeur n’arrive à me parler. Là encore, je veux pouvoir profiter de ça, de faire le choix de jouer sur mon gros PC ou ma console portable librement, sur le même compte avec mes personnages sur lesquels j’ai investi tant d’heures.

J’irai même plus loin en disant que je rêve d’un avenir où je ne paye que le droit d’accès à un jeu sur une plateforme, que je peux payer ensuite pour une autre plateforme, mais que tous les DLC sont partagés. Et pour atteindre ce rêve, il faut que la Nintendo Switch s’intègre un peu plus au cycle de Sony et Microsoft. Il faut qu’elle puisse accueillir encore quelques expériences d’éditeurs tiers partagées entre les trois plateformes. Il faut donc nécessairement une Nintendo Switch Pro.

Nintendo n’en a pas vraiment besoin. Mais moi, j’en ai diablement envie.


Crédits image de une : concept design PS5 (Reddit), Nintendo Switch Up (Olivier Raymond)

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