Star Wars – Épisode VIII : Les Derniers Détails

par Menraw

Quand le clampin moyen s’installe dans le siège rouge de son cinéma préféré pour découvrir Star Wars : Épisode VIII et que les lumières s’éteignent, c’était encore le début d’une nouvelle trilogie, et malgré tout le beau cafouillage que fut le VII, assez de questions restaient ouvertes et permettaient encore d’espérer. J.J. Abrams, réalisateur et scénariste avait planté des graines, laissant à d’autres le soin d’arroser le tout pour que Disney d’un côté, et les fans de l’autre profitent des fruits. Après tout, il restait deux films pour faire avancer l’histoire et faire évoluer les personnages. Mais ça, c’était avant le drame. À ce moment-là, tout n’était pas encore à jeter — je vous spoile un peu. Voir un méchant torturé qui veut s’éloigner du bien par exemple, ça fait un bel écho —  en symétrie — à un héros qui ne veut pas sombrer. Et c’est bien. Créer un personnage féminin fort et en faire l’héroïne, c’est bien aussi. Mais encore une fois, et ce sera le moto de cet article, vient le comment. Comment en est-on arrivé là ?



Il y a très longtemps…

Avant toute chose, et pour les deux du fond qui viennent de débarquer, je vous rappelle que cet article est la troisième partie d’un dossier débuté il y a plusieurs années. Et comme vous le savez sûrement, les meilleures trilogies sont en trois épisodes. Je vous invite donc fort à vous caler dans le bon spot de votre meilleur canap’, de vous faire une tisane, et de filer, si ce n’est pas déjà fait, découvrir ou redécouvrir la première partie de cet essai avec Star Wars : Le Mythe et la Magie, où je revenais sur ce qu’est Star Wars, et sur en gros quarante ans de pop culture.

Dans un second temps, je me suis attaqué à l’Épisode VII avec Star Wars : le pareil en amorce. Jeu de mots mis à part, c’est surtout l’approche de Disney que je mettais en balance. Ces deux articles sont sortis coup sur coup, mais la motivation réelle de toutes ces lignes était autre. Il faut remonter au mois de décembre 2017, pour trouver ce qui m’avait fait sauter le pas et prendre la plume à ce moment là : l’hérésie totale qu’est l’Épisode VIII. À l’origine, ce qui devint les parties 1 et 2 n’était que le début de l’article que vous pouvez découvrir ici, et que nous avons choisi de diviser pour d’évidentes raisons de longueur… Est-ce que j’avais des choses à dire ? Oui. Est-ce que c’était long et dense parce qu’il fallait à la fois montrer que je connaissais mon sujet et que cette réflexion n’était pas celle d’un fan déçu et soupe-au-lait ? Encore plus.


…à une époque lointaine

En marge du film et seulement du film sur lequel nous allons revenir, c’est l’architecture, la direction même du projet de trilogie par Lucas Arts qui est discutable. On peut reprocher beaucoup de choses à George Lucas, mais au moins, il se positionnait comme véritable homme-orchestre de la cohésion de son univers. Or, dans la livraison trans-média que fait Disney de Star Wars, on retrouve d’un côté des BD, des séries TV et des guides officiels, et de l’autre des films. Plein, on l’a vu. Et rien de tout cet ensemble ne va plus dans le même sens…

Prenons un réalisateur que nous appellerons J.J. Abrams qui, comme on l’a vu, choisit malgré un formatage certain de planter les bases, d’ouvrir des portes et de laisser à d’autres le soin de creuser la suite de l’histoire, comme dans un cadavre exquis. On a tous joué à ce jeu enfant. Et on a tous été confrontés à deux archétypes de joueurs. Celui qui développe le récit et le porte là où vous n’auriez jamais eu l’idée de l’emmener, et celui qui clôt trois tours de table de cohérence pour lancer son histoire à lui, parce que le reste, ou ça le fait chier, ou il s’en fout, ou il y voit une atteinte à des valeurs qu’il faut défendre aujourd’hui — attention, pas les défendre réellement hein, mais juste montrer que, ouh là là, nous on est contre. Après le greenwashing, le socialwashing.

C’est un peu comme si chaque rameur décidait de la direction du bateau : très vite, on tourne en rond. En gros, chez Disney Industries, quand certains tentent de développer avec inspiration l’univers de Star Wars, quand certains inventent des arcs scénaristiques inédits qui étayent l’univers global, comme dans les guides officiels et les BD, d’autres décident de virer tout ce qui les ennuie et de faire table rase de tout. En dépit de tout bon sens ou de toute cohérence. Et le problème encore une fois, n’est pas tant de faire une remise à plat… mais de comment elle est faite.

Et lui c’est qui déjà ? Bah en vrai on s’en fout. Ok.


It’s a trap !

Nous y voilà enfin. Début du film. Ça commence pile au moment où s’est arrêté le VII. Pas d’ellipse comme entre chaque film depuis les années 80. À la journée près. Juste après que la base Starkiller a explosé et que Snoke, le nouveau super vilain, a demandé à Hux, son chef des armées, de lui emmener Kylo Ren, son apprenti, pour l’entraîner. Un jour après la mort de Han. Un jour après la soit-disant mort de Phasma. Le lendemain du moment où Rey est partie retrouver Luke. La Résistance est acculée. Le Premier Ordre triomphe. Même le déroulant nous l’explique : le Suprême Leader étend son emprise sur toute la galaxie. Donc la destruction de leur station spatiale, ce n’est pas un souci. Ok. C’était juste le point d’orgue du dernier volet.

Le point de départ du film est donc… — roulement de tambour — le même que celui du VII. Et donc que celui du IV. Je ne vous ferai pas l’affront de reprendre une à une chaque séquence, sinon on termine ce petit bout de voyage en pays Jedi à la sortie de la prochaine trilogie. Non. Le but ici n’est pas de pointer chaque aberration du film que d’essayer de voir dans quelle mesure il a tant divisé sa communauté, et en quoi ce film est une triste erreur industrielle, marketing et en soi un très mauvais film qui a réussi à faire passer une des franchises les plus aimées et connues de notre pop culture en un pétard mouillé. Ou pourquoi le paquebot a coulé. Il n’était pas insubmersible ?

Chewie avec un Porg. Parce que ça ne sert à rien d’en dire plus.


Killing Joke

Mais rions quand même un peu ensemble en attendant la suite. Vous l’avez lu partout, le film est bourré d’humour, de vannes, de punchlines, de gags et de situations truculentes ! Alors ne nous privons pas ! Rions même de bon cœur. Rions sur le fait qu’un X-Wing solitaire puisse détruire toutes les défenses d’un Super Destroyer. Rions ensemble de la qualité des officiers du Premier Ordre qui préfèrent tirer sur une base vide plus que sur les vaisseaux plein de fuyards ennemis. La grosse rigolade ! Et c’est pas fini ! Ah, là là ! Et le gag des bombes qui tombent quand on ouvre une trappe dans l’espace, alors qu’il n’y a pas de gravité ? Hahahaha ! Mais lol ! Et la trappe en plus, elle donne sur le vide mais ça pose pas de problème à l’équipage ! xD PTDR ! Ils sont pas aspirés, et ils peuvent respirer ! Hihihihi ! Attendez ! Attendez ! Après y’a aussi Poe qui fait des blagues sur la maman du chef du Premier Ordre à la radio. Hahahaha ! En plus il est roux lol ! Trop fort ce Poe. Les mecs en face, ils ont pas de pot ! Mwouahahahaha ! Qu’est-ce qu’on rigole alors !

Et ce ne sont que les dix premières minutes.

Aussi inutile que laid, l’épisode sur Canto Bight et son casino. Là où on sauve des z’animos mais pas des n’enfants.

Après il y a encore plus de deux heures de film. Deux heures où le nœud du scénario, c’est la poursuite entre le vaisseau amiral des Rebelles et le gros vaisseau du chef des méchants. Le second poursuit le premier. Comme au début de l’épisode IV, mais pendant deux heures. Le plan des méchants, c’est d’attendre que les gentils n’aient plus d’essence, en leur tirant dans le derche. Voilà. De tous les scénarios possibles, c’est celui qui a été choisi. Celui où on attend que les mecs d’en face n’aient plus de carburant. Même dans Derrick, il y avait plus d’inventivité et de rythme. Genre dans le déroulant, on nous dit que le Premier Ordre est en train d’étendre son emprise sur toute la galaxie, et les mecs, ils appellent pas un autre Croiseur pour les prendre à revers ? Mais… mais… comment ? Mais pourquoi ? “Et pourquoi donc que les gentils ils s’enfuiraient pas en passant en hyper-espace ?” Mais parce que sinon Jean-Germain, il n’y aurait plus d’histoire. “Alors on dirait que les méchants ils ont un nouveau détecteur qui arrive à suivre les gentils, même en hyper-espace”. Ok, on va faire ça. Et dis moi Jean-Germain, ça te dirait que la Princesse Leïa elle vole comme Mary Poppins et qu’elle puisse respirer dans l’espace ? “Oh oui !”


Bonjour. Nous interrompons cet article car nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Épisode VIII et Rogue One. Souvent opposés par les médias, nos deux films témoignent en exclusivité et sans langue de bois pour Le Grand Pop. Héritier légitime de la Dynastie des Star Wars, Épisode VIII est très critiqué, notamment chez les fans. Rogue One, de son côté, n’était pas très attendu, mais a su montrer de véritables qualités. Alors, les frères VIII et One, de véritables rivaux ? Morceaux choisis.

Le Grand Pop : Bonjour. Dites-nous, pour reprendre le fil du récit, par rapport à ce tracking d’hyperespace là, ça n’aurait pas été plus intéressant, comme les fuites le laissaient entendre, qu’il y ait une taupe chez les Résistants, histoire de faire un huis-clos et de passer le film à faire des sauts en hyper-espace, ce qui permettait aux spectateurs de découvrir de nouvelles planètes ? Juste pour signifier par exemple que toute la galaxie assiste au combat désespéré de la Résistance face à ce nouvel oppresseur ?

Épisode VIII : Non, à la place, on va mettre des luttes de pouvoirs inutiles, introduire des personnages qui ne servent à rien et faire bien attention à passer à côté de tout ce qui aurait rendu le film cohérent, on est là pour faire du spectacle nous ! Et puis pour que la galaxie soit au courant, ne vous inquiétez pas on a prévu un show en hologramme à la fin, et un môme avec un balai. Je crois que ça a déjà fait ses preuves. On s’inspire des meilleurs ! Du tonnerre !

Le Grand Pop : Ha ha ha. Je vois que vous savez bien manier l’ironie ! C’est que ça fait envie tout ça ! Haha.

Épisode VIII : Ah, mais non, j’étais très sérieux là. Faut pas croire, mais nous on a des objectifs de malades hein. On est obligés de plaire au plus grand nombre. Faut qu’on se sorte les doigts et qu’on propose un travail de qualité. Prenez l’esthétique par exemple. L’aspect visuel, pour moi, c’est très important.

Le Grand Pop : Ah ? Dites m’en plus…

Épisode VIII : Prenez Rogue One. On savait que, vu les enjeux, on n’avait pas une fenêtre de tir très large, alors on a comblé avec des idées nouvelles pour la licence. Ben c’est pas mal en fait ! Alors oui, on a pas été trop suivi… Mais c’est pas faute d’avoir montré pour la première fois que dans chaque camp il y avait des bons et des moins bons, que tout le monde pouvait être un héros, tout en faisant des batailles de malades sur trois plans hyper bien mises en scène, avec un Dark Vador en furie, mais le public est resté dans le “on connaît pas les héros” et le “gna gna gna on connaît déjà la fin“. Ça m’a fait penser à tous ces gens qui vont voir un concert et ne veulent entendre que les deux titres qu’ils connaissent, et critiquent l’ensemble parce qu’ils n’ont pas assez de culture…

Rogue One : Haha, toujours aussi percutant cet Ep’ VIII. Pour revenir à votre question, j’avais pas beaucoup de jeu, c’est évident. Pour moi, tout était déjà écrit il y a quarante ans (Rires). Ma seule façon de m’en sortir, c’était de tenter un coup de poker.

40 fois plus d’innovations dans le respect du reste : Rogue One éclate VII et VIII

Le Grand Pop : Pouvez-vous nous expliquer comment vous avez fait ?

Rogue One : En fait, comme pour la Prélogie — Épisodes I, II et III, ndlr –, on savait où on allait. Il y avait une direction. J’ai la chance de ne pas travailler seul, et de pouvoir m’appuyer sur un matériau de base complet. Il me suffisait de combler un peu le vide, mais ma finalité, tout le monde la connaissait, oui.

Le Grand Pop : Que toute l’équipe allait mourir pour réussir sa mission ?

Rogue One : C’est ça oui. Du coup il fallait innover ailleurs. Faire du neuf au milieu du vieux. Moi par exemple, ce qui m’intéressait, c’était de montrer pour la première fois à quoi ça ressemblait la vie sous l’oppression de l’Empire. On l’avait vu du point de vue des héros, mais jamais du peuple. Les couvre-feux, tout-ça. Mon but, c’était pas de montrer des Jedi, mais les gens. Les vrais. Le peuple.

Le Grand Pop : Oui on sent que vous avez essayé de casser ce côté manichéen qu’on a souvent reproché à vos prédécesseurs.

Épisode VIII : C’est trop compliqué tous ces trucs ! Rien ne vaut un truc simple, même si c’est déjà vu. Il suffit juste de maquiller ça un peu différemment, et de le faire passer comme inédit, et le tour est joué ! C’est comme à la radio. Les quatre accords là, ben ça marche à chaque fois (Rires). Regarde moi, par exemple : j’ai fait croire à tout le monde que j’allais faire ça, tuer le père pour proposer du neuf, mais j’ai bien eu tout le monde haha. Parce qu’au final on s’en tape. Vous savez, on va pas tout ré-inventer juste à la fin haha.

Rogue One : Non, pour moi c’était un véritable enjeu, c’est vrai. De chaque côté il y a plusieurs courants. Prenez les Rebelles. On les a toujours présentés comme les héros. Moi ce qui m’intéressait c’était de voir que même parmi ‘les gentils’, il y avait des salauds. Saw Gerrera, par exemple, c’est un extrémiste, aux méthodes radicales, ce qui lui a valu d’être viré de la Rébellion. Même Cassian, c’est pas un enfant de chœur ! (Rires)

Rogue One : les scènes de combat au sol sont ultra dynamiques

Le Grand Pop : C’est le moins qu’on puisse dire. Et du côté de l’Empire ?

Rogue One : C’est évident. Il y a Galen Erso, qui est du mauvais côté, mais qui n’a pas trop le choix, et Krennic, qui représente l’ambition du petit chef. Krennic, c’est votre collègue de bureau carriériste qui fera tout pour vous avoir. Il représente la petitesse, l’arrivisme. Et puis il y a Tarkin et Vador. Deux figures mythiques qu’il faut utiliser avec parcimonie.

Le Grand Pop : Sur Tarkin notamment, on vous a pas mal reproché d’avoir eu recours aux trucages numériques.

Rogue One : Je sais. Mais si c’était à refaire, je referai pareil. Ou presque. Pour Tarkin, c’était évident de le mettre dans l’histoire. Peter Cushing était tellement fou dans le rôle, que je ne pouvais pas raconter cette histoire sans lui. Il est plus qu’un personnage en images de synthèse. Il est au cœur des motivations des autres personnages de mon histoire. C’est lui le lien avec Épisode IV. Si on n’avait pas fait le choix de le mettre, il aurait eu l’air de débarquer de nulle part dans l’Épisode IV.

Épisode VIII : Oui, ben tu vois, là par exemple, moi aussi j’ai tenté les rapprochements avec Épisodes IV, V et VI. Épisode VII a même fait un Remaster HD. Ben c’est pas bien passé auprès du public.

Rogue One : Ah non mais personnellement, je pensais plus à assurer une continuité. C’est pour ça que ma version de Tarkin par exemple, elle développe le personnage. Elle donne du corps à sa relation avec Vador. On comprend comment Tarkin se retrouve en charge de l’Étoile Noire, et comment il exerce le pouvoir sur ses subordonnés.

Rogue One : comment réinventer le combat spatial

Le Grand Pop : Vous disiez que vous auriez changé quelque chose…

Rogue One : Ah oui. Sur le recours aux effets spéciaux pour faire revivre les personnages. Avec le recul, je remettrai pas Leïa. Enfin, pas comme ça. Je pense que la voir de dos, avec cet habit si particulier, ou juste apercevoir sa silhouette avec sa coiffure, ça suffisait au fond.

Le Grand Pop : Et puis sans rire, sur la fin, votre Vador, il est pas là pour trier les lentilles !

Rogue One : Ha ha ha ha ! Effectivement. Je vous avoue qu’au départ, il y avait beaucoup plus de Vador de prévu, mais on a été obligés d’en retirer. Trop violent il paraît ! Comme quoi, faire exploser des planètes et raser des villes de loin, ça va, mais de rendre à Vador son aura, ça grince. Cette scène à la fin, je l’ai toujours rêvée. Marre de voir Vador distribuer des glaces dans les parcs d’attractions ou faire des pubs pour des bagnoles. C’est un personnage sombre. Un abominable fasciste sans scrupules. Les gens tremblent devant lui. J’ai choisi de montrer pourquoi. De montrer son corps brisé d’abord. De montrer qu’il vit à l’endroit même où il a été déchu, puis de le montrer comme un absolu du mal, dans toute sa puissance.

Le Grand Pop : Et ça marche ! Un dernier mot peut-être ? Sur votre façon de révéler les échelles ou sur la mystique de la Force ?

Rogue One : Ah, les échelles. Oui, je pense qu’on a tous fantasmé plus jeunes sur quel est le vaisseau le plus gros, etc. C’était important pour moi de montrer les différences de tailles entre les vaisseaux, les planètes et l’Étoile Noire. En faisant entrer des bouts de l’un dans le cadre de l’autre, en filmant en contre-plongée les scènes de combat, j’ai essayé de remettre en perspective l’humain dans ce grand tout.

Enfin de nouveaux environnements… et de nouvelles musiques qui se retiennent !

Le Grand Pop : Oui surtout que vous avez embauché de vrais vétérans comme figurants…

Rogue One : Oui, et j’ai repris des images coupées d’Épisode IV pour les combats aériens. Pour la continuité toujours, qu’on y voit des acteurs de l’époque d’un film à l’autre. Mais ça m’a pas empêché d’introduire de nouveaux vaisseaux ! (Rires)

Le Grand Pop : Ni des Shaolin !

Rogue One : Là c’est différent. Bien sûr j’ai eu des directives pour que les films soient bien accueillis en Chine, c’est un énorme challenge pour la production. Un énorme marché. Épisode VII avait reçu des consignes aussi, d’où la scène avec les poulpes et le casting de The Raid en caméo ; et Épisode VIII a lui carrément intégré un nouveau personnage, mais ça a pas trop plu, vu qu’il n’avait pas d’idée pour le perso. La pauvre actrice qui la joue l’a d’ailleurs payé sur les réseaux sociaux, c’est très triste… Moi, j’ai voulu le faire à ma façon. Surtout qu’en discutant avec pas mal de collègues, on avait vraiment envie de réécrire la mythologie de la Force, d’où les Gardiens des Whills, un chemin entre les Jedi et les Siths, dans le gris…

Épisode VIII : C’est clair ! Et comment je t’ai niqué tout ça moi ! Ha ha ha ha !

Le Grand Pop : Effectivement. Merci à vous pour votre temps. C’était un plaisir !

Mais laissons là nos deux compères. Laissons là aussi le décorticage plan par plan. D’autres comme l’Odieux Connard l’ont déjà fait, et en mieux. N’hésitez pas à y jeter un œil pour compléter le propos et voir à quel point chaque choix de scénario est ridicule et aberrant. Quel est le problème avec Star Wars VIII au fond ? La réponse tient pour moi à travers quelques éléments clés. Quelques idées maîtresses qui permettent de prendre du recul et de comprendre. Regardons ça de plus près.


Psycho Killer

On l’a vu, le scénario de l’Épisode VIII ne tient pas. Une course poursuite jusqu’à ce que les poursuivis n’aient plus d’essence, ça n’a aucun sens. À quel moment dans Star Wars le carburant a seulement été un sujet ? Et bien maintenant ça l’est, même si ça flingue l’ensemble des histoires et des préoccupations du reste de l’œuvre. Et cette logique peut faire jurisprudence, et explique un bon nombre de soucis du film. On peut se servir d’un vaisseau qui passe en hyperespace pour détruire quelque chose ? Maintenant oui. Alors c’est très beau hein, mais ça rend caduque toute construction de Death Star, I, II ou de base Starkiller, voire de tout gros vaisseau au fond… Parce que vous pensez que logiquement, au bout de plusieurs centaines de milliers d’années et de guerres galactiques, il a fallu attendre l’Amiral Holdo pour essayer ? Il faut une vie entière d’entraînement dur et ingrat pour maîtriser la Force. Mais maintenant on peut tout faire en quelques jours — soit la durée de temps dans les films VII et VIII entre lesquels Rey apprend que la Force ça existe, et le moment où elle sauve tout le monde à la fin du VIII — ?

Et dire que j’ai entendu que cette scène était bien… Quand on regarde en détail on voit que les choré sont brouillons et que rien ne va : les gardes rouges attendent leur tour ou tombent seuls. La classe…


Le respect est ailleurs

L’Épisode VIII n’a de cesse que de se prendre les pieds dans le tapis des règles établies. Mais en plus il en a conscience, les regarde, leur sourit et s’en délecte. Rappelez-vous les réponses de Johnson et Disney quand les fans se sont mis à critiquer le film : Vous n’êtes qu’une bande de bébés adultes qui pleurnichent. Sauf que si certains fans hardcore ont effectivement un peu tout mélangé et sacralisé, se permettant des sorties impardonnables, le gros du troupeau lui, pointait surtout du doigt des erreurs ou des aberrations bien réelles. Et cette grande majorité n’a rien, elle, contre le fait de faire évoluer les règles. Mais leur faire un doigt parce que ça t’arrange sur le moment, bof.

Les produits laitiers, des sensations pures.

Imaginons que dans Fullmetal Alchemist, tout d’un coup, tu n’as plus besoin de sacrifier quelque chose pour obtenir autre chose… Ben toute la logique se vautre. Prenons Le Seigneur des Anneaux, si on nous sortait à la fin : “Haha ! Mais Sauron n’est pas mort, parce qu’il a forgé un collier” alors que toute l’histoire repose sur la destruction de ce putain d’anneau ! Pour moi le traqueur d’hyper-espace, c’est la même. Et on peut aller plus loin du coup ? Ok. Imaginez le nouveau Spiderman : le héros se transforme en araignée géante quand il s’énerve ou se fait pousser des bras en plus ? Et en plus, l’araignée qui l’a piqué à l’origine avait été modifiée génétiquement et contenait de l’ADN de Patrick Sébastien. Spiderman pourrait faire tourner huit serviettes en même temps à son mariage ! Vegeta qui se laisserait pousser la moustache… Zorro qui s’habillerait en blanc et chevaucherait un rhinocéros… On s’arrête où bordel ?

La direction de la photo par contre, c’est du très très bon boulot.


Rian Tout-Puissant

Le problème avec les choix de Rian Johnson, encouragé de ce que l’on sait par la big boss de Lucas Arts, Kathleen Kennedy, c’est que le message prend le pas sur le sens. Quand on lit ou écoute les interviews — bonus Blu-Ray & interviews — de n’importe quelle personnalité mêlée de près ou de loin au projet, derrière le discours marketing, on se rend compte que les préoccupations des décideurs furent plus de faire passer leurs combats que de servir le film. Et Rian Johnson y a, en ça, été poussé, puisqu’il a pu faire embaucher à des postes clés tout un tas d’amis à lui qui n’ont eu de cesse que de lui dire oui à tout, plutôt que de garder celles et ceux mis en place par la production à la base. Ou quand le copinage prend le pas sur l’objectivité.

Comme s’il avait fallu attendre Kathleen Kennedy et Rian Johnson pour avoir des personnages féminins importants…

Résultat, Rian a fait ce qu’il a voulu. Et de l’aveu même des deux réalisateurs qui se sont succédés, aucun d’eux n’a lu ou regardé le travail de l’autre. Johnson a occulté les projets de Abrams, et on se retrouve aujourd’hui avec une histoire sans aucune direction. Là où le VII, très imparfait, devait présenter des personnages et des enjeux pour que le VIII les développe et que le IX les résolve, on se retrouve à piétiner parce que rien ne s’emboîte. On ne visse pas les vis plates au cruciforme… Au début du VII, à la fin du VII, au début du VIII, à la fin du VIII, le scénario n’a du coup pas bougé : “les méchants sont à deux doigts de gagner, les gentils sont à la dèche… Mais comment va-t-on s’en sortir ?

Le foutage de gueule absolu. Vous y croyiez encore ? Attention, lever de majeur dans une minute…


Alerte aux particules Finn

Prenons pour ça l’exemple de Finn. Dans l’Épisode VII, Finn est un stormtrooper de base, décrit comme chargé de l’entretien de la base. Littéralement. S’il percute qu’il obéit à des malades et décide de changer de camp, il se révèle être couard, pas fiable, et le ressort humoristique. À la fin du film, il se réveillait et s’élevait contre le Premier Ordre, ce qui laissait présager d’une belle évolution. L’acceptation de son sort. Son rôle dans son histoire, et son rôle dans la grande. Comment ses motivations personnelles s’imbriquent avec le destin de la galaxie. Mais non.

Dans le VIII, Finn tente direct de s’enfuir, et se retrouve encore être le comique de service. À la fin du film seulement, il réagit — déjà vu — et se pose en héros. Mais Johnson préfère anéantir cet effet là aussi, laissant Rose l’empêcher de s’accomplir… et virtuellement laisser tout le monde crever “au nom de l’amour“. Please… Finn aurait dû affronter Phasma dans le VII à la place du trooper de base qui le traite de traître. Et se faire dérouiller. Finn aurait dû affronter Phasma dans le VIII et montrer qu’il avait progressé, même s’il perdait encore, pourquoi pas là justement sauvé par Rose. Finn aurait dû affronter Phasma dans le IX et gagner, montrant dans cet antagonisme à la fois son évolution et sa progression. Celle de son cheminement intérieur et celle de son cheminement dans la Résistance. Mais non.

Phasma n’aura donc que servi qu’à vendre des jouets.


Oh Mary Sue tu savais tout le mal que tu as fait…

Prenons le cas de Rey. Rey qui est décrite comme marquée par l’abandon de ses parents, qui n’a de cesse de les attendre. Qui est autonome et qui réagit mystérieusement à une relique presque sacrée : le sabre laser d’Anakin. Une Rey qui apprend à maîtriser la Force sans enseignement le lendemain du jour où elle découvre son existence. Qui bat un apprenti Jedi/Sith/on-dit-plus-sith-mais-c’est-pareil entraîné depuis l’enfance. Qui pilote mieux que personne alors qu’elle a jamais quitté son désert. Qui met au tapis Luke Fuckin’ Skywalker. Qui tient tête à Snoke, puis à Kylo dans un duel de Force. Qui parvient à déplacer des montagnes de gravats… Qui traverse les films sans jamais progresser puisqu’elle sait déjà tout faire. On la croirait presque à Disney dans l’attraction Star Wars. Et le souci, c’est pas que Rey soit une femme. Le souci, c’est que Rey n’affronte rien qu’elle ne puisse gérer pépouze. Rey n’échoue rien. Rey n’évolue pas. Rey ne doute pas. Rey n’est pas. L’idée, c’est de féminiser Star Wars ? Tant mieux. Comment ? En faisant de son héroïne une Mary Sue ? En faisant de Leïa une pro de la tyrolienne ? En créant un personnage infantile et inutile comme Rose ? En imposant une Amiral Holdo autoritaire qui “ne veut pas divulguer son plan à une tête brûlée, mais laisse planer le doute parce qu’il faut la croire juste parce qu’elle est la chef” ? En rajoutant dans chaque scène en arrière-plan une femme juste pour la forme ?

Et pourquoi que je devrais m’entraîner vu que je sais déjà tout faire ?


Girl just wants to have fun

Ou de le faire comme l’a toujours fait Star Wars, mais en renforçant ça, parce que oui, on est en 2019 et il faut que les consciences évoluent aussi. Pourquoi forcer le trait ? La Rébellion a toujours été l’endroit où était la diversité, justement face à l’Empire. On aurait pas pu inclure des personnages forts et réalistes, véritables moteurs de l’intrigue ? Comme Leïa dans les Épisodes IV, V  et VI ? Comme Ahsoka Tano dans Rebels ? Comme Mara Jade dans l’univers étendu ? Comme Senya et Vaylin dans The Old Republic ? Comme Aayla Secura et Asajj Ventress dans chaque itération de Clone Wars ? Il y a plus d’intensité et de féminisme dans une seule cinématique de SWTOR que dans l’ensemble des intentions de Johnson et Kennedy qui ne font que de la forme. Et que dire de Holdo ? Pourquoi rajouter un personnage aussi caricatural alors qu’un personnage avec le même rôle existait déjà ? Où est Mon Mothma, créatrice et leader de la Rébellion depuis 40 ans ? Pourquoi rajouter ou changer alors que tout le terreau est déjà là ? Parce qu’outre le non-sens, Mon Mothma qui se sacrifie pour sauver la Résistance, ben c’est juste logique. Et ça donne à Leïa une intronisation incontestable. Quel gâchis. Encore une fois, je me répète : l’intention, la forme, la cohérence…


Je suis amer, Luke

Et que dire du traitement de Luke ? Illustre symbole d’un ordre d’hommes ? Que t’ont-ils fait, Luke… Mark Hamill l’a crié sur tous les toits jusqu’à ce qu’on lui dise de la fermer… Ses larmes contenues lors de la promo, tandis que Johnson se moquait de lui, auraient dû nous alerter. Mais l’audience a préféré y voir les élucubrations d’un vieil aigri : c’est tellement plus simple que de regarder les faits en face. Ah, le cynisme. Star Wars est une aventure épique qui porte des valeurs d’espoir et de transcendance, comme la quasi totalité des histoires qu’on nous raconte depuis l’aube des temps d’ailleurs. Tous ces récits suivent un cycle : celui appelé Le Voyage du Héros. Les étapes que franchissent les personnages à travers ces récits servent à les faire grandir, à affronter leurs démons et à s’accomplir en les positionnant comme véhicules de valeurs.

Non, pas toi Zinédine !

En cela, Luke représente l’espoir. Comme dans Star Wars Episode IV : Un Nouvel Espoir. C’est dans le titre ! Comment celui qui — contre l’avis de tous ses mentors, Yoda et Obi Wan — n’a jamais abandonné l’espoir de sauver son père peut-il, sur une intuition, tenter de tuer son neveu ? Le père de Luke, Dark Vador, représente le mal absolu. C’est un fasciste qui a entraîné la chute de la République, massacré tous ses pairs, imposé le totalitarisme de l’Empire dans toute la galaxie par la force, tué froidement femmes et enfants pendant des années, a tué sa propre femme, annihilé des populations entières, mais Luke qui ne l’a jamais rencontré a l’espoir de le sauver. Et ce même Luke serait mort de trouille et en viendrait à envisager de tuer dans son sommeil un ado, son neveu, parce qu’il a décelé en lui des doutes ? Alors qu’il n’a encore rien fait ? Vraiment ?

Je suis un Jedi, mais j’ai des fêlures.


Fade to Grey

Attention, je ne dis pas que Luke ne peut pas avoir changé. Je ne dis pas qu’il ne peut pas être désabusé. Mais soyons sérieux deux minutes : nous ne sommes pas face à un changement. Nous ne sommes pas devant Luke. Tuer les idoles, désacraliser le passé pour mieux avancer, passer le flambeau : c’est un grand oui. Mais encore une fois vient la manière. Et vous savez quoi ? À la base c’était plus ou moins prévu. Lucas avait commencé à écrire ça, avant que tout ne soit jeté avec l’eau du bain. C’était même encore dans les bacs quand l’Épisode VIII est entré en pré-production. Ça faisait partie du grand plan qu’avait élaboré Abrams avec l’héritage de Lucas. Et des traces de cette histoire oubliée existent. Dans les guides officiels, où les responsables de la cohérence générale officient encore — coucou Pablo Hidalgo… Dans les nouvelles BD et les nouveaux romans qui suivent leurs cahiers des charges et leurs plans…

On y voit Luke qui passe sa vie à la recherche des artefacts des premiers Jedi. On y voit Luke douter des enseignements de ses maîtres, questionnant leurs choix, s’interrogeant sur l’histoire de l’Ordre, ou comment le poids des années aurait dénaturé le tout,  cherchant dans le gris la solution… ce qui l’aurait mené jusqu’au premier temple. Où d’autres secrets lui ont été révélés, faisant de lui, à la fois le Dernier Jedi, mais le premier jalon d’un nouveau quelque chose à transmettre à une élève en quête d’orientation. Une élève qui, affranchie de tout aurait pu s’élever plus haut que tous. Mais non.

Ouiiiii ! Moi je suis fan de Luke même si je sais pas qui c’est !


Un pour l’argent, deux pour le spectacle…

Avec la seule envie de passer ses messages maladroits au marteau et de surprendre l’audience à tout prix, Johnson a perdu le fil. Comme un Jean-Claude fatigué dès 10h du matin, avec son ballon de blanc limé à la main et accoudé à un PMU moyen, le regard aussi vide qu’un bovin chagrin et revêche, il enfonce ses vérités absconses à un auditoire peu attentif, en pissant allègrement sur le comptoir en zinc qui le soutient. Surprendre à tout prix, au détriment de toute cohérence…

Pilote prometteur sans véhicule recherche rôle ou truc à faire dans film à grand spectacle…

– Le sabre laser qu’on nous présente comme une relique inestimable, chargée de symbole et d’histoire : on s’en fout !
– Le super méchant qu’on nous présente comme ultra puissant et mystérieux, avec des sous-entendus et des indices : on s’en fout !
– Les parents de Rey, ses origines, l’importance même de son origine, que tout le monde s’interroge ou sache, de Maz Kanata à Han : on s’en fout !
– On découvre que les méchants ont un traqueur d’hyper-espace, alors on va chercher un expert pour le mettre hors-service, mais on prend un random à la place, et c’est un traître ! Je vous ai bien eus !
– L’Amiral Holdo est peut-être une traîtresse, et veut pas divulguer son plan : c’était juste pour te tester ! Je vous ai bien eus !
– Luke veut pas entraîner Rey. Et en fait si, il le fait. Je vous ai bien eus !
– Vous pensiez que Luke allait entraîner Rey maintenant qu’il l’a dit ? Je vous ai bien eus !
– Luke ne veut plus prendre part au combat, mais en fait si, il y va à la fin. Je vous ai bien eus !
– Luke est resté sur son île pour pas être en danger, mais il meurt quand même ! Je vous ai bien eus !
– Finn va se sacrifier pour sauver la Résistance, mais non, car Rose l’en empêche. Je vous ai bien eus !
– Personne n’est au courant de ce qu’il s’est passé, mais un gamin se met à croire en la Force. Je vous ai bien eus !
– On a sauvé des animaux de course dans un casino, mais on a laissé les enfants esclaves.  Je vous ai bien eus !
– Vous pensiez qu’on allait parler des Chevaliers de Ren ? Je vous ai bien eus !
– Vous pensiez qu’on allait faire évoluer le mythe des Jedi ? Je vous ai bien eus !
– Vous pensiez que Yoda était un conseiller avisé, mais il fait brûler du savoir et des arbres. Je vous ai bien eus !
– Vous pensiez que Rey avait abandonné l’idée d’être un Jedi ? Mais elle a gardé les livres sacrés ! Je vous ai bien eus !
– Vous pensiez que le film ne copierait pas les anciens mais il copie le VI avec la salle du Trône ? Je vous ai bien eus !
– Vous pensiez que Luke avait laissé une carte pour être retrouvé ? Je vous ai bien eus !
– Vous pensiez que ce film serait la suite du VII ? Je vous ai bien eus !
– Vous pensiez que ce film serait un Star Wars ? Je vous ai bien eus !
– Vous pensiez que ce film serait un film ? Je vous ai bien eus !
– Vous pensiez ? Je vous ai bien eus !

Et le pire dans tout ça ? C’est que Johnson l’avait dit il y a plus de 20 ans : son rêve, c’est de prendre part à la construction d’une grande saga et tout détruire, parce que son kiff ultime, c’est de diviser les fans. Et vous défendez encore Star Wars VIII ? Mais vous n’avez pas vu l’Empereur œuvrer dans l’ombre pour asservir la galaxie mes amis. Alors qu’en est-il aujourd’hui, deux ans plus tard, après un film Solo inutile à la production chaotique et le retour annoncé de Abrams aux platines ?

Ce qui ne va pas dans The Last Jedi. Allégorie.


Un nouvel espoir ?

J.J. Abrams n’est pas celui qui prendra des risques. On l’a vu avec Star Trek et avec l’Épisode VII. Il maîtrise toutefois un certain art de la forme, et avait tenté de lancer quelque chose avec cette nouvelle trilogie. Et ce quelque chose, c’était du Star Wars. Pas du très bon, mais du Star Wars. On l’avait sommé de rameuter les déçus de la Prélogie, de jouer sur la nostalgie, et de faire une place aux anciens. Puis vînt Rian Johnson et son cortège de ratés, d’illogisme, de combats déplacés et de condescendance. Puis la planète Star Wars a éclaté, le désamour s’est officialisé. Les plus jeunes avides de whaou ne jurent plus que par Marvel, autre poulain de la galaxie Disney, mais un univers où tout s’enchaîne avec logique et sens. Qu’on aime ou pas — ou plus par excès — les films de super-héros, il faut reconnaître que l’apogée de Endgame, le dernier Avengers, est aujourd’hui un des films les plus attendus de toute une génération. Peut-être parce qu’il a su se hisser là grâce à son univers ? Peut-être parce que chaque histoire s’inscrit dans un grand tout, savamment orchestré depuis une vingtaine de films sans contresens ? Peut-être que Star Wars devrait s’inspirer de ça. Peut-être que les Marvel sont les Star Wars d’aujourd’hui ?

Guess who’s back ?

Le nouveau contrat d’Abrams aujourd’hui est tout autre. Il ne s’agit plus de rameuter la vieille garde ; il s’agit de redonner confiance à un public qui n’y croit plus. Plus depuis un VIII qui l’a moqué. Plus depuis un VIII qui a brûlé toutes ses fondations. La seule façon de s’en sortir ? Répondre aux attentes et aux questions que les films — et pas les fans — ont eux-mêmes posé. Clore l’histoire sur une note positive, une main tendue. Puis respirer. Respirer jusqu’aux nouveaux films et séries, enfin en ordre de marche. VII, VIII et vraisemblablement IX auraient pu constituer la trilogie de transition, dans le respect, en utilisant ses icônes avec talent et envie, histoire de passer le flambeau à de nouveaux héros qui auraient eu la charge d’instaurer une nouvelle mythologie. Rian Johnson a cependant préféré n’écouter que lui, s’astiquant le bout sur sa grandeur et sa force évocatrice, comme un Jar-Jar arrogant qui permet à l’Empire de remplacer la République, brisant au passage 40 ans de mythes.


“C’est triste quand même d’en arriver là. Tu dois être tellement mal…
– Clairement. J’ai l’impression qu’on vient de piétiner mon enfance et mon adolescence.
– Il en pense quoi notre petit Jedi ?
– Il s’en fout un peu. Pour lui, il n’y en a que pour Thor et Iron Man. Star Wars ça lui est un peu passé…
– Je sais. Mais son Iron Man il lui fait tenir une épée laser.
– Haha. Oui. Tel père tel fils. Ah, c’est tellement triste. J’en attendais tant !
– Oh ça je sais, tu n’arrêtais pas d’en parler !
– Et encore j’essaie de me tenir en société.
– Je te chambre. Mais une seule de toutes ces théories aurait été mieux au final.
– C’est ça. Là il ne reste qu’un film. Un seul. Et c’est comme s’il ne s’était rien passé ! Ça piétine bordel !
– Un film ? Il en ont pas annoncé plein ? Avec les scénaristes de Game of Thrones ?
– Si. Mais ça va aller ailleurs. Ce sera du Star Wars mais pas la suite de l’histoire. Il ont vraiment chié sur Luke… J’en reviens pas…
– Dans le nouveau ils ont annoncé le retour de l’Empereur… Pour moi ça fait un peu réchauffé non ?
– On verra selon comment ils font ça…
– Tu crois qu’il y a encore un peu d’espoir ?
– Il y a toujours un peu d’espoir”

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