Pourquoi Dirty Dancing est plus qu’un banal film de danse

Au couplet des comédies romantiques à la bande son épique et du film de danse où les personnages se déhanchent, Dirty Dancing fait souvent figure de métronome. Il est le guide à la rythmique parfaite sur lequel il faut s’accorder. Petit film indépendant des années 80 dont personne ne voulait devenu culte ; succès mondial et référence d’un genre qu’il transcende grâce à sa double lecture, invitant dans la danse politique, lutte des classes et féminisme sur un tempo aguicheur, voyons de plus près pourquoi il ne faut pas laisser Bébé dans un coin.

Elle avait seulement porté une pastèque


Love is strange

Ce que j’aime avec les cultures pop, c’est cette possibilité de les penser plurielles. Quand on parle de culture pop au singulier on se rattache sans doute plus au populaire qu’au petit son qui fait pop que j’aime imaginer quand une œuvre pulp nous inonde de sa pulpe et que ce zeste d’acidité vient pimenter le goût franc et simple du fruit. Les penser plurielles ces cultures, c’est considérer leurs différences, comme autant de variables, comme les pièces d’un échiquier. À chacune son talent, à chacune son mode de fonctionnement, tandis que toutes s’affairent de concert vers un but commun.

Quand dans ma présentation de l’œuvre de Tolkien je défendais la fantasy, je disais que “la littérature de genre ne nous dit pas qu’il y a des dragons, mais qu’on peut les affronter“. Que brocarder la forme sans essayer de comprendre le fond, c’est un peu dommage et réducteur. Comme quoi il y aurait ce qui est admis, et ce qui ne vaut pas la peine d’être seulement considéré. En toute logique, si c’est le fond qui donne de la profondeur, et que l’écrin sert à mettre en avant le contenu, il me paraît évident d’appliquer la même ligne argumentaire à d’autres formes d’expression. Et même aux films de danse qu’on pourrait assez vite ranger dans le tiroir aux bluettes, l’amour est étrange.


Stay

Entre mes découvertes de Terminator et de Star Wars, entre deux bouquins, deux BD, deux comics ou deux mangas, au son de David Bowie ou d’Oasis, entre deux parties de jeux vidéo — soit la culture que je me suis faite — j’ai grandi aussi via le prisme des productions que mes parents aimaient, regardaient ou écoutaient. Une culture classique incroyable et un éventail plutôt large. Parmi tous ces héritages culturels qui se sont mêlés aux miens en un syncrétisme sacré, je me dois de révéler une facette très personnelle dont je fais peu souvent état : j’ai été biberonné aux grands classiques des films musicaux de l’âge d’or Hollywoodien, de Fred Astaire à Gene Kelly, de Chantons sous la Pluie à Un Américain à Paris. Sans doute une des raisons qui m’ont rendu imperméable à La La Land — qui pour moi se prend bien les pieds dans le tapis au regard de la qualité de sa proposition dansante et musicale quand on la compare aux grands chefs-d’œuvre du genre.

Pour moi à la base, c’était juste une histoire d’amour sous fond de concours de danse…

Pendant longtemps, pour moi, Dirty Dancing, c’était l’archétype du film que tes copines adulent. Celui qu’elles te rabâchent qu’il est trop bien, avec autant de profondeur de discours que de décibels à chaque fois qu’une chanson du film passe quelque part. L’anti “film-de-bonhomme”. L’histoire d’amour nian-nian avec un bellâtre qui se trémousse. La rom-com au rabais bien vite rangée dans le tiroirs des ‘films de danse cheap pour nanas’ avec Grease, Flashdance ou Footloose. Car oui j’avais un tiroir pour tout. Et le problème des tiroirs, c’est les cloisons. Puis les années passent ; et la colle des étiquettes disparaît, laissant la part belle à plus d’ouverture d’esprit et moins d’a priori du reste.


Cry to me

Avant de voir plus en détails toute la rythmique du film, prenons quelques mesures pour nous plonger dans sa production, chaotique s’il en est. À l’origine, le film a été imaginé par Eleanor Bergstein. Mais il faut remonter quelques années auparavant pour voir la partition dans son ensemble. En 1980, elle signe le scénario du film C’est ma chance avec Michael Douglas et Jill Clayburgh. Dans ce film réalisé par Claudia Weill, elle imagine une scène de danse particulièrement torride, mais les producteurs décident de la couper au montage et emmènent les protagonistes du film directement à la scène d’amour, sans les préliminaires de séduction prévus par l’auteure.

Elle jure alors qu’on ne l’y reprendra pas et met sur papier une histoire dont ce sera le cœur de l’intrigue : une histoire de danse lascive. Il faudra attendre presque six ans avant qu’au détour d’un déjeuner elle ne pitche son synopsis à une amie productrice, Linda Gottlieb.

Linda est immédiatement emballée par cette histoire qui sonne comme particulièrement authentique. Et pour cause : Eleanor y a glissé en sourdine des accords très personnels. Comme son héroïne, elle était surnommée Bébé dans son enfance. Comme son héroïne, elle allait en vacances en famille dans les montagnes Catskills dans l’État de New York. Comme son héroïne, son père était médecin. Comme son héroïne, elle s’est émancipée au travers du prisme de la danse.

Mais un film qui a pour personnage central une femme, qui parle de cette libération absolue et viscérale et qui est produit et écrit par un duo de femmes à la fin des années 80, c’était pas forcément du tout cuit. 42 refus. Combien ? 42. Le script trouve porte close auprès de tous les studios. C’est l’époque de Crocodile Dundee, de Predator et de L’Arme Fatale. C’est l’âge d’or du héros Reaganien des 80’s qui pleure jusqu’à moi.


Do You Love Me

Et cette période, c’est aussi celle où les distributeurs qui externalisaient alors leur production de VHS se disent qu’ils pourraient réduire les coûts et se faire plus d’argent en produisant eux-mêmes leurs cassettes vidéos. Pour Vestron Videos, un des grands sous-traitants de ce marché, c’est un coup dur. Le board décide alors de réagir et de se lancer dans la production de films maison, destinés au marché vidéo. On voit sortir du studio un énorme lot de nanars et de films érotiques bien cheap. Le mot passe dans le tout Hollywood : Vestron récupère les scénarios dont personne ne veut.

Au milieu de cette montagne de décolletés sans honte et de monstres de papier mâché arrive un jour sur la table un script un peu différent, lui aussi recalé de partout. Je vous finis l’histoire rapidement, mais Vestron Pictures aligne un budget de quelques millions, et Dirty Dancing rentre en production sous la direction d’un certain Emile Ardolino, connu et récompensé plusieurs fois aux Emmy pour ses documentaires musicaux. Ce sera son premier film.

Le couple est formé

Winona Ryder, Sarah Jessica Parker et même Pia Zadora sont envisagées pour incarner Bébé. Mais c’est bien la candeur et la maladresse toute juvénile de Jennifer Grey qui taperont dans l’œil d’Eleanor. Dans le même ordre d’idée, le rôle du beau gosse Johnny Castle a failli revenir à Billy Zane (le fiancé insupportable de Rose dans Titanic), mais c’est bien Patrick Swayze qui chopera la timbale. Un Patrick Swayze qui danse depuis qu’il est enfant, et dont la mère est la principale professeure de danse de l’État du Texas à l’époque. Ça aide.

Le couple est formé, et les essais concluants. Petit problème, les deux ne peuvent pas se voir en peinture suite au tournage de L’Aube Rouge de John Milius où ils partageaient l’affiche. Lui est exigeant, emporté, et surtout déjà danseur confirmé. Elle débute, et ne supporte pas ses sautes d’humeur. L’agacement de Swayze pendant les scènes d’entraînement dans la version finale du film ne sont pas jouées mais volées. L’ambiance sera électrique ! Tu m’aimes ou tu m’aimes pas ?


Hungry Eyes

Dirty Dancing est une comédie romantique sur fond de film de danse. Dit comme ça, on raccroche les patins directement. Mais il y a plus. Dirty Dancing, c’est l’histoire d’une jeune fille de bonne famille surnommée Bébé qui va en vacances dans un luxueux complexe balnéaire dans l’arrière pays américain avec son papa adoré, sa maman chérie et sa sœur aînée un peu superficielle. Là, le tout bourgeois mondain de la famille WASP américaine se retrouve pour des activités champêtres et festives, entre le Brandy et le tennis en dansant le Fox-Trot.

Bébé est une jeune femme sage et appliquée qui sera avocate et ‘changera le monde’ comme dit son paternel. Les enfants de bonne famille y exercent leur premier emploi en tant que serveurs, et les activités culturelles proposées sont encadrées par des professionnels bien souvent issus d’un milieu plus populaire. Ces profs ont la rage au ventre, l’envie de s’en sortir. La vie ne leur a pas fait de cadeau, et s’ils ont une revanche à prendre, ce sera au travers de la pratique de leur art.

Lors d’une soirée, Bébé s’éclipse de la bulle familiale et suit un serveur dans le camp. Elle y découvre l’envers du décor : un lieu où les gens qui lui permettent de passer ses vacances idéalisées lâchent l’uniforme et se vident la tête. L’endroit de tous les possibles. Un monde dans le monde. C’est sa sortie de la caverne. Le choc est aussi puissant que chaud et enivrant. Elle découvre stupéfaite une cave enfumée où une musique rythmée guide les pas d’un parterre de gens désinhibés, de tous âges et issus de toutes minorités. Ça bouge, ça s’agite, ça vit.

Et ça le fait de très très près, dans des poses suggestives, des corps enlacés et entrelacés, qui vibrent en cœur au tempo d’un son inconnu. Au milieu de la foule, un couple se démarque. Ils effectuent une série de pas tellement répétés et travaillés qu’ils ne se préoccupent plus de la technique ou du qu’en-dira-t-on. Ils s’éclatent. Ils sortent d’une énième journée compliquée de travail. En un mot, ils vivent. Puis il la voit aussi. Il l’invite. Elle hésite. Elle se raidit quand lui n’est que naturel, charme et fluidité. Elle essaie. Il ouvre une porte dans son esprit. Un univers de possibilités. Elle respire différemment. Quel est ce battement nouveau ? Elle le dévore avec ses yeux affamés.


She’s like the wind

Dirty Dancing n’est pas qu’un film de danse où les gens dansent. Oubliez la fin des fifties et la gomina de Grease avec son monde aseptisé et blanc. Dirty Dancing voit le jour à contretemps, à la fin des années 80, et raconte une histoire qui se déroule au début des années 60. Le rock’n roll a été absorbé et digéré. Les Beatles ne sont pas encore connus. Kennedy encore en vie, la guerre au Vietnam pas encore un sujet. Dirty Dancing est un film de danse crépusculaire qui parle aussi de la fin d’un monde. La fin de l’insouciance des années 50, les glorieuses de l’après-guerre. Une idée renforcée par les nombreuses allusions à la fin de l’été, la fin des vacances, comme si la parenthèse enchantée arrivait à son terme. Dirty Dancing parle de la fin d’un cycle, avec en creux ce qui deviendra la lutte des classes et le mouvement des droits civiques. Il décrit le jugement et la condescendance d’une élite d’un côté, et la libération et la prise de conscience, de l’élan des ostracisés, l’air de rien au détour d’un merengue.

Le cœur du scénario bat sur cette note. La partenaire de danse de Johnny, Penny (Cynthia Rhodes), tombée enceinte, est contrainte d’avorter. Bébé est alors choisie pour la remplacer après avoir tenté de l’aider par tous les moyens. La seule raison qui crée l’intrigue du film était déjà en 60 mais aussi en 87 un sujet délicat et contesté : la liberté d’une femme de disposer de son corps sans subir le jugement de la société. Les producteurs ont même tenté de faire disparaître le passage, mais Eleanor s’était juré qu’on ne lui referait pas…

Le trio qui donne sa hauteur au film

Voilà en quelque sorte la proposition. En mélangeant au plus collé-serré ce discours avant-gardiste et son histoire d’amour, le film sonne juste. Habile, il sait saupoudrer ses thématiques les plus ambitieuses par touches et ne sombre jamais dans l’étalage grossier ou le militantisme prosélyte. Certes, certaines sorties restent très clichées, mais on saluera bien volontiers l’harmonie globale.

Quand la plupart des comédies romantiques axent leur climax sur le quiproquo des familles où le couple en devenir se déchire pour mieux se retrouver dans une course-poursuite en taxi qui s’achève à l’aéroport, Dirty Dancing nous parle du licenciement sans ambages d’un prof de danse accusé de vol et montré du doigt parce qu’on lui prête des mœurs légères, et d’une jeune fille bourgeoise qui passe de l’adolescence à la découverte de sa féminité sous couvert d’émancipation personnelle. Le film suit ainsi surtout Bébé, et c’est tout du long elle qui donne le la à la relation qu’elle construit avec Johnny, elle est comme le vent.


Be my Baby

Inversion des rôles atypique s’il en est, c’est elle qui laisse couler sa main sur la fesse de son loverboy quand la partition s’accélère. Dirty Dancing raconte comment Bébé passe de jeune ingénue à femme qui s’assume ; autrement dit comment passer de Bébé à Frances (ou Frédérique en VF) sans passer par les poncifs éculés d’être éconduite ou utilisée par un bad boy. Car si salaud il y a, ce n’est pas forcément celui qu’on croit. D’abord roulant des mécaniques, et avec une assurance indécente, Johnny se révèle au fur et à mesure que l’histoire se développe.

En une croisée des destins juste et équilibrée, Bébé survole l’étape de l’amourette et prend de l’épaisseur de scène en scène et à chaque situation, mais jamais au détriment de Johnny qui transpire la précision et le charisme sur chaque mouvement, avec un porté et un équilibre ravageur. Ils se construisent l’un avec l’autre, et le spectateur moyen ne peut que se reprocher lui-même d’avoir sans doute lui aussi jugé un peu vite personnages et situations.

guili-guili

En ça Jennifer Grey est particulièrement convaincante dans le rôle. L’actrice progresse en même temps que son personnage. Elle danse de mieux en mieux, et son côté ingénue s’efface au rythme de ses déhanchés de plus en plus assumés. Le génie du réalisateur, Emile Ardolino, fut de laisser souvent tourner sa caméra sans le formaliser, afin d’extraire de la pellicule des scènes d’un naturel absolu puisque vraies, et de les intégrer dans le montage final.

Dans la scène emblématique où Johnny, derrière Bébé, lui effleure le bras, ce qui provoque chez elle un fou rire indomptable à chaque fois, la prise de conscience de Bébé qui passe du jeu d’enfant à l’émotion va de pair avec l’actrice qui parvient à maîtriser les pas et suivre Patrick Swayze. Elle semble lui dire sois mon bébé.


Some Kind of Wonderful

La réussite intrinsèque du film, c’est de parvenir à tenir son discours engagé tout en restant léger, car le film est avant tout un divertissement. Les scènes de danse d’ailleurs, s’inscrivent elles aussi en un tout, la forme servant bien le fond, avec un mélange de sons des années 60 et des titres plus de son époque qui ont hissé la bande originale du film sur la 3e marche des OST les plus vendues de tous les temps. La BO de Dirty Dancing se positionne juste derrière Bodyguard et Saturday Night Fever, avec en tête son incontournable (I’ve had) The Time of my Life de Bill Medley & Jennifer Warnes qui joue le rôle de chanson phare, et dont les notes en piano solo se distinguent çà et là sonnant comme les prémices du final à venir.

On appréciera autant la nostalgie cool du Be my Baby de The Ronettes qui s’amuse du nom de l’héroïne, que le très très 80’s et chaud Hungry Eyes d’Eric Carmen qui a fait transpirer la moustache de plus d’un ado. Une BO bien équilibrée en somme que je vous invite à écouter, mais qui, forte de ses 25 titres, ne sera pas présentée ici de manière exhaustive. On retiendra néanmoins le romantique She’s like the wind, écrit, composé et chanté par Patrick Swayze lui-même pour accompagner le film, le bien nommé Do you love me des Contours, rock bien sale et électrisant où la voix éraillée du chanteur se perd dans une rythmique endiablée.

La liste est trop longue, chaque titre ramenant bien entendu directement à une scène incontournable du film. En vrac, citons seulement Love is strange de Mickey & Sylvia, Stay de Maurice Williams, Cry to me de Solomon Burke ou In the still of the night des Five Satins pour parfaire votre playlist avec un peu de merveilleux.


In the still of the night

Ainsi, si les grandes familles en vacances s’adonnent aux danses admises à l’époque comme la pachanga ou s’extasient devant des mambos codifiés, c’est dans un terreau de musiques afro-caribéennes plus exotiques que Johnny va puiser l’énergie de ses chorégraphies. À une époque où film de danse rythme forcément avec modern jazz, Dirty Dancing s’amuse à mixer les influences et les latitudes. La musique et la danse soulignent l’état d’esprit des danseurs et des danseuses. Les mouvements épousent une forme de libération des corps et des idées, mettant en perspective sensualité et revendication contre pudibonderie déplacée et oppressante.

Les pas de danses du film sont d’autant plus inspirés qu’ils font le lien vers ce qui sera bientôt le funk ou la disco. On oublie le codifié des danses de salon pour laisser la part belle à l’instinct, avec des mouvements plus accessibles et libérateurs, du moins en apparence, parce qu’on reste sur un degré d’exécution maîtrisé. La danse est affichée comme un support du propos, mais aussi un moyen d’expression à part entière. La danse lascive n’est pas une danse avec ses pas arrêtés, au contraire elle invite au dépassement et à l’affirmation. Séduction et harmonie.

Au-delà de toutes ces considérations, Dirty Dancing reste un film léger et un film musical, mais surtout un mètre étalon des 80’s qui n’échappe pas non plus à ses égarements parfois un peu kitsch, nuques longues et permanentes en avant. Mais après tout, il ne se prétend pas autre. La faute notamment à des rôles un peu caricaturaux comme Lisa (Jane Brucker), la grande sœur de Bébé, ou même son père, prévisible dans son évolution malgré un Jerry Orbach impliqué et juste.

La VF reste dans ce qui se fait de mieux pour l’époque — et donc de mieux tout court, puisqu’on parle d’un temps où les comédiens de doublages avaient du temps pour faire leur travail — et on retrouve M. Richard Darbois dans le rôle de Johnny et Virginie Ledieu (la voix d’Athéna dans Les Chevaliers du Zodiaque ou d’Alyson Hannigan en général) pour incarner Bébé.

La traduction a d’ailleurs laissé toute une série de joyeuses licences poétiques devenues cultes. On citera comme exemple ce magnifique et mythique : “Tu n’as pas besoin de courir le monde après ton destin comme un cheval sauvage” qui était tout simplement “Non, ce n’est pas comme ça que ça marche, ça ne devrait pas marcher comme ça” en VO. Un échange malgré tout important puisqu’il précède un grand moment intense dans le calme de la nuit.


(I’ve had) The Time of my Life

Dirty Dancing fait partie de ces films cultes qui se sont installés dans l’imaginaire collectif. Les mariages et fêtes où le fameux porté de fin est tenté sont légions et le film est régulièrement cité dans d’autres œuvres au petit comme sur le grand écran. Il irradie d’une douceur et d’une mélancolie certaine, faisant la part belle à un monde aujourd’hui disparu, à l’image du lac où a été tournée la scène iconique où les deux amoureux répètent le porté, aujourd’hui asséché. Le temps est assassin et emporte avec lui des rythmes saisissants. Une nostalgie puissante, exacerbée par la disparition de ses artisans, comme le rappelle tristement la pierre dédiée à Patrick Swayze sur le site du tournage.

Le film véhicule un esprit de rébellion, un désir d’émancipation, de faire bouger les lignes. Il raconte comment une jeune femme sort de l’adolescence et de la difficulté que cela peut représenter au regard des attentes qu’un groupe social peut faire peser sur soi. De la famille au milieu dans lequel on grandit, comment le regard des autres pèse sur l’affirmation de son indépendance. Et s’il le fait de la sorte, il le fait sans fausse note. Dirty Dancing crie de toutes ses forces, lâche-toi, sois toi-même, et s’il le fait à travers le rythme et la couleur d’un film de danse ou d’une histoire d’amour, qu’importe le jargon, pourvu qu’on en garde la sagesse. Je reste convaincu que parmi celles et ceux qui se sont prêtés au jeu beaucoup (ont du avoir) un des meilleurs moments de leur vie.

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