Le Seigneur des Anneaux, Bilbo, Le Silmarillion… On commence par quoi ?

Suite à mon article sur le Deuxième Âge et la série Seigneur des Anneaux d’Amazon Prime Vidéo ou mes nombreuses sorties sur le sujet en émission ou sur les réseaux sociaux, une question revient régulièrement : le monde de Tolkien est vaste et il y a de nombreux livres souvent décrits comme imbuvables de complexité ou trop old school. Qu’en est-il réellement ? Et si on prenait quelques minutes pour faire le point ? Bouquins, compléments, recueils de nouvelles, réécritures, adaptations, traductions… Bienvenue dans ce petit guide du Tolkien imprimé !

Par où on commence ?


Qu’est-ce que tu lis pour les vacances ?

C’est l’été. On sait qu’on va cuire sous un soleil toujours plus chaud, snacké aller-retour sous des UV trompeurs. Être retenu ou retenue dans un embouteillage avec le fameux ‘chassé-croisé de l’été’ si cher à Bison Futé, avec la marmaille en sueur qui s’agite à l’arrière en chantant du Jul. Qu’on va devoir trouver de quoi s’occuper, parfois sans Wi-Fi, à l’ombre d’un pin parasol au camping des Flots Bleus pendant que papa et maman s’activent pour nettoyer la tente ou le camping-car.

JRR Tolkien, 2 décembre 1955 – Crédits : Haywood Magee/Picture Post/Hulton Archive

Donc avant le plouf quotidien ou la partie de boules, avant la sardinade hebdomadaire ou l’excursion obligatoire, quand certains et certaines décuvent encore leur rosé-piscine ou maudissent leur mal de crâne, d’autres trouvent encore le temps pour ouvrir un bouquin. Le polar léger de l’été. La love-story au rabais écrite sans envie. Le grand classique jamais vraiment lu qui te fait défaut lors des soirées mondaines ou du gigot du dimanche, pour faire fermer sa gueule à Tonton Régis. Ou le bon roman de fantasy ou de SF des familles, celui qui vous happe avec facilité : le temps est au dépaysement on vous dit.


Je rêvais d’un autre monde

L’offre de cette littérature de genre est pour le moins riche. Allez faire un tour dans vos meilleures crémeries et vous verrez. Toutefois, en marge de pépites d’exception qui transcendent leur genre comme La Horde du Contrevent, Gagner la Guerre ou Le Bâtard de Kosigan pour n’en citer que trois, il faut quand même avoir un minimum de connaissances pour ne pas se perdre dans un flot sirupeux de productions dispensables, infantiles ou caricaturales. Délaissons donc ce petit lait pour nous concentrer sur la crème. Et même pour aller jusqu’au petit biscuit qui donne le croquant : au fond du fond, si on gratte, y’a un coulant fruité mes amis ! Un goût exquis qui se répand sur vos papilles et imprègne à lui seul tout l’ensemble.

Vision d’artiste : l’Anneau Unique

On ne va pas y revenir des centaines de fois : la recette est là ; on peut la réinterpréter, la moderniser, vouloir s’en éloigner ou la mettre en smoothie, rien n’y fait : tout se construit autour d’elle ou au regard d’elle. Un quart de merveilleux, un quart fantastique, un quart de mythologies fermentées, un quart d’épique, un quart de symbolique agrémentée de pas mal de sens cachés. Cinq quarts oui, mais il faut bien ça. Et de toute façon c’est magique !


Il ne peut en rester qu’un

Et dans le grand monde du petit peuple, la recette, le mètre étalon, la coudée royale, c’est l’œuvre de Tolkien. On ne reviendra pas ici sur l’homme, on ne reviendra pas ici non plus sur une analyse de l’œuvre, d’autres l’ont fait et bien mieux. Et ce préambule est déjà bien trop long. Tolkien, bien entendu, c’est Le Seigneur des Anneaux ou Bilbo le Hobbit, portés à l’écran par Peter Jackson. C’est bientôt une série télé sur Amazon. C’est pas mal de jeux vidéo, de recueils artistiques et d’illustrations, de jeux de rôles ou de plateau, de produits dérivés ou même d’expos, comme la récente “Voyage en Terre du Milieu” ayant eu lieu à la Bibliothèque Nationale de France à Paris l’hiver dernier. Mais avant tout ça, Tolkien, c’est d’abord des bouquins. Des livres, du papier, de l’encre et des mots — oui qu’on peut compulser sur liseuse aussi, ne soyons pas bégueules.

Des livres donc, sortis entre 1937 et aujourd’hui. Des livres écrits par ‘Le Professeur’ : John Ronald Reuel, et des œuvres posthumes tirées de ses écrits non publiés, compilés par son fils Christopher, lui-même décédé voilà quelques mois à presque 100 ans. Et je dois bien avouer que parvenir à s’y retrouver dans cet enchevêtrement tentaculaire est parfois un peu complexe. Combien de nouveaux lecteurs fans des films se sont pris les pieds dans le tapis du premier tome du Seigneur ? Mesdames et Messieurs, bienvenue en Terre du Milieu !


Le Seigneur des Anneaux : un crépuscule dense et épique

Commençons par la base. Le Seigneur des Anneaux est sorti dans les années 50. Il fait office de précurseur : avec l’œuvre de Robert E. Howard (Conan), il plante les bases du genre fantasy, que Gary Gigax finira de poser une vingtaine d’années plus tard avec son jeu de rôles Donjons & Dragons. Le genre sera par la suite développé, codifié, déconstruit, mais comme dit plus haut en d’autres termes : “ça part de là”. L’histoire raconte comment un Hobbit du nom de Frodo se verra confier un anneau magique par son oncle aventurier, et comment un groupe de héros viendra l’aider en vue de le détruire et par extension, sauver le monde. C’est très -très- résumé, mais c’est néanmoins le pitch.

D’abord prévu comme suite au Hobbit, Le Seigneur des Anneaux se distingue par son ton, bien plus épique et adulte, et par sa complexité : l’auteur entame son roman d’aventures par une sorte d’encyclopédie sur les Hobbits. La plupart des lecteurs seront déroutés par le début du Seigneur, qui semble se chercher, entre l’exposé théorique et un début qui flirte encore un peu avec le conte. Passé ce gros morceau explicatif pas vraiment attachant et pas forcément évident, Tolkien lance enfin son histoire. Mais il prend encore une fois son temps : entre les événements décrits au début du roman et le départ effectif de Frodo à l’aventure, il va se passer presque 20 ans à l’échelle du récit. 20 longues années d’exposition. Et quand bien même Frodo décolle enfin de sa chère Comté natale avec son petit groupe, il va se perdre en chemin et faire la rencontre de personnages étranges et atypiques coupés de l’adaptation cinématographique. Oui c’est vers toi Tom Bombadil que je regarde. Il faudra l’arrivée dans la ville de Bree pour que l’action se lance véritablement, notamment avec l’apparition d’Aragorn.

Viggo Mortensen en Aragorn, La Communauté de l’Anneau, 2001.

Conseil d’ami, si vous souhaitez vous lancer dans Le Seigneur des Anneaux pour puiser à la source le récit homérique de la guerre de l’anneau, mais que vous n’êtes pas un lecteur régulier, je vous encourage de tenter l’aventure ; mais plutôt que d’abandonner au bout de quelques pages, je vous recommande de zapper littéralement les 4 premiers chapitres qui font office de Prologue et d’y revenir comme on le ferait d’un appendice, une fois que vous serez sous le charme, en complément. Si même là vous éprouvez des difficultés – ça reste encore très lent et féerique – filez directement au chapitre 9 : ‘À l’enseigne du Poney Fringant’. Si là encore ça ne marche pas, je ne peux plus rien pour vous. Alors attention, ces coupes sont malheureuses, et vous feront rater pas mal d’informations et de faits importants, mais au moins, vous serez en territoire plus connu, et il faut l’avouer, la structure narrative est bien plus fluide par la suite, malgré une traduction discutable, sur laquelle nous reviendrons en fin d’article.

Concept art d’Alan Lee : Les Havres Gris

Le livre du Seigneur des Anneaux est bien plus complexe que les films. Certains faits sont absents de l’adaptation, certains personnages ont été supprimés ou fusionnés. Certaines punchlines ne sont plus dites au même moment ou par les mêmes protagonistes, et les enjeux ici, sont bien plus détaillés et riches. Lire Le Seigneur, c’est se rendre compte du soucis du détail de Tolkien, qui ne laisse rien au hasard. Pas un nom propre, de héros, de personnage secondaire, de lieu-dit ou de cours d’eau n’est dû au hasard. Tolkien était avant tout philologue : un spécialiste des mots et des langues. Tous ses écrits sont d’ailleurs motivés par l’envie de faire vivre et de donner un cadre aux langues qu’il a lui-même inventées.

Et sa version au cinéma en 2003.

Notez que le découpage est lui aussi très différent des films : Arachnée et le destin de Boromir, c’est dans le second livre par exemple… Certains éléments ont aussi été rajoutés à l’écran par les équipes de Peter Jackson — Coucou les Wargs — et des choix éditoriaux ont été faits pour maximiser le suspense. Il n’y a par exemple pas d’Elfes au Gouffre de Helm dans Les Deux Tours, et le rapport de force n’est pas aussi déséquilibré qu’au cinéma. D’ordre général, les motivations et le récit sont plus spirituels dans le livre, et s’il ne faut rien enlever à la qualité de l’adaptation, certains choix me font mal au cœur à chaque visionnage. Le traitement de Gimli par exemple, passe de guerrier digne à ‘Nain Balourd’ et ses actes héroïques sont coupés au montage. Il est où mon Gimli qui gagne le jeu du compte de victimes face à Legolas ? Ou celui qui défend seul l’entrée des grottes où sont réfugiées femmes et enfants toute la nuit ? Funfact, les nains chez Tolkien n’ont pas cette dimension caricaturale qui leur fait roter leur bière ou s’en foutre partout dans la barbe. Cette tradition du Nain balourd à laquelle se rattache Jackson pour bénéficier d’un ressort humoristique est un cadeau hérité de l’Heroic Fantasy dite ‘classique’ qui prendra son essor dans les campus USA pendant les seventies.

Le Seigneur des Anneaux est une œuvre colossale et majeure moins manichéenne que son adaptation. Les enjeux sont bien plus développées dans le livre, et il existe une vraie hauteur de lecture, notamment sur la symbolique du mal et de l’asservissement des peuples, du libre arbitre, de l’héritage, etc. Le livre recèle enfin de moments anthologiques. Vous vous souvenez de la grande bataille du Retour du Roi ? Celle avec les éléphants géants en armure — oui, les Mûmakils ou Oliphants — ? Elle se termine à l’écran par un Deus Ex-Machina : l’Armée des Morts met fin au conflit d’un claquement de doigts. Et bien sachez que dans la version écrite, l’Armée des Morts permet seulement à Aragorn de battre les pirates qui tiennent le fleuve, ce qui lui permet de débarquer avec les renforts des pays voisins et des états vassaux. Dans le livre, l’arrivée d’Aragorn, c’est juste la moitié de la bataille. Il débarque là, déploie pépouze le drapeau de Nùmenor, accompagné des rôdeurs du nord et des deux fils d’Elrond, puis se lance à corps perdu dans un conflit dantesque qui dure quasiment 12h, sur fond de soleil couchant, tandis que Theoden affronte un roi rival en 1v1. Ah oui, et Legolas ne slide par sur un éléphant… Lisez Le Seigneur des Anneaux !


Bilbo : dans un trou vivait un Hobbit

Bilbo est la première œuvre de Tolkien sur la Terre du Milieu, le monde où se déroulent ses histoires. C’est un conte pour enfants que l’auteur a d’abord écrit pour ses propres rejetons. On y suit les aventures de Bilbo donc, mais cette fois-ci Tolkien ne s’encombre pas de descriptions alambiquées ou de quelconques perspectives encyclopédiques. Bilbo est tranquille chez lui, et de curieux invités viennent saper sa quiétude : une douzaine de nains joviaux envoyés là par un magicien viennent l’embarquer comme ‘voleur professionnel’ pour récupérer leur trésor qu’un dragon géant leur a chapardé. Alors, ils sont pas beaux mes pitchs ?

Smaug sur son trésor par Alan Lee

Plus sérieusement, même en rajoutant les appendices du Seigneur des Anneaux — des chapitres analytiques et explicatifs que Tolkien s’est senti obligé d’ajouter pour expliquer hors-texte les tenants et aboutissants des intrigues sur son univers — il n’y avait pas là de quoi assurer une trilogie entière au cinéma. Bilbo est avant tout un conte léger et merveilleux destiné aux enfants. Pas une fresque épique et guerrière. Les personnages rencontrés sont hauts en couleurs mais servent toujours à faire progresser l’action. On est plus proche du Petit Prince de Saint-Exupéry que du Seigneur des Anneaux

En résulte une adaptation racoleuse et dispensable, plutôt grossière et en tous cas très éloignée de la philosophie globale de Tolkien, malgré quelques moments de brillance où le temps s’arrête, comme lors de la rencontre avec Gollum. Lorsqu’il écrit Bilbo, l’auteur n’avait pas encore à cœur de le faire entrer dans son univers encore balbutiant. Mais je comprends néanmoins la démarche de Jackson qui s’est attaché aux directives du Professeur, qui lui-même travaillait à une réécriture plus dans le ton du Seigneur, ou du moins à faire entrer Le Hobbit dans sa logique — on l’a vu — très précise. Les Gobelins du Hobbit devenant des Orques, et cet anneau magique qui rend invisible the first, my last, my everything, a.k.a. l’Anneau Unique.

La lecture de Bilbo est à conseiller aux plus jeunes, mais avec ses un peu plus de 300 pages, il reste très simple d’accès et pas dénué d’intérêt pour les fans de l’univers. Attention, si le récit est plus abordable, il vous faudra faire preuve de pas mal d’efforts d’imagination : à cette époque, l’auteur est plus attaché à l’enchaînement des faits qu’à la description ; aussi, l’expression ‘les nains’ désigne souvent douze personnages sans dialogue ni signes distinctifs, leur leader, Thorin, mis à part. Une réflexion sur la mort et la perte potentielle des choses auxquelles on tient, sur la perte de la naïveté et de la candeur et sur la prise de conscience de soi liée à la fin de l’idéalisation des aînés. Un belle lecture initiatique, essentiellement positive et gaie.


Le Silmarillion : splendeur et gloire

Attention ! Gros morceau et peu de pages ! Le Silmarillion c’est la théogonie totale de la Terre du Milieu. C’est un recueil d’histoires détachées mais qui s’inscrivent dans une suite à travers le temps, de la création du monde à la fin du Seigneur des Anneaux. Soit un récit qui s’étale sur presque 10 000 ans, sans compter les âges mythiques d’avant la création même du temps… Mais prenons ça dans le bon sens. Le Seigneur des Anneaux, c’est la fin. Oui oui, la fin. L’œuvre de Tolkien débute avant une sorte de Big Bang et s’achève avec les évènements relatés dans Le Seigneur des Anneaux. On y parle de divinités éthérées et chantantes qui se décident un jour à manifester matériellement leurs songes. De la naissance d’une terre, de la lumière, de la formation des montagnes et des forêts et de la création de la vie, de la faune, de la flore, et espèces conscientes et intelligentes. Un passé merveilleux et mythique débordant de puissance qui n’aura de cesse de s’étioler pour diminuer jusqu’au commun de notre monde froid et gris où la technologie doit remplacer l’inné magique.

Vision d’artiste : la création du monde

Le Silmarillion regroupe ainsi plusieurs grands ensembles : la création du monde ou Ainulindalë, ses premières menaces le Valenqueta, l’avènement des elfes, des nains, des hommes, puis l’avilissement de tout par un esprit supérieur et jaloux, Morgoth. Une divinité maléfique terrible et presque omnipotente qui sera remplacée après son bannissement du cercle du monde par un de ses sbires : Sauron. Oui, Sauron n’était qu’un subalterne à l’origine. Il est d’ailleurs de même nature divine dite ‘inférieure’ que Gandalf, Saruman ou le Balrog… Mais je m’égare. Le Silmarillion, c’est trois Âges du temps de plusieurs millénaires qui retracent les guerres entre les elfes et Morgoth. Le récit s’attache rarement au quotidien. Il se distingue du Seigneur ou de tout roman de fantasy en ça qu’il décrit les grandes lignes de l’histoire, s’attarde un peu sur un fait marquant, et change aussitôt de contexte, d’époque et de héros.

Fanart : les Valar (dieux) incarnés en Terre du Milieu

C’est l’histoire d’un monde né d’une chanson et qui s’éteint peu à peu. Tolkien était quelqu’un de très croyant, et il a intégré dans son histoire un syncrétisme certain. Il faut imaginer le panthéon de la Terre du Milieu comme une sorte de mix new age entre la philosophie d’un dieu unique et un rassemblement de divinités proches des dieux et déesses antiques. On retrouve ainsi Eru, le dieu absolu, et son concile de dieux incarnés : Manwë, sa figure tutélaire est une sorte de Zeus, de Jupiter, d’Odin ; Ulmo est Poséidon, etc. Un rassemblement où le plus talentueux est déchu : Morgoth, ce n’est pas Hadès qui est plus proche de Mandos, mais bien Lucifer devenu Satan.

Fanart : Morgoth et sa couronne sertie des Silmarils

Le Silmarillion, ce sont des contes et légendes découpés en historiettes plus ou moins inspirées, mais issues de notes compilées par Christopher, le fils de Tolkien. Christopher a entrepris un travail colossal et a confronté différents écrits de la même histoire, annoté l’ensemble, et livre dans l’ouvrage les versions les plus achevées, après les avoir présentées. Parmi ces histoires, on retrouve La Chute de Gondolin, Beren et Luthien, Les Enfants de Húrin, la Chute de Númenor ou la Guerre de l’Anneau… toutes traitées de manière plutôt détachée et distanciée. Au final, le livre passionne ou laisse de marbre. Pour tous les fans du Seigneur qui succombent à sa mythologie, c’est un must-have, la pierre de rosette, la clé de voûte de cet univers. Ce qui est une chanson innocente clamée au détour des pages du Seigneur y est développé et matérialisé, prenant corps et vie dans une forme tangible.

Comprendre les enjeux historiques et les rapports de force qui se disputent la Terre du Milieu à une échelle supérieure peut être enivrant… Mais aussi très rébarbatif : jamais on ne s’attache à un personnage longtemps, ou on est déçu d’en quitter certains trop vite ; et le livre est un enchaînement incessant de noms, de familles, de dynasties, d’héritiers et d’héritières… Certaines histoires flirtent avec la tragédie antique ou le drame shakespearien quand d’autres sont d’une froideur factuelle. Vous saviez qu’Aragorn était le petit neveu d’Elrond et que par conséquent Arwen est un peu sa cousine ? Blague à part, c’est aussi une compilation de récits incroyables et furieux où des elfes guerriers affrontent des armées — oui des armées — de balrogs et de dragons, et des combats démesurés aux proportions jamais vues. Smaug le dragon du Hobbit fait par exemple la taille du tibia d’Ancalagon le Noir, Seigneur des Dragons ; et l’Armée des Dieux qui abat son courroux vengeur contre Morgoth a tellement secoué le monde que les continents en furent immergés ou détruits. Vous avez dit dantesque ? Le Silmarillion est le livre de la démesure.


Les Contes et Légendes Inachevées : le diable est dans les détails

Passé Le Silmarillion, Christopher Tolkien s’est jeté à bras ouverts dans l’entreprise d’une vie : il passera le restant de ses jours à réitérer l’exercice. Dès la parution du Silmarillion, il s’attaque à d’autres récits non intégrés au recueil. Il remet aussi des histoires déjà publiées à l’honneur, préférant une nouvelle version, ou ayant découvert de nouvelles notes de son père qui mettent en lumière des détails aux répercussions capitales. Les trois tomes qui composent Les Contes et Légendes Inachevées sont une prolongation de la logique du Silmarillion : présentation d’un texte ou de différentes versions d’un texte, puis histoire en elle-même, et foisonnement de notes et de précisions. Chaque tome s’arrête aux différents Âges de la Terre du Milieu : le premier tome est consacré au Premier Âge, le second au Deuxième Âge et le dernier au Troisième Âge. Pour le mythique grandiloquent, c’est le tome 1, pour Le Seigneur des Anneaux ou Bilbo, c’est le tome 3, et pour ce qui nous attend dans la série TV du Seigneur des Anneaux sur Amazon Prime, c’est le tome 2.

Mais au final, qu’est-ce qu’on y apprend ? Il faut savoir que ces ouvrages sont vraiment dédiés aux fans hardcore : on pinaille sur différentes versions d’une même histoire, ou de détails de ces mêmes histoires. Toutefois, on y découvre aussi des précisions sur ce que faisaient certains personnages pendant que l’action des livres principaux avait lieu ailleurs, ou sur ce qui a motivé certains choix. Pourquoi ne pas prendre les Aigles ? C’est par là… Pourquoi envoyer les nains récupérer leur trésor ? On y est… Qu’a fait Gandalf entre sa mort et sa résurrection en Blanc ? Hey ! On en parle ici… Une lecture à réserver par conséquent à celles et ceux qui auraient déjà dévoré tout le reste et qui veulent encore plus d’infos. Notez toutefois que vous pouvez trouver sous l’appellation des deux volumes des Contes Perdus peu ou proue le même contenu.


History of Middle Earth : le big bazar

En Angleterre, Christopher Tolkien a poursuivi son travail de mise en avant de l’œuvre paternelle et a publié une série d’ouvrages connus sous le nom-tiroir de History of Middle Earth. Il y a aujourd’hui une douzaine de tomes. En France, chaque volume est sorti indépendamment et dans le désordre, générant une certaine confusion. On y retrouve les deux tomes des Contes Perdus cités plus haut, Les Lais du Beleriand des essais sur les légendes elfes d’autrefois qui prennent des formes de poésies complexes — et donc à plutôt lire dans le texte — ou La Formation de la Terre du Milieu, un récit détaillé de la création du monde de Tolkien (un récit déjà aperçu dans Le Silmarillion).

La Chute de Númenor, un cataclysme incomparable dans la tradition de Tolkien

Le livre La Route Perdue, outre de nombreuses annales explicatives sur Valinor — la terre des dieux — est principalement axé sur Númenor, l’Atlantide de Tolkien dont sont originaires les ancêtres d’Aragorn. Il y a fort à parier, vu la chronologie générale, que la future série d’Amazon ira par là puiser pas mal d’inspiration, vu qu’elle doit se passer pendant le Deuxième Âge. On y retrouve un Sauron beau et enjôleur encore en possession d’un corps de nature divine, un peuple fier mais corruptible, le châtiment divin qui répudie l’orgueil des Hommes, la scission des Justes et des endoctrinés, et le cataclysme absolu qui conduit au Troisième Âge et à l’arrivée en Terre du Milieu de curieux émissaires, sortes de guides-pèlerins qui endossent les atours de vieux sages pour guider les consciences contre le mal…

Fanart : Sauron avant de perdre son corps

Les volumes suivants, The Return of the Shadow, The Treason of Isengard, The War of the Ring et Sauron Defeated donnent un éclairage nouveau sur des passages bien connus des fans du Seigneur des Anneaux — respectivement le retour de Sauron entre la Dernière Alliance et les événements du Seigneur, l’avilissement de Saruman, la Guerre de l’Anneau et l’état de la Terre du Milieu après la disparition du mal — et, comme Les Contes et Légendes Inachevées participent à ce que l’on appelle le ‘Légendaire‘ : une réflexion de l’auteur sur sa propre œuvre qui prend souvent la forme de discussions ou de comparaisons de mêmes textes écrits à différentes périodes de la vie de Tolkien. Morgoth’s Ring et The War of the Jewels sont pour leur part des versions alpha et beta du Silmarillion.

Passé ces grands épisodes, le reste des tomes d’History of Middle Earth propose en complément des recueils au caractère parfois un peu encyclopédique sur la faune, la flore, les langages ou le bestiaire de la Terre du Milieu, à l’image du Peoples of Middle-Earth qui revient sur les différents peuples et cultures d’Arda. Pour tous ces volumes, préférez les versions illustrées en grand format. Les illustrateurs de Tolkien comme John Howe, Alan Lee ont effectué pendant des décennies un travail remarquables ; et vous pourrez parfois aussi découvrir des crayonnés de l’auteur lui-même qui avait aussi son petit talent d’illustrateur.


Les Grands Contes : la version XXL et séparée du Silmarillion

Passé ce recueil éclectique et pointu, il reste encore un gros chapitre de la bibliographie de l’auteur à aborder. Un chapitre qui a fait la grande joie des fans, puisque l’on va parler maintenant des toutes dernières parutions liées à l’univers de Tolkien. Ces dernières années, alors qu’on pensait avoir fait le tour, Christopher s’est employé à compiler ce que l’on appelle les Grands Contes, et a décidé de les sortir à l’unité comme autant d’histoires indépendantes et complètes. Ces récits forts déjà apparus dans Le Silmarillion ou dans Les Contes et Légendes Inachevées, sont ici présentés dans des versions particulièrement détaillés et enrichies. Ces histoires mythiques autrefois résumées étaient si importantes au yeux de leur auteur qu’il s’y est attardé plus longtemps, reprenant plusieurs fois son texte, comme un forgeron reprendrait son ouvrage. Ces recueils compilent ainsi parfois plusieurs versions d’une même histoire mais avec nombre de différences qui trahissent les démons et préoccupations du Professeur à divers moments de sa vie.

Beren et Luthien par Alan Lee, couverture du roman

Beren et Lúthien est une histoire fantastique empreinte de magie, mais c’est avant tout une folle histoire d’amour. Elle narre la lutte d’un mortel, Beren et d’une elfe, Lúthien, tombés follement amoureux l’un de l’autre. Leur histoire tragique est le premier cas de mixité humain-elfe reconnu, et leurs actions auront des répercussions importantes sur l’ensemble de la Terre du Milieu : en dérobant un Silmaril — un gros joyau magique qui fait passer l’anneau de Sauron pour un bijou D.I.Y. signé Swarovski — de la couronne de Morgoth ils démontreront que le dieu du mal est faillible. Il est important de noter que sur les tombes de Tolkien et de sa femme Edith, les noms de Beren et de Lúthien sont gravés dans la roche.

Les Enfants de Húrin par Alan Lee, couverture du roman

Les Enfants de Húrin est une tragédie totale. L’histoire raconte comment une lignée maudite par Morgoth œuvrera pour s’affranchir des vicissitudes du destin, mais comment la rancœur divine à la dent lourde. Drame familial d’une profonde noirceur, c’est un des récits les plus construits et rédigés de l’ensemble, comprenant même de nombreux dialogues. Une des aventures les plus épiques et profondes de l’auteur, et une fuite en avant contre le destin. Quand Hamlet et Le Roi Lear rencontrent Electre et Cent ans de Solitude.

La Cité de Gondolin par Alan Lee, couverture du roman

La Chute de Gondolin, c’est le récit crépusculaire et guerrier de la fin d’un monde et d’un héritage. C’est l’Apocalypse avant l’heure, le saccage de la dernière grande cité elfe des premiers temps. Trahison, amour, mais surtout scènes de batailles démesurées : l’histoire, haletante, est un marqueur dans l’histoire des Âges de la Terre du Milieu. Si ce n’est pas la plus grande des batailles, c’est une des mieux décrites : les héros de cette histoire, le deuxième couple mixte de l’histoire, Tuor et Idril Celebrindal sont les parents d’un certain Eärendil, un des personnages les plus importants des dynasties elfes. Le Saviez-vous ? L’Épée que porte Gandalf dans Le Seigneur des Anneaux est celle du Roi Turgon, Roi Noldor et maître de Gondolin…

Vision d’artiste : le Chute de Gondolin


Autres œuvres : entre poésie et contes pour enfants

En marge de sa production tournée quasi exclusivement vers la Terre du Milieu, Tolkien s’est parfois arrêté sur l’écriture d’œuvres décorrélées. Parmi ces dernières, certaines méritent que nous nous y attardions quelques instants. De ses inspirations mythiques — une des premières motivations de l’auteur était d’écrire une mythologie anglaise aussi puissante que les mythes grecs ou germaniques — Tolkien a su créer quelques pièces indépendantes. Très tôt, il est fasciné par les élégies médiévales comme Beowulf ou le cycle arthurien. Après diverses traductions, il s’essaie au genre, mais les formats en vers allitératifs ou les distiques octosyllabiques n’ont pas vraiment le vent en poupe et il reste très dur envers lui-même sur ses propres productions. À noter Faërie et autres contes dans le style, un premier pas vers le merveilleux, pas encore rattaché au Seigneur.

Gondolin par John Howe

C’est vers ses enfants qu’il se tourne alors : pour consoler son fils de la perte de son chien, il rédige un conte enfantin, Roverandom. Suivra l’histoire, déjà plus adulte du Fermier Gilles de Ham, et une série de Lettres au Père Noël, où Tolkien répond aux lettres que ses enfants écrivent au bonhomme rouge en se faisant passer pour lui. Enfin, en relation avec la Terre du Milieu, il publiera après coup une série de nouvelles et poèmes centrés autour du personnage de Tom Bombadil, le fermier facétieux aux pouvoirs étranges. Pour celles et ceux qui souhaiteraient approfondir l’œuvre de l’auteur, le recueil de Lettres est un must have. Correspondance entre Tolkien et ses proches (femme et enfants compris), l’ouvrage est d’une tendresse folle et met en perspective bon nombre d’informations sur son ressenti en tant qu’auteur, son rapport à l’écriture, au succès, à ses doutes, sa psychologie générale et son œuvre au global, avec une série de lettres qui s’étalent de la Grande Guerre à sa mort. Enfin, ces dernières années, une série de recueils de textes anciens a vu le jour : La Légende de Sigurd et Gudrún, deux poèmes inspirés des mythes nordiques, La Chute d’Arthur, une relecture personnelle du mythe arthurien dont il était fan, et L’Histoire de Kullervo, énième livre de jeunesse inspirée du Kalevala, une épopée inspirée des mythes finnois.


Traductions et prononciations : moi aussi je fais des appendices !

Peut-être que certains ou certaines parmi vous ont tiqué en début d’article. J’écris Frodo et pas Frodon. Bizarrement, personne ne vient embêter personne pour ce bon vieux Bilbon, tandis que le livre qui lui est dédié s’appelle bien Bilbo (Le Hobbit). En France, les écrits de Tolkien ont d’abord été traduits par Francis Ledoux. Cette version est la plus connue et répandue. Très littéraire, comme pour donner du corps à une œuvre de fantasy — genre beaucoup décriée dans notre pays à l’époque, et toujours regardé avec condescendance — , elle est d’une certaine lourdeur de style, qui vaudra à l’auteur une image déformée. Oui Tolkien s’attarde sur des détails, mais non, son écriture n’est pas empennée dans un littéraire suranné. Cette traduction est restée la seule pendant des décennies, si bien qu’à l’époque de la production des films, c’est elle qui faisait loi. C’est cette traduction que vous lisez dans les sous-titres ou que vous entendez en version doublée en français.

La chute du Númenor, l’Atlantide de Tolkien (John Howe)

En 2012, Daniel Lauzon, poussé par les fans qui réclamaient depuis longtemps une nouvelle traduction, s’essaie à l’exercice. Depuis 2003 effectivement, et suite au coup de projecteur de la trilogie et la moisson d’Oscars du Retour du Roi, les romans ont de nouveau le vent en poupe. Vincent Ferré, Professeur des Universités, enseignant-chercheur connu en particulier pour ses travaux sur l’œuvre et l’auteur termine une compilation de coquilles et de non-sens, voire de libertés prises par M. Ledoux à l’époque. La nouvelle version traduite, bien plus proche du texte initial et attentive au rythme et pas des poèmes et chansons, fait malgré tout grincer des dents sur un point : les noms propres sont changés, et ce malgré les directives laissées par l’auteur de son vivant.

Quitte à rendre enfin hommage au travail de Tolkien, beaucoup auraient aimé que ses consignes soient cette fois respectées jusqu’au bout… Malgré une véritable envie de coller au plus près à la vision de l’auteur et en dépit d’un travail conséquent et pertinent, Tolkien avait expressément demandé que ses noms propres ne soient pas traduits. Comme on l’a vu, c’était un amoureux des mots et son univers est d’une cohérence totale. Changer un nom propre équivaut à supprimer tout son travail étymologique : chez le Professeur, chaque syllabe a un sens et se rattache à une histoire. Au final — quitte à décevoir les gardiens du temple — le travail de Mr Lauzon est bien plus juste que celui de Mr Ledoux. Seules quelques réflexions, à la marge, restent sujettes à débat.

Fanart : les différences de taille entre les grands dragons en Terre du Milieu

Ainsi, si le texte est cette fois plus conforme en terme de style à celui de l’auteur, ses consignes sont une fois de plus occultées, et les noms subissent une Harrypotérisation classique : on francise le mot, quitte à perdre ses racines. Résultat des courses, certains personnages changent de noms, certains lieux aussi, l’étymologie est cassée. Thorin Oakenshield passe de Thorin Écu-de-Chêne à Thorin Lécudechesne et la Forêt de Mirkwood passe de Forêt Noire à Forêt de Grand’Peur. Le symbolique nom Baggins non traduit en 1969 dans Le Hobbit devenu plus tard Sacquet dans Le Seigneur des Anneaux est renommé Bessac sous la plume de M. Lauzon. Et on ne parle même pas des ridicules Cavenain ou Fondcombe qui perdent leur velléité d’évocation, respectivement Dwarrodelf et Rivendell en VO.

En bleu les territoires immergés suite à la dernière bataille contre Morgoth. En jaune, la Terre du Milieu au temps du Seigneur des Anneaux.

Personnellement, j’utilise les noms originaux. Et du côté de la prononciation phonétique, celle voulue par l’auteur, qui a quand même pris le temps de faire un traité complet sur le sujet ; un traité qu’on peut retrouver en annexe dans les Appendices du Retour du Roi. Voyons rapidement quelques cas issus de ce traité. Tout le monde prononce le nom du nain Gimli en faisant bien attention de prononcer le son ‘i’ puis le son ‘m’. Sans diphtongue. Mais étrangement, dès qu’on parle de son père ou de son oncle, Gloïn et Balin, en France, on dit Gloin comme dans ‘loin’, et Balin comme ‘malin’. Malgré le tréma de Gloïn ou toute logique de langue. Gloïn se prononce ‘Glohine’ et BalinBaline’. De la même façon tous les ‘c’ se prononcent ‘k’ et tous les ‘e’ ‘é’ : l’époux de Galadriel, Celeborn, s’appelle ‘Kéléborn‘. Nous ne rentrerons pas ici plus avant dans les détails, je sens que je vous perds, mais par pitié, ne reprenez pas en reproduisant une erreur quelqu’un qui s’emploie à bien faire !

Quelques exemples pour clore le sujet : Aragorn, pas de soucis, Saruman a dû s’écrire ‘Saroumane’ en français pour être prononcé comme il faut. Legolas, bizarrement, tout le monde prononce le ‘s’ de fin sans rechigner, alors que ça arrache la gueule à la plupart de convenir que c’est comme dans le ‘is’ de Minas Tirith, qu’on dit Arwen et EowynArouènne’ et ‘Éowyne’ sans sourciller mais que Sauron, si quelqu’un a le malheur de dire ‘Sahourone’ en roulant le ‘r’ il passe pour un alien. J’arrête là, je vais m’emporter. ET TU TE TAIS JEAN-GERMAIN ! Non pas Ger-ma-hi-ne ! Faites donc comme bon vous semble, mais soyez conscients et conscientes de vos erreurs !


History of Vibrance

L’univers des œuvres de Tolkien est riche et varié. On y trouve du conte pour enfant, de la poésie, du drame shakespearien, de la fantasy épique et un travail colossal, la somme de deux vies autour de la Terre du Milieu : celle de J.R.R., et celle de Christopher. Elle est intimidante cette montagne lorsqu’on la regarde de sa base. Mais des chemins existent. Des pistes sillonnent ces vallons magiques et verdoyants remplis de chants et merveilles. Pierre angulaire du genre, les récits tolkienniens s’inscrivent dans une dynamique de matérialisation d’un monde total — aussi appelé ‘High Fantasy’. Cet univers si puissant et si évocateur a su s’imposer comme porte-étendard et a dessiné seul les fondations d’un nouveau genre. Selon le type de lecteur ou de lectrice que vous êtes, vous devriez y trouver votre bonheur en utilisant les nombreuses entrées possibles : la Terre du Milieu est une caverne pleine de joyaux vibrants mais plusieurs grottes y mènent.

Vous pouvez opter par le canal de la difficulté : le plus facile, c’est Bilbo. On peut commencer dès le plus jeune âge, et l’univers y est décrit sans se répandre dans des détours trop complexes. On peut aussi choisir le frontal : on se prend le Seigneur des Anneaux de face, après tout la plupart des lecteurs actuels voient d’abord les films avant de s’aventurer plus loin. Peut-être que la série Amazon viendra changer la donne auprès de la nouvelle génération, comme la trilogie du Hobbit en son temps. Enfin, vous pouvez vous la jouer chronologique : l’étape 1 c’est le Silmarillion, et de là on reviendra sur chaque histoire en détail. Pas le plus simple, mais pourquoi pas ? Si par contre votre propension à abandonner votre âme à l’imaginaire vous fait défaut, je vous rappellerai juste qu’à travers la forme, légère, se jouent ici des histoires éternelles. Derrière les ombres de la caverne, des mains s’agitent et le monde est vaste. Ces histoires sont celles d’hommes ou de femmes qui résonnent, affrontent le tragique et se dépassent. La fantasy ne dit pas qu’il y a des dragons, mais bien qu’on peut affronter des dragons.


Chronologie de la Terre du Milieu

  • Le Silmarillion
  • La Formation de la Terre du Milieu
  • Contes et Légendes Inachevées du Premier Âge
  • Le Livre des Contes Perdus, Volume 1
  • Beren et Luthien
  • Les Enfants de Hurin
  • La Chute de Gondolin
  • Les Lais du Berleriand
  • Contes et Légendes Inachevées du Second Âge
  • Le Livre des Contes Perdus, Volume 2
  • La Route Perdue
  • Contes et Légendes Inachevées du Troisième Âge
  • Bilbo le Hobbit
  • Les Aventures de Tom Bombadil
  • Le Seigneur des Anneaux, Volume 1 : la Communauté de l’Anneau
  • Le Seigneur des Anneaux, Volume 2 : Les Deux Tours
  • Le Seigneur des Anneaux, Volume 3 : Le Retour du Roi

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1 commentaire

Yann 21 juillet 2020 - 15 h 46 min

Bonjour Menraw,
tombé par hasard sur votre article, il m’apparaît important de vous faire part de deux erreurs importantes qui pourraient être préjudiciables à vos lecteurs :
– les 3 Grands Contes (Les Enfants de Húrin, Beren et Lúthien, La Chute de Gondolin) ne font pas parties des douze tomes d’History of Middle-earth et il est, a minima, très exagéré d’écrire que ces douze tomes traitent, que ce soit sous forme encyclopédique ou autre, de “faune, flore ou de bestiaire mythique”. History of Middle-earth est avant tout une histoire du processus éditorial appliqué au légendaire de Tolkien, c’est un ensemble fait de brouillons de textes précoces ou tardifs et d’essais sur divers sujets.
– la traduction des noms propres dans la retraduction de Lauzon suit un cheminement précisément à l’opposé de ce que vous écrivez. Que l’on aime ou non cette nouvelle traduction, une chose qui la concerne est indéniable : tout a été fait pour être au plus près possible des consignes laissées par Tolkien et de son œuvre originale. Je vous invite à être très prudent à ce sujet et à ne pas lire ce qu’on trouve sur le premier site venu à ce propos car, à votre décharge, les lecteurs réactionnaires sont nombreux et leur principal souci étant de satisfaire leur nostalgie, ils ne sont guère objectifs… A ce propos, il est également important de noter que les questions de droits d’auteur ont posé de nombreux problèmes car les noms propres inventés par Ledoux sont protégées et il est donc impossible de les utiliser.
Voilà, si vous avez des questions, notamment sur des détails à propos de la traduction, n’hésitez pas 😉

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