L’heure du bilan : 2020 au cinéma, l’année de l’Apocalypse

Ça a commencé en fanfare avec 1917 et Bad Boys For Life. Ça s’est poursuivi en surprise avec le premier Oscar du meilleur film décerné à un long métrage sud-coréen et une cérémonie des César explosive et puis… plus rien. Fermeture mondiale des salles, avènement des plateformes et de la VOD, décalage des blockbusters, réouverture, reprise laborieuse, refermeture et nous y voilà. Les cinémas auront fermé leurs portes pendant plus de cinq mois cette année, ce qui n’était jamais arrivé depuis la naissance du Septième Art. D’une année sur l’autre, le box-office a été divisé par quatre, passant de 200 millions d’entrées à 52 millions. 2020, annus horribilis certes, mais historique à bien des égards.

La résurrection des monstres

Avant de revenir sur la crise sanitaire et économique qui a foudroyé le secteur, souvenons-nous du tout début de l’année, marqué par un démarrage en trombe de Sony. Porté par le succès de Jumanji : Next Level et ses 3,2 millions de spectateurs, le studio a attaqué son mois de janvier avec deux succès inespérés : Les Filles du Docteur March de Greta Gerwig (805 211 entrées chez nous) et surtout Bad Boys For Life d’Adil El Arbi et Bilal Fallah (1,72 million de spectateurs). Le triomphe du troisième épisode de la franchise portée par Will Smith et Martin Lawrence a pris toute l’industrie de court, surtout au moment où son initiateur Michael Bay a cédé sa place de réalisateur à un tandem de jeunes cinéastes belges. Avec 426,5 millions de dollars récoltés dans le monde, le duo de flics n’a pas dit son dernier mot et reviendra dans un quatrième film.

Will Smith & Martin Lawrence dans “Bad Boys For Life” – “On n’est pas fatigué…”

L’autre résurrection inespérée a eu lieu chez Universal qui, à force de passer son Dark Universe au défibrillateur, a fini par le ranimer avec The Invisible Man. Le studio, qui tente depuis des décennies de rendre à ses monstres leur aura du temps du cinéma classique a enfin trouvé la formule. Il aura fallu plusieurs épisodes de La Momie avec Brendan Fraser (1999), un Wolfman insipide avec Benicio Del Toro et Anthony Hopkins (2010) et un crash de Tom Cruise dans une nouvelle mouture de La Momie (2016), emportant avec lui tout un multiverse en préparation, pour qu’Universal fasse enfin émerger quelque chose de goûtu. Il suffisait de confier la recette au producteur Jason Blum, le roi du film d’épouvante à trois francs six sous, et à son réalisateur astucieux Leigh Whannell. The Invisible Man, ce n’est pas seulement un hommage aux Universal Monsters des années 1930 et 1940. C’est une remise au goût du jour, via le filtre du harcèlement physique et moral, utilisant l’invisibilité de la menace comme une métaphore de la maltraitance subie par l’héroïne.

Elisabeth Moss, l’héroïne persécutée de “The Invisible Man”

Seuls douze films ont franchi le cap du million d’entrées en 2020 (contre 51 l’année précédente). Trois se sont hissés au-dessus des deux millions d’entrées, dont deux avant la crise sanitaire : 1917 (Universal encore), notre film préféré de l’année, ainsi que Sonic, le film (Paramount), offrant aux adaptations de jeux vidéo un succès-surprise.

2020, l’année de la grosse fatigue pour les superhéros

Par opposition, les superhéros, d’ordinaire si populaires, ont été presque totalement privés de grand écran cette année. L’épisode de l’univers cinématographique DC Comics Birds of Prey (et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn) a tenté sa chance chez Warner, avec un tout petit million de spectateurs à la clef et Disney a achevé la saga X-Men du studio Fox en sortant Les Nouveaux Mutants le même jour que Tenet pour un résultat à peine croyable : 372 640 spectateurs.

Tremblements de terre sur tapis rouges

Alors que les Oscars se tiennent habituellement le même week-end que les César, fin février/début mars, la cérémonie a été avancée de quelques semaines. Dans la nuit du 9 au 10 février, dans un pays gouverné par Donald Trump, l’Oscar du meilleur film a été remis pour la première fois à un film en langue étrangère, venu de Corée du Sud : Parasite de Bong Joon-ho (déjà en tête du bilan de l’année de Flegmatic quelques semaines plus tôt). Autre fait presque aussi rare : un film remporte à la fois la Palme d’or de Cannes et la plus prestigieuse des statuettes hollywoodiennes. Ce n’était pas arrivé depuis Marty de Delbert Mann en 1955. L’Amérique blanche et intolérante du Président est sur le déclin, le message est passé.

Quatre Oscars pour la Palme d’or “Parasite” de Bong Joon-ho

C’est moins le cas concernant la 45e cérémonie des César, le 28 février. Dans un climat déjà tendu par des polémiques sur le fonctionnement opaque d’une Académie qui vient de démissionner et organise sa dernière célébration, deux films se font la guerre.

D’un côté, Portrait de la jeune fille en feu, œuvre résolument féministe de la cinéaste Céline Sciamma, lauréate du prix du scénario au Festival de Cannes. Son actrice principale et ancienne conjointe, Adèle Haenel, vient de secouer le monde du cinéma avec des accusations de harcèlement envers le réalisateur Christophe Ruggia, des faits datant du début des années 2000, quand la jeune femme était mineure. Le film est cité à dix reprises, y compris dans les catégories meilleur film, meilleure réalisation et meilleure actrice. En début de cérémonie, ça ne fait pas de doute : le dernier prix serait pour Adèle Haenel.

Adèle Haenel (Héloïse) dans “Portrait de la jeune fille en feu”

En face, J’accuse, dernier long métrage en date de Roman Polanski au titre provocateur, retraçant l’une des plus célèbres injustices de l’histoire de France : l’affaire Dreyfus. Le film a reçu le Lion d’argent à la Mostra de Venise. Le cinéaste de 86 ans, reconnu coupable d’un viol sur mineure en 1977, fait l’objet de plusieurs accusations pour des faits comparables, mais prescrits. Devant la salle Pleyel où la cérémonie va avoir lieu, un rassemblement féministe s’est formé pour protester contre les douze citations du film, y compris dans les catégories meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur acteur. L’équipe du film boycotte la cérémonie.

Roman Polanski dirige Jean Dujardin dans “J’accuse”

L’un remporte un trophée pour ses costumes (J’accuse), l’autre celui de la meilleure photo (Portrait de la jeune fille en feu). La colère monte lorsque Polanski remporte le prix du meilleur scénario adapté, alors que Céline Sciamma doit s’incliner devant Nicolas Bedos pour La Belle Époque dans la catégorie meilleur scénario original. Contre toute attente, quand arrive le prix de la meilleure actrice, il va à l’outsider Anaïs Demoustier pour Alice et le maire. Mais quand Roman Polanski est sacré meilleur réalisateur contre Céline Sciamma, remportant le 10e César de sa carrière, c’en est trop. Les sièges claquent, Adèle Haenel et Céline Sciamma quittent la salle sur ce cri devenu célèbre : “La honte !”.

En contrepoint de la fronde féministe, les votants de l’Académie des César, par leur silence, s’expriment dans le sens contraire.

Quand la machine se casse

Arrêt brutal de la fréquentation des salles et du box-office le samedi 14 mars au soir, avec la première fermeture des salles françaises. Certains gros titres, qui s’apprêtaient à sortir en salles, sont vendus à des plateformes de streaming. Bloodshot de Dave Wilson est rapidement refourgué par Sony à Amazon Prime Video. Plus tard, il sera rejoint par Pinocchio de Matteo Garrone, vendu par Le Pacte. Aux États-Unis, la PVOD (ou la VOD Premium) se démocratise. Certains studios, comme Universal, proposent leurs nouveautés directement sur petit écran, mais à un prix plus élevé que la VOD traditionnelle. Le modèle a du succès.

“Pinocchio” de Matteo Garrone ne passe pas par la case cinéma et sort directement sur Amazon Prime Video

La France ne semble pas encore réceptive à ce type de proposition commerciale. Les tentatives se multiplient pour que les exploitants, les distributeurs et les producteurs puissent continuer à diffuser leurs films. C’est le grand boum des salles virtuelles : La 25e Heure et La Toile proposent des alternatives numériques pour que les cinémas de quartier puissent continuer à exploiter leur programmation sans avoir à recevoir le public dans leurs salles. La Cinémathèque française lance “Henri”, sa plateforme virtuelle, et Mk2 le programme “Curiosity”, pour exploiter gratuitement son catalogue et rester en lien avec son public. Que deviendront ces initiatives quand les cinémas ouvriront à nouveau leurs portes ?

Mk2 permet d’accéder à des raretés de son catalogue via son programme hebdomadaire “Curiosity”

Au mois d’avril, une nouvelle enseigne apparaît sur les téléviseurs. Disney+ connait un succès foudroyant grâce à son catalogue familial irrésistible : Disney Animation et live-action, Pixar, Star Wars, Marvel, National Georgaphic et un catalogue de films de patrimoine pour toute la famille (Willow20 000 lieues sous les mersMary Poppins, etc.). Les plateformes de streaming, qui avaient déjà le vent en poupe, trouvent en ce confinement une occasion inespérée d’enfin se familiariser avec le public français, toujours très attaché à la salle de cinéma. Aubaine supplémentaire : la transposition dans le droit français de la directive SMA, qui a pour objet d’inclure ces plateformes dans le système de financement européen de l’audiovisuel, est retardée par la crise sanitaire.

L’irrésistible plateforme Disney+, lancée en France au mois d’avril

La VOD explose aussi, si bien qu’une exception à la chronologie des médias va faire son apparition temporaire. Les films qui auront vu leur exploitation brutalement interrompue par la fermeture des salles pourront déroger à la règle et être exploités immédiatement en VOD à la demande de leur distributeur, validée par le Centre National de la Cinématographie. Une soixantaine de films en profitent, de 10 jours sans maman (Studiocanal) à Le Cas Richard Jewell (Warner Bros. France) en passant par Adam (Ad Vitam) et Un divan à Tunis (Diaphana).

Le jour le plus long

Le 22 juin, les cinémas de France ont enfin le droit d’ouvrir à nouveau leurs portes. Mais pour diffuser quoi ? La Chine a brièvement relancé l’exploitation avant de rétropédaler et de refermer ses établissements, à l’arrivée de la deuxième vague. Aux États-Unis, où la gestion de la crise par l’administration Trump ne saurait être plus absurde, les cinémas sont fermés et le resteront en grande majorité jusqu’à la fin de l’année. Les grosses productions destinées à cartonner dans le monde ne sortiront pas de sitôt. Leurs dates sont encore repoussées. Les films à l’affiche au moment de la fermeture sont éventés par leur ancienneté et par leur exploitation en VOD. Les nouveautés toutes fraiches n’ont pas pu bénéficier de leurs campagnes marketing traditionnelles (affichage, bandes-annonces, interviews promotionnelles…). On s’apprête à ouvrir, mais à qui ? Le public aimerait bien retrouver le plaisir de la salle obscure, mais on ne peut pas lui cacher que la crise sanitaire est loin d’être finie. Un protocole sanitaire strict sera mis en place dans les salles, sans suffire à rassurer l’ensemble du public.

La campagne “Tous au cinéma” lancée par la Fédération Nationale des Cinémas Français pour la réouverture

Si Universal, Sony et Paramount ne cachent pas leur intention de rester en retrait jusqu’à ce que la crise se calme, Warner et Disney promettent de sauver l’industrie et de relancer la fréquentation dès la fin du mois de juillet avec Tenet et Mulan. En attendant, il faudra que le public français se contente de la production locale et des films d’ailleurs qui veulent bien prendre le risque de sortir dans un marché en ruines. Ils ne se sont pas trompés. Les premières semaines, la reprise a été particulièrement pénible et les chiffres du box-office plus alarmants que jamais. Chaque semaine, pendant l’été, une comédie française et un film d’animation tentaient de souffler sur les faibles braises de la fréquentation. Quelques succès se sont imposés, comme Tout simplement noir (Gaumont) ou Scooby! (Warner), tous deux dépassant les 750 000 spectateurs. Un distributeur a tenté sa chance, comme au poker, en sortant tous ses films comme si l’absence de concurrence était une occasion à ne pas manquer : SND, avec Divorce ClubLes Blagues de Toto et Enragé. La stratégie s’est révélée gagnante.

SND, le distributeur qui tire son épingle du jeu, notamment avec le succès de l’été “Les Blagues de Toto”

Mais début août tombe la nouvelle fracassante : à force de repousser la sortie de Mulan, Disney abandonne la partie. Le film sortira directement sur Disney+ en VOD Premium début septembre dans tous les pays où la plateforme est présente… sauf en France qui devra attendre le mois de décembre. Il faut croire que ça ne pose problème nulle part de payer trente dollars en plus de son abonnement pour regarder le dernier Disney en live-action, sauf chez nous, où l’idée semble insupportable. Sur Internet, la colère des exploitants est immédiate. Je salue au passage mon ami Gérard Lemoine du Cinépal de Palaiseau, qui a fait le buzz en démolissant une PLV en carton de Mulan à la batte de baseball…

Désormais seul à sortir un blockbuster à la fin de l’été, Warner tient ses promesses et dévoile Tenet dans le monde entier. En France, les spectateurs sont au rendez-vous. Le public estival est tellement en manque de grand spectacle que le moindre film catastrophe médiocre avec Gerard Butler en vedette rassemble un demi-million de spectateurs. Ils seront plus de deux millions pour aller voir la nouvelle expérience visuelle et temporelle de Christopher Nolan. C’est bien, mais le reste du monde ne suit pas. Aux États-Unis, c’est la catastrophe. Les tentatives de réouverture échouent, les plus grandes métropoles restent confinées et le mastodonte qui a coûté plus de 200 millions de dollars à produire n’en rapporte que 361,4 dans le monde. Le test n’est pas concluant et les blockbusters resteront dans les cartons des studios jusqu’à nouvel ordre.

L’image de l’année : John David Washington portant un masque dans “Tenet”, quand le cinéma rejoint la réalité

On ne meurt que deux fois

Mais en France, on continue à croire en la magie de nos cinémas. Peu à peu, on se réorganise et on se réinvente sans rien attendre d’Hollywood. Pourquoi ne pas se concentrer sur le cinéma de patrimoine ? Certaines ressorties font d’ailleurs d’excellents chiffres. Chez Studiocanal, la restauration de La Haine pour les 25 ans du film attire 33 723 curieux. Chez Eurozoom, on réussit même à faire venir 70 911 spectateurs pour une ressortie d’Akira ! Le grand public redécouvre la force du “vieux” cinéma.

Plus de 70 000 entrées pour la ressortie d'”Akira” de Katsuhiro Ōtomo (1988)

Enfin, quelques cinématographies lointaines parviennent à trouver leur public. Les cinémas japonais (L’infirmièreDans un jardin qu’on dirait éternel), sud-coréen (Lucky Strike) ou hongkongais (Ip Man 4) remplissent le vide laissé par les grands studios américains. En France aussi, le cinéma d’art et d’essai revient au premier plan. Le Festival de Cannes ayant été annulé (pour la première fois depuis mai 1968), un “label Cannes 2020” a été attribué à une cinquantaine de films pour encourager leur exploitation. L’astuce fonctionne : Antoinette dans les Cévennes (Diaphana) avec Laure Calamy vend 750 000 places. Peu à peu, très lentement, les chiffres se gonflent à l’approche des vacances de la Toussaint. On n’y croyait plus et pourtant… la machine repart. Ça aura pris plus de trois mois.

750 000 entrées pour “Antoinette dans les Cévennes” de Caroline Vignal

Même le couvre-feu de 21h, imposé à l’approche d’une nouvelle vague de la maladie, ne parvient pas à effrayer les Français. Ils ont reconquis les salles. Ils ne lâchent rien. Pendant la dernière semaine d’octobre, en pleines vacances de la Toussaint, on compte pour la première fois plus de 3 millions de spectateurs en sept jours. C’est certes deux fois moins que la semaine correspondante en 2019, mais ça n’était pas arrivé depuis le mois de février. On en était là quand le gouvernement a tiré sur la prise une deuxième fois.

Clap de fin

On ne dira rien des mesures gouvernementales qui ont été prises pour sauver le monde du cinéma puisque la crise est loin d’être finie. On sait déjà que le box-office de l’année 2021 sera, lui aussi, incomplet : les cinémas seront toujours fermés au premier janvier. Quand reverra-t-on de gros spectacles hollywoodiens sur grand écran ? Mystère et boule de gomme. Mais pourquoi continue-t-on à nous annoncer des projets ubuesques ? Sept nouveaux épisodes de la franchise Kingsman ? Des avalanches d’épisodes des sagas Star Wars et Marvel ? Des cascades de projets de biopics musicaux ?

Dix projets pour Disney+ et un long métrage pour le cinéma annoncés par Lucasfilm en décembre 2020

Nous nous sommes épuisés à regarder le secteur courir frénétiquement dans tous les sens depuis le mois de mars, comme un poulet sans tête. Aucune certitude aujourd’hui. La promesse de réouverture au 15 décembre n’a pas été tenue. Comment croire que celle du 6 janvier le sera, après les réjouissances de fin d’année ?

À retenir, ces quelques enseignements :

  • Au cinéma, le passé aura toujours de l’avenir.
  • Quand Académie fâchée, Académie toujours faire ainsi.
  • Quand le cinéma n’est pas là, les plateformes dansent.
  • La production française est suffisamment solide pour sauver le box-office en l’absence de films américains. Il faut donc arrêter de dire que c’est grâce à l’argent prélevé sur les entrées de Star Wars qu’on produit Ma femme s’appelle Maurice.
  • Si on veut que ça continue, il faut que les cinémas ouvrent bientôt et s’y rendre.

L’année se termine sur une note triste et moins pop que les habituels articles du Grand Pop. Mais, comme tous les sites consacrés à la culture, nous traversons une drôle d’époque. Comme en témoigne notre Petit Popcast sur nos coups de cœur de l’année, nous avons quand même vécu de magnifiques moments dans les salles obscures en 2020. Et c’est justement parce que nous avons hâte de nous retrouver –- et de vous retrouver -– au cinéma que nous tenions à nous exprimer avec un peu de sérieux, et à adresser notre soutien chaleureux à toute une industrie qui va mal.

Nous dédions cet article à tous les exploitants de France qui nous accueillent dans leurs établissements pour nous faire vivre la magie du cinéma.

Pour rappel, le Top 10 2020 de la rédaction du Grand Pop

10 – Les Filles du Docteur March de Greta Gerwig
9 – L’infirmière de Kōji Fukada
8 – Tenet de Christopher Nolan
7 – Madre de Rodrigo Sorogoyen
6 – La Communion de Jan Komasa
5 – Play d’Anthony Marciano
4 – La Fille au bracelet de Stéphane Demoustier
3 – Le Cas Richard Jewell de Clint Eastwood
2 – Invisible Man de Leigh Whannell
1 – 1917 de Sam Mendes


Crédits photo : Stephane Ferrer Yulianti / REUTERS

Vous pourriez aussi aimer

Laisser un commentaire