Top/Flop ciné : 2018 en 18 films

2018, année de la vieillesse, où j’ai arrêté d’être éligible à la réduction pour les moins de 26 ans au MK2 Bibliothèque (4,90 € seulement la séance en semaine !). Mais 2018, année de la modernité, où je suis rentré dans le cercle des possesseurs d’une carte UGC illimitée et me suis mis à tenir un Gdoc de tous les films vus pendant l’année, plutôt que de faire exploser mon porte-monnaie à force d’y bourrer tous mes tickets.

2018, année où l’on aura cru au renouveau du cinéma de genre français avec, de février à avril, les sorties rapprochées de RevengeLa Nuit a Dévoré le MondeGhostlandLes Garçons Sauvages et Dans la Brume, sans que l’essai ne soit malheureusement transformé par la suite. Spoiler : un thriller bien de chez nous a tout de même réussi à s’inviter dans le Top 5.

2018, année de l’échec des studios hollywoodiens, où des grands noms comme Alfonso Cuarón, les frères Coen, Andy Serkis et de vrais bons auteurs comme David Mackenzie et Alex Garland se sont vus refouler des salles de cinéma — pour des raisons diverses –, comme une vulgaire troupe de mecs bourrés qui forcent pour rentrer en boîte. Heureusement que Netflix, soi-disant pourfendeur de la télévision française et d’une certaine idée cannoise du cinéma s’est jeté sur l’occasion, pour permettre à tous ces projets de finalement voir le jour.

2018, sur un plan plus personnel, ce fut 75 films vus, dont 6 (re)découvertes en salles de classiques (2001The FogYojimboPerfect BlueA Scene at the Sea… ) et 5 films vus dans mon salon, sur la plateforme au N rouge. Histoire de rester sur une note positive pour ce qui fut une très bonne année cinématographique, j’ai choisi de déverser ma haine dès le début de cet article, gardant le meilleur pour la seconde partie. Êtes-vous prêt, Joueur 1 ?

Historique2017 – 2016 – 2015 – 2014 – 2013

[Le reste de cet article est à lire en écoutant le meilleur album de 2018, Joy as an Act of Resistance, du groupe Idles. Si vous n’avez pas terminé votre lecture après ça, vous pouvez enchaîner sur Leather Teeth de Carpenter Brut et Bottle It In de Kurt Vile.]

Flop 7

7/ Les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindelwald, de David Yates

Top/Flop 2018 - Les Crimes de Grindelwald

Here’s Johnny!

Le premier épisode avait été l’un des mes bonnes surprises de 2016. Alors que je n’avais pas vu de film estampillé Harry Potter depuis 2005 et cette effroyable Coupe de Feu, je m’étais pris à accrocher à la fois à l’univers, au rythme et aux personnages. Trois points sur lesquels cette suite se ramasse lamentablement. Les héros du premier film s’effacent derrière une poignée de personnages insupportables et de nouvelles intrigues aussi ennuyeuses qu’incompréhensibles, le sentiment d’urgence laisse place à une mollesse ambiante et les animaux du titre ne sont plus qu’un prétexte pour caser çà et là et sans véritable justification une poignée de bestioles souvent inutiles. Rien de plus qu’un film passerelle vers un troisième volet désormais bien bas dans la liste de mes attentes.

6/ Bohemian Rhapsody, de Brian Singer

L’escroquerie de l’année. Un film sans angle qui tente de se la jouer page Wikipédia en enchaînant les milestones et les petites anecdotes “vues dans une autobiographie” mais qui se révèle en fait profondément malhonnête, voire carrément débectable. En voyant apparaître au générique les anciens membres de Queen en consultants pour le film, on pourrait s’attendre à un biopic fidèle, mais c’est tout l’inverse qui se produit.

Brian May & Co. jouent les révisionnistes en enchaînant les erreurs factuelles volontaires, dans le seul but de faire passer Freddie Mercury pour le sale gosse incontrôlable du groupe, tout en devenant les good guys de l’histoire. Même en mettant cela de côté, Bohemian Rhapsody n’est qu’un film fainéant, sans idée, à l’image de ce Live Aid de clôture interminable, en forme de mauvaise captation de concert. Tu méritais mieux que ça Freddie, bordel.

5/ Ant-Man et la Guèpe, de Peyton Reed

Top/Flop 2018 - Ant-Man et la Guèpe

Saleté de bestiole.

J’étais le premier surpris d’avoir aimé le premier Ant-Man. Même si la tradition Marvel du méchant tout pourri était respectée, son ton et ses quelques bonnes idées d’écriture et de mise en scène (merci Edgar Wright) avaient suffi à me convaincre et faire monter le hype-o-mètre pour cette suite. Malheureusement, et sans surprise, dès lors que le génie anglais disparaît de l’équation, on se retrouve devant un film fade, aux enjeux ridicules — surtout comparé à Infinity War, sorti deux mois plus tôt –, qui enchaîne les dialogues en champ/contre-champ et les scènes d’action sous Prozac avec une platitude désespérante. Un comble pour un film sensé jouer sur les rapports d’échelle.

4/ L’Homme qui tua Don Quichotte, de Terry Gilliam

Le film que l’on pensait ne jamais voir et qui aurait peut-être mieux fait de rester au placard. Rendu complètement gaga par plus de vingt ans de combats pour faire sortir ce projet de terre, papy Gilliam semble ne plus savoir tenir une caméra — tous ses plans de caméra penchés sans aucune raison ! –, et se perd dans un beaucoup trop long-métrage (2h13 !) méta et complètement narcissique. Terry ne se rattrape aux branches que grâce à un dernier segment testament sur la transmission de la folie et un Adam Driver comme toujours impeccable. Si je me fixe comme règle de ne jamais quitter une salle de cinéma avant la fin de la séance, L’Homme qui tua Don Quichotte est sans doute celui qui m’aura donné cette année le plus envie de l’enfreindre.

3/ Jurassic World: Fallen Kingdom, de Juan Antonio Bayona

Après le dinosaure ultime génétiquement modifié du premier, voici venir le… dinosaure ultime génétiquement modifié du second ! Ah mais attention, cette fois il est intelligent, il a des griffes plus longues et il peut être guidé avec un flingue. Même un réal’ avec une vraie patte comme Bayona (L’Ophelinat, Quelques minutes après minuit), malgré quelques fulgurances, ne peut sauver un film aussi bête, qui s’enferme lui-même dans un manoir (pire idée), comme pour essayer de canaliser sa propre connerie dans un espace clos. Spoiler : c’est raté.

2/ Ready Player One, de Steven Spielberg

Jusqu’à il y a quelques jours, il trônait fièrement en tête de ce classement pas franchement honorifique. Jusqu’à ce que je me rende à l’évidence : un film a réussi la tâche ardue de faire pire. Une fois que l’on a dit ça, que reste-t-il à sauver de Ready Player One ? La scène de course du début, qui vient nous rappeler que Steven Spielberg n’a pas son pareil pour nous offrir des moments de pur divertissement délicieusement bien filmés. Et c’est presque ce qui rend le reste si dur à avaler.

Rien ne tient debout dans Ready Player One. Son univers — la grande guerre de la bande passante, vraiment ? –, ses codes, sa direction artistique, ses personnages, ses enjeux, sa morale finale : tout s’écroule dès lors que l’on choisit d’ouvrir un minimum les yeux, sans être aveuglé par cette surenchère de nostalgie dégoulinante d’opportunisme.

Un film de vieux monsieur qui ne comprend rien aux sujets auxquels il s’attaque, alors qu’il a lui-même contribué à façonner une pop culture qu’il se charge ici de soigneusement vider de son sens. C’est peut-être ce qui doit arriver quand on choisit d’adapter un auteur qui pense que superposer les références 80’s faussement cool suffit pour faire une bonne histoire. Je pourrais lister tout ce qui m’a énervé dans ce film, mais j crois qu j vins d cassr l’un ds touchs d mon clavir d rag.

1/ Venom, de Ruben Fleischer

Un accident industriel. De sa première minute au dernier plan de sa première scène bonus, Venom rate tout. Faire un film sur l’un des meilleurs méchants de Spider-Man sans pouvoir montrer l’araignée rouge une seule seconde avait déjà tout du projet de merde, mais Sony a, une fois de plus, réussi à se surpasser.

Impossible de croire à cet Eddie Brock blogger/journaliste d’investigation qui se fait virer du jour au lendemain pour avoir posé une question qui dérange. Impossible de passer outre l’acting de Michelle Williams, qui joue avec encore moins de conviction que ce pauvre homard qui se fait déchiqueter par un Tom Hardy en complète perdition.

Impossible d’ignorer cette écriture digne d’une fan-fiction d’un gamin de 8 ans, qui se rappelle, à 20 minutes de la fin et après une exposition interminable, qu’elle a un film à boucler, et nous offre un retournement de veste à faire pâlir de jalousie Arturo Brachetti.

Impossible d’oublier ce combat final de chewing-gums à la réglisse, bouillie visuelle innommable qui décroche haut la main  l’Oscar de l’illisibilité. Au final, sa meilleure scène se trouve après son générique : presque 10 minutes, alors exclusives, du Top 1 de cet article. Problème, l’un a rapporté près d’un milliard de dollars, pendant que l’autre se fait marcher dessus par Aquaman. Monde de merde.

Mention spéciale : Climax, de Gaspar Noé

Si les 30 dernières minutes de Climax ont probablement constitué mon expérience en salles la plus douloureuse de 2018, le dernier film de Gaspar Noé avait proposé plus tôt l’une des scènes les plus dingues de l’année, une chorégraphie en plan-séquence à couper le souffle sur le Supernature de Cerrone. Une certaine vision du paradis sensoriel avant l’enfer final.

Top 10

10/ Avengers: Infinity War, de Joe & Anthony Russo

Ne réglez pas votre écran, c’est bel et bien un fil Marvel qui ouvre ce Top, et croyez bien que je n’aurais moi-même pas misé un złoty dessus. Pourtant, force est de constater que, trois ans après le catastrophique Ère d’Ultron et dix ans (!) après le tout premier Iron Man, la machine semble enfin s’être mise en route. Pendant un peu plus de 2h30, Joe & Anthony Russo — qui s’étaient déjà bien chauffés sur Civil War, vrai-faux Avengers 3 avant l’heure — nous offrent un long tunnel d’action, qui sait aussi s’arrêter pour se concentrer sur ses personnages.

Surtout, le pari de centrer tout le film sur Thanos est relevé haut la main, tant ce grand méchant que l’on nous esquisse depuis si longtemps dépasse de loin nos attentes. Preuve, si besoin était, que pour faire un bon film de super-héros, il faut avant tout un bon bad guy. Seule la relève s’annonce un peu plus compliquée, avec un Captain Marvel qui aura bien du mal à ne pas nous rejouer une énième fois le coup de l’origin story, et un Endgame dont on sait à peu près déjà tout ce qu’il va nous raconter. Impossible toutefois de nier qu’Infinity War constitue un excellent divertissement pouvant, et c’est suffisamment rare pour être souligné au sein du MCU, tout à fait se savourer seul.

À voir aussiMission Impossible: Fallout, parce que Tom Cruise est l’Avenger qu’il manquait pour botter le cul de Thanos et parce que Christopher McQuarrie est sans doute le meilleur cinéaste d’action actuel.

9/ Leto, de Kirill Serebrennikov

En plus d’être l’exemple parfait du film que l’on avait pas vu venir, Leto est LE film musical et, a fortiori, LE film rock de 2018. Une histoire vraie qui ne joue jamais la carte du biopic, préférant sortir du réel via des séquences fantasmées aussi surprenantes que rafraîchissantes. De vraies ruptures de ton qui ne font pas oublier pour autant le sujet principal du film, à savoir l’émergence de la scène rock dans la Russie pré Perestroïka des années 80.

Convoquant tour à tour Lou Reed, le Velvet Underground, David Bowie, T.Rex et bien d’autres, Leto ne verse jamais dans le coup de coude dans les côtes — oui, RPO c’est toi que je regarde — et centre son intrigue sur un sublime ménage à trois, porté par un trio d’acteurs et une photo qui font indéniablement partie de ce que l’on a vu de plus beau en salles cette année.

À voir aussiRoma, parce que le noir et blanc, la photo impeccable et sa façon de faire s’entremêler la grande et les petites histoires.

8/ Hostiles, de Scott Cooper

Ni plus ni moins que l’Histoire des États-Unis couplée à celle du western, en 134 minutes. Dis comme ça, ça fait pompeux, sauf que Scott Cooper procède au contraire tout en pudeur et en retenue. Tantôt aride, tantôt froid, souvent austère, Hostiles est surtout implacable comme l’était la vie dans le grand ouest, plus souvent cruelle que juste. En racontant une civilisation via les ennemis successifs qu’elle s’est créée — d’abord extérieurs, puis intérieurs — le film questionne nos peurs, notre rapport à l’autre et à la sauvagerie. Si vous aimez simplement les tomahawks, les grands espaces et Christian Bale, ça marche aussi.

À voir aussiLes Frères Sisters, parce que western, et parce qu’après une première partie plutôt convenue, le film part dans une toute autre direction et développe véritablement son propos. Une première expérience américaine réussie pour Audiard, avec un grand John C. Reilly.

7/ Une Affaire de Famille, de Hirokazu Kore-Eda

Film après film, Hirokazu Kore-Eda se fait un malin plaisir à dézinguer le parfait modèle du cadre familial traditionnel. Cinq ans après l’excellent Tel Père, Tel Fils, qui questionnait déjà la primauté du lien affectif sur le lien du sang, la Palme d’Or 2018 pousse l’idée encore plus loin, dépeignant ses personnages par petites touches successives avec une humanité rare, sans jamais s’égarer dans le pathos. Une grande performance d’écriture.

À voir aussiThe Third Murder, parce que les affres de la distribution française ont bien fait sortir deux films de Kore-Eda chez nous cette année. Et aussi La Saveur des Ramen, parce que des films de gens biens qui font bien la cuisine, c’est toujours bien.

6/ Burning, de Lee Chang-Dong

L’histoire désabusée d’une jeunesse coréenne qui s’emmerde. D’un côté, des fils de bourges qui traînent leur spleen et leur superficialité dans les coins branchouilles d’un Gangnam qui n’a pas grand-chose à voir avec celui de Psy. De l’autre, des galériens campagnards à la petite semaine, coincés entre leurs racines et les hautes tours de la ville. Entre les deux, une violence symbolique et latente qui finit dramatiquement par exploser. Burning c’est tout ça, servi dans une ambiance glauque et malaisante à souhait. C’est terriblement actuel et ça fait froid dans le dos.

À voir aussiHérédité, parce que question malaise et fatalité aussi, ça se pose là.

5/ 3 Billboards, les Panneaux de la Vengeance, de Martin McDonagh

Top / Flop 2018 - 3 Billboards

Tombé dans les panneaux.

Le film de l’Amérique qui en a plein le cul qu’on lui dise quoi faire et quoi penser. Un film entier, qui rappelle de prime abord le film à sketch Les Nouveaux Sauvages, par sa férocité et le refus de son personnage principal de se faire marcher sur les pieds, mais qui franchit ensuite un cap supplémentaire. Car si l’on sympathise un temps pour la cause de cette mère de famille jusqu’au-boutiste portée par une Frances McDormand au sommet de son art, on questionne aussi rapidement son aveuglement et ses conséquences directes.

Forcément, avec un tel casting, de telles thématiques et un tel environnement, le spectre des Frères Coen n’est jamais loin. Mais là où McDonagh se hisse au-dessus des productions récentes des deux frangins — depuis No Country for Old Men en fait –, c’est dans son impeccable maîtrise de l’alternance entre scènes comiques et scènes dramatiques (ce que rate quelque peu, par exemple, Spike Lee dans son BlacKkKlansman), qu’il traite sur un pied d’égalité. Quitte à utiliser une expression toute faite, 3 Billboards est un vrai film sans concession.

À voir aussiLe Monde est à Toi, parce qu’il dépeint lui aussi des personnages prêts à tout pour arriver à leur fin, pour qui on n’aurait pas forcément pensé exprimer de l’empathie et pour son côté sale gosse assumé.

4/ Jusqu’à la Garde, de Xavier Legrand

Au sortir d’un film choc — ou qui se veut comme tel –, on entend souvent revenir les mots “baffes”, “claques” et autres gifles plus ou moins appuyées. Jusqu’à la Garde est plus que ça. Le film de Xavier Legrand est un énorme coup de poing dans le plexus dont on ressort le souffle coupé. Si les thrillers domestiques sont rares, le sont encore plus ceux qui parviennent à capter cette peur panique du quotidien, qui plus est à hauteur d’enfant.

De la scène d’exposition qui nous met temporairement dans la position du juge, à une conclusion brutale en forme de remake de Shining — mais vidé de toute substance fantastique — la mise en scène est aussi glaçante qu’éprouvante. Comme à son habitude, Denis Ménochet bouffe la pellicule dès qu’il fait irruption dans le plan et Léa Drucker fait bien plus qu’incarner la traditionnelle mère courage qui n’existerait que par et pour ses enfants. Comme quoi, on peut faire un bon film social en France sans Christian Clavier.

À voir aussi Utøya, 22 Juillet, parce qu’il raconte l’irruption de l’horreur dans le réel en se concentrant sur ses victimes, plutôt que sur une surfaite volonté d’exhaustivité.

3/ Girl, de Lukas Dhont

Le plus beau drame de cette année est un premier film passé semble-t-il complètement inaperçu, et sur lequel j’avais pris le temps de m’arrêter en octobre dernier, dans ces colonnes, pour en dire le plus grand bien. Et puis, comme ça, vous aurez un obscur film belge à conseiller lors de votre prochain brunch dominical.

À voir aussi Lady Bird, parce que pour son premier film en solo, Greta Gerwig a choisi elle aussi de traiter du mal-être adolescent, avec un soupçon de noirceur et beaucoup de tendresse.

2/ Les Indestructibles 2, de Brad Bird

Le film le plus maîtrisé de 2018. Certaines scènes d’action — celle de la moto en tête — comptent parmi les plus inventives de l’histoire du cinéma d’animation et je n’ai jamais autant ri en salles l’an passé que lors de ses passages comiques — Jack Jack et le raton-laveur, à jamais dans nos cœurs.

Comme pour le premier épisode, 14 ans plus tôt (!), l’univers des Indestructibles parvient à rester cohérent en mélangeant technologies futuristes et ambiance 50’s, en l’enrichissant ici d’un discours ultra pertinent, à plusieurs niveaux de lecture — la marque de fabrique du studio — sur les écrans et les super-héros. Pétri de bonnes volontés, le personnage doublé par Bob Odenkirk tient ainsi lieu d’exemple, à la fois bienfaiteur et représentatif de l’exploitation massive que fait Hollywood des super-héros. Quand on combine la qualité d’écriture made in Pixar au génie de Brad Bird, le cocktail ne peut être… qu’indestructible.

À voir aussiMission Impossible: Fallout, parce que si M. Indestructible avait un frère, ce serait Tom Cruise et parce que Christopher McQuarrie est sans doute le meilleur cinéaste d’action actuel. Quoi, je l’ai déjà dit ? Je m’en fous, c’est mon article, je fais ce que je veux.

1/ Spider-Man : New Generation, de Bob Persichetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman

Top / Flop 2018 - Spider-Man New Generation

See how they fly.

Comment le même studio — en l’occurrence Sony — peut, la même année, produire une infâme bouse sans idée ni personnalité, et un projet aussi fou, imaginatif et grandiose, et ce alors que les deux films se situent (plus ou moins) dans le même univers ? Voilà qui restera probablement l’un des mystères cinématographiques majeurs de 2018. Car si je devais remettre mes GK Awards du cinéma, Spider-Man : New Generation, pour ne pas dire Into the Spider-Verse, serait sans aucun doute ma Claque Visuelle de l’année (©).

En racontant ses personnages à travers plusieurs techniques d’animation superposées, le montage et les jeux de caméras, le film se pose en modèle de fluidité narrative et jette un spider-pavé dans la marre de tous ceux qui ne peuvent s’empêcher de balancer des tartines de dialogue inutiles au lieu de tenter d’exploiter les codes du cinéma.

Parce que le film est encore en salles au moment de la mise en ligne de cet article, et parce qu’il est compliqué de retranscrire en quelques mots une telle profusion visuelle, courrez voir en salles ce New Generation et prenez-en plein les yeux. Il est non seulement le meilleur film Spider-Man de l’histoire, mais aussi et surtout bien plus que cela.

À voir aussiL’Île aux Chiens, parce que s’il n’est pas aussi fou visuellement que Spidey, le dernier Wes Anderson n’en reste pas moins atypique dans son animation et sa narration — la multiplicité des langues utilisées, la traductrice –, en plus d’être d’une incroyable minutie. Un délice pour les yeux.

Voilà, c’est tout 2018 et c’est déjà pas mal. Continuez de regardez des films, bons comme mauvais, soutenez en salles les projets qui parlent à votre petit cœur et surtout forgez-vous vos propres avis. Nous nous reverrons bientôt pour parler de quelques sorties de 2019, mais aussi d’une poignée de vieilleries qui me sont chères. Quoi qu’il en soit, lors des douze prochains mois et depuis ses premiers pas,

VIVE LE CINÉMA !

Crédit photos : allocine.fr

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