Supernatural : une affaire de famille

Au royaume des séries télé, quand on veut plaire en soirée, il est facile d’ergoter en citant à tout va The Shield, Oz ou The Wire… De convoquer Steven Moffat, Damon Lindelof ou Vince Gilligan, et de se réfugier derrière les longues listes de récompenses… Mais le name dropping ne crée pas la fulgurance. Encenser plus qu’à raison les évidences, enfoncer les portes ouvertes sans complaisance ; on est vite saoulés par vos effets sans élégance. Au royaume des séries télé, quand on veut plaire en soirée, on évite trop souvent de citer les faces B. On oublie facilement de se laisser aller, d’avouer apprécier ce qui n’est pas adoubé. Par exemple, Supernatural, vous êtes sûrement passés à côté.


C’est la Salsa du Démon

Et je vous comprends. Quelle putain de torture. Quelle honte. Souffrant d’une version française déplorable, trop violente pour un Prime Time, pas assez bankable pour une vraie mise en avant, sans suivi ni régularité, diffusée dans une période creuse pour tenter de défriser la nouille à deux adolescents en mal d’effroi, décalée tous les quatre matins. On ne peut pas dire que la télé française croit beaucoup en son poulain quand elle décide de l’insérer dans sa Trilogie du Samedi. Sans rire, on se croirait revenu à l’époque du Club Dorothée, quand les doubleurs déformaient les animés sans aucun respect, comme dans Nicky Larson ou Ken Le Survivant

Paraît qu’on fait de la merde…

Pour le pécore moyen qui découvre Supernatural à la télé française, la messe est dite. Mais au moment de la diffusion, personnellement, j’avais déjà fait un peu de route avec les frères Winchester. Et à cette époque lointaine, au milieu des années 2000, le renouveau des séries comme on les connaît aujourd’hui n’en était qu’à ses balbutiements. Entre la fin des X-Files et l’arrivée des plate-formes de diffusion, l’industrie s’est pas mal cherchée, passant de la vague des premiers chefs d’œuvre cités en intro, à une suite de brillances entrecoupées de pas mal de conneries et de propositions oubliables. Dans ce flot continu qui ne cesse depuis d’abreuver jusqu’à plus soif les binge watchers de tous horizons, on retrouve çà ou là quelques petites pépites sans prétention, bêtes de somme à la régularité de métronome.


Hell’s Kitchen

Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, j’aime bien la bonne cuisine. La perspective d’un repas dans un établissement de qualité a quand même tendance à m’enjailler. Découvrir la finesse d’un produit, la proposition d’un chef ; une alliance de saveurs qui me sort de ma zone de confort pour mieux me saisir…  Figurez-vous qu’il m’arrive même, parfois honteusement, de me faire un fast-food tout naze, et de garder malgré tout un sentiment de satiété une fois l’ensemble consommé ; mais bon, je me tape pas du Gotham ou du Big Bang Theory tous les jours…

Tom’s Diner.

Pour pousser la métaphore jusqu’au bout, entre ces deux extrêmes, je ne crache pas non plus sur un bon gueuleton maison. Sans trop de fioritures, mais avec de vraies quantités. Un savoir-faire certain dans l’art de l’assaisonnement : pile comme j’aime, après tout, c’est moi qui l’ai fait ! Et un vrai goût de reviens-y.

Il reste des pâtes ?
– Yes, vas-y lâche-toi sur la sauce et le parmesan, de toutes façon j’ai du clacos dans le frigo.

Supernatural, c’est ça. C’est le plat de pâtes que tu sers à tes potes. La pizza sympa que tu t’es emmerdé à faire toi-même en découpant chaque ingrédient, l’omelette aux patates pas forcément raffinée mais qui te fait envie en fin de soirée, la tartiflette trop grasse qui sentira sur tes sapes, le souvenir surtout d’un bon moment partagé. Certaines ont leur Buffy, certains ont leur Stargate, et d’autres dégainent leur Magnum. Chacun fait les croques à sa façon.


Knockin’ on Heaven’s Door

Ok, on rengaine les mitaines. Ouvrez les guillemets et fermez vos maxillaires. On va causer roadhouse et hard rock, monstres sanguinaires et motels pourris, incantations bidons, canons sciés et Chevrolet. Déjà Supernatural, c’est quoi ? C’est l’histoire de deux frères qui parcourent les États-Unis à la recherche de leur père, dézingant au passage tout un tas de figures issues des mythes, superstitions ou légendes urbaines américaines : dame blanche, fantômes, vampires, wendigo et j’en passe.

Father and sons

C’est leur job. Ils vivent en dehors des radars. Ils sont des chasseurs, des Hunters, c’est-à-dire que leur quotidien, pendant que toi tu vas boire une tequila avec tes potes ou que tu rentres du taff, eux, c’est de casser des culs et de renvoyer des spectres en enfer, histoire que tu puisses continuer à mener ta petite vie pépère. Il le font sans ambage, à grands coups de bourre-pifs, et de punchlines d’un autre temps, sans avoir l’air, rechargeant leurs pétoires au gros sel, ou distribuant des moulinets de barre à mine en argent pour taquiner la rate au loup-garou du coin. Puis ils décapsulent une bière, et repartent vers d’autres aventures au volant de leur Impala noire, sur du bon vieux rock bien gras.


You Shook Me All Night Long

Voilà pour l’entame. La caricature. Plantons maintenant un peu de contexte dans cette ambiance foutraque qui sent la sueur et le goudron. Dans le pilote de la série, on découvre d’abord le cadet des deux frères, Sam (Jared Padalecki), qui vit une existence des plus douces, poursuivant des études de droit et partageant la vie de la jolie Jessica. Une nuit, son frère aîné Dean débarque, et lui demande de l’aide : leur père a disparu alors qu’il était sur un job. Malgré ses différends avec le mode de vie familial — être sans arrêt sur les routes, chasser des monstres et survivre — , malgré ses problèmes avec ce père obsessionnel et parano ou la dispute qui l’a fait quitter le clan, Sam accepte d’aider son frère.

Malheureusement, en lieu et place de retrouver leur père, les notes laissées par ce dernier les conduisent sur un job classique. Excédé par la situation et la perspective de se retrouver sur la voie qu’il a fuie corps et âme, Sam rentre chez lui pour y trouver Jessica éventrée et allongée au plafond, encore en vie alors qu’elle s’embrase en un instant. Comme sa mère quand il était enfant. Triste rappel du drame familial qui a conduit tout ce petit monde à prendre la tangente d’une vie normale. Si le père est absent, c’est qu’il est sur les traces de ce meurtrier démoniaque. Les deux frangins s’embarquent alors dans une chasse à l’homme qui s’étendra sur plusieurs saisons et fera intervenir tour à tour esprits vengeurs, bêtes, monstres, démons, anges et autres réjouissances griffues et crochues.


Stairway to Heaven

Derrière cette trame de série B, Eric Kripke, le Showrunner principal de la série, s’amuse beaucoup. Il joue à installer un décor et des personnages caricaturaux, des gimmicks faciles, des habitudes. Un épisode de Supernatural, c’est un rendez-vous. On sait ce qui nous attend. Surtout au début. S’inspirant de la construction des X-Files, il jalonne ses scénarios d’indices qui font avancer la trame générale, mais le gros des épisodes reste généralement construit de la même façon : intrigue, enquête, nouveau monstre, résolution. Mieux, chaque épisode suit un cahier des charges précis, et chaque saison possède, comme d’autres en son temps, ses moments, attendus, de communion.

Un épisode type s’ouvre toujours par un montage cut de quelques secondes pour rappeler où en est l’histoire générale. Puis le mot “Then” s’affiche. On sait que les images qui vont suivre seront un autre montage, mais cette fois composé d’extraits tirés de n’importe quelle(s) saison(s) passée(s). Ce montage vous re-donne quelques clés de lecture en rapport avec l’épisode à venir, mais le fait de manière assez habile sans trop spoiler la thématique du jour. Si par exemple l’épisode va mettre en scène un esprit, ce montage vous remettra quelques autres fantômes belliqueux déjà rencontrés, et les bouts de dialogues qui s’enchaînent exposent à nouveau les règles établies : “quand un esprit se rapproche, la température baisse. Ils craignent le sel et l’argent. La seule façon de s’en débarrasser, c’est de retrouver les ossements et les brûler” — oui, le fan de Supernatural moyen a assisté tout au long des saisons à de nombreuses séquences de déterrage de cercueils et autres feux de joie libérateurs.

La pelle du devoir

Ce charmant rappel, c’est un peu le profil d’une œuvre de tes cours de français au lycée, celui qui te rappelait que Beaudelaire avait traduit Allan Poe, et qu’il respirait pas franchement la joie de vivre quand il écrivait. Dans Supernatural, ce rappel se ponctue par un gros “Now“. On sait après ça qu’on passe au concret. C’est la scène d’ouverture où un quidam malchanceux se fait dessouder dans une débauche d’hémoglobine. Puis le titre, Supernatural en gros. Avec une légère évolution graphique selon la thématique de la saison. Puis l’épisode se déroule. Enquête. Résolution. Fin. Je vous l’ai dit, c’est réglé comme du papier à musique, du moins au début, puisqu’au fur et à mesure que les saisons avancent, la part d’intrigue principale prend le pas sur les épisodes classiques, initiant des ruptures de rythme et de narration bienvenues.

Et comme on l’a vu, les saisons elles-mêmes suivent une gymnastique précise. Chaque Season Premiere débute par un montage ultra punchy portant la mention “The Road So Far” qui résume la saison précédente sur un grand thème du hard rock. Un rendez-vous pop-corn. C’est reparti pour un tour. Et de la même manière, chaque fin de saison a droit à son tour de piste, son hymne : un résumé de la saison entière sur l’éternel Carry on Wayward Son du groupe Kansas.


Hell Bells

Je n’argumenterai pas. Supernatural n’est pas un modèle de réalisation ou de production. Elle a la même finesse en frontal qu’un éléphant parkinsonien dans un magasin de porcelaine. Les acteurs surjouent souvent, engoncés dans leur train-train — Jensen Ackles, Dean, reste largement au-dessus — , les personnages secondaires ont presque tous plus ou moins été tués au fil des saisons, laissant un parterre très limité d’interactions, et la confidentialité de la série a vu les budgets se réduire petit à petit. Il est loin le temps des décors variés et urbains et des personnages à tout va. Aujourd’hui, la série s’est enfermée dans un ronronnement évident, après quatorze saisons plus ou moins inspirées de plus de vingt épisodes.

Bien avant Negan, Jeffrey Dean Morgan crevait déjà l’écran.

Passée une première saison qui se cherche, sauvée presqu’essentiellement par le talent et le charisme de Jeffrey Dean Morgan dans le rôle du père, le fil rouge tient bien la route. Il dure jusqu’à la cinquième saison et se conclut par l’affrontement entre Lucifer et les autres Archanges. Un périple qui nous permet de croiser de nombreux personnages hauts en couleurs, comme Jo et Ellen, le shérif Jodie Mills, Castiel ou l’impétueuse Bela incarnée par Lauren Cohan, qui fait ici ses premières armes avant d’endosser le rôle de Maggie dans The Walking Dead.

Passé cet arc, Kripke vogue vers de nouveaux challenges, et ses héritiers, Robert Singer, Sera Gamble ou Jeremy Carver, peinent à relancer la machine, se complaisant dans du court-termisme, sans jamais voir plus loin que la saison en cours. Pire encore, se pose la question du point de rupture : vers où aller quand Lucifer a été vaincu ? La surenchère de puissance entamée par la série subit alors un effet Dragon Ball : il faut toujours plus gros, plus méchant, plus retors… Et les rares bonnes idées sont expédiées en un épisode malheureux, à l’image des Panthéons polythéistes, jetés avec l’eau du bain.

Elle a les yeux revolver (ouais, facile)

On voit trop les ficelles. Les démons sont joués par des acteurs lambdas, mais leurs yeux deviennent noirs quand ils le souhaitent, comme pour signifier “Eh oui ! C’était moi le méchant !” Pratique ceci dit. Pour dégager un acteur et continuer avec son personnage par exemple : le démon qui l’habitait a pris possession d’une nouvelle enveloppe… Les vampires ont les dents qui poussent sur commande, essentiellement quand on leur ouvre la bouche. Même logique. Les anges ont les yeux blancs, itou. L’ennui. Pour les valeureux qui se seront cognés ce ventre mou — soit les saisons six à neuf — et qui y auront cru un peu quand les Anglais ont débarqué pour la saison dix ; pour vous les survivants, sachez que depuis deux ans la série a repris du poil de la bête, développant à nouveau un arc ambitieux et moins paresseux, et que le casting et les décors se sont à nouveau enrichis, avec de jolis come backs.


Sympathy for the Devil

Mais alors bon sang mais pourquoi tu nous saoules avec cette série ? Calme-toi Jean-Germain, je vais t’expliquer. Compte-tenu de tous ces défauts, Supernatural, c’est un peu un prématuré qui se bat pour survivre. En 2005, quand j’ai découvert la série, que j’en ai parlé, on s’est bien foutu de moi. Une série d’horreur avec des enquêtes et des monstres ? Un thriller ésotérique qui reprend les luttes bibliques jusqu’à l’Apocalypse, et au-delà ? Pas évident. C’est pas comme ça que j’allais convaincre qui que ce soit… Au final, la plupart de mes potes s’y sont essayés et y ont trouvé leur compte. Encore aujourd’hui, on se balance des références Supernatural au détour d’une soirée, entre un appel du pied à Stan Lee ou à Obi-Wan. Fans oui, mais pas dupes. Avec la même conscience qu’on ne déguste pas un Château Latour, mais qu’on est quand même sur un bon cépage. Le produit d’un petit producteur, qui vient à nous sans en avoir l’air, mais qui nous ravit les papilles. Une odeur musquée. Du cuir. Robe rubis. Franc en bouche, épais, sauvage. Un peu tannique.

Car j’étais sur la route, toute la Sainte Journée…

Supernatural débarque avec ses santiags. Mais il cache un secret derrière les sièges de son Impala. Eric Kripke est un farceur. S’il codifie autant la forme, s’il donne du pain à moudre au tout venant avec des personnages aussi uniformes, c’est pour mieux en jouer. Dean est grossier, c’est une tête brûlée, fan de junk food et de serveuses aux mœurs légères. Sam est bosseur, trop sérieux, un génie de l’informatique. Des traits de caractères opposés qui permettent aux auteurs de jouer de la caricature, donnant à l’un ou l’autre des répliques moqueuses qui pointent les défauts de l’autre en un savant dosage : d’abord explicites, puis tacites, les remontrances entre les deux frères deviennent suggérées avec le temps, et on sourit avec empathie lorsqu’eux-mêmes anticipent les réactions de l’autre ou les nôtres.

C’est un Belge, un Anglais et un Français dans un ascenseur…

Oui Eric Kripke joue. Il ne faut pas quelques épisodes à la saison deux pour ouvrir le bar. Et c’est la tournée du patron jusqu’à la saison cinq. Si le Showrunner s’est autant employé à poser le cadre, c’est parce qu’il veut l’exploser. Très vite, les épisodes partent en live, se jouant des personnages, les faisant se moquer d’eux mêmes, comme dans ce combat épique où la chance tourne selon le possesseur d’une patte de lapin porte-bonheur. Les mises en abîme s’enchaînent — leur mentor porte le même nom qu’un des réalisateurs de la série, et on devine vite que sous les airs bougons de Bobby, Kripke vanne son pote Robert Singer. Les saisons avançant, on assiste même à une critique globale du marché des séries télé qui transpire entre deux coups de pieux des frères Winchester.


The Joker and the Thief

Parmi ces petites perles, citons sans aucun hasard l’épisode qui salue le cinéma d’horreur de la Hammer, en noir et blanc collé, hommage à peine dissimulé à Ed Wood, celui qui reprend les codes du film noir ou celui qui plonge les deux frères au milieu d’un jeu de rôle grandeur nature aux côtés de Félicia Day. Citons aussi les épisodes du Trickster, le facétieux génie de la gaudriole, avec une première apparition sur un campus standard où les pires rumeurs prennent vie, avec son alligator géant jeté dans les égouts, ses extra-terrestres libidineux, ou ses loups garous façon Thriller.

Dans le genre improbable, un épisode entier en DA avec le Scooby Gang

Trickster qui saura se faire remarquer en important les personnages de contes dans notre monde façon Fables, ou enfermant Sam et Dean dans une suite de parodies des séries en vogue. Entre autres clins d’œil cyniques appuyés sur les coulisses des sitcoms, Kripke se paie Docteur Mamour et ses doctorantes d’à peine dix-huit piges ou le Horatio des Experts : Miami, avec ses lunettes de soleil portées même la nuit, et ne parlant qu’en punchlines de bas étage.

Mais à quoi bon taper sur les autres si on n’a aucun recul sur soi-même ? Grâce au personnage de Chuck, écrivain miteux auteur d’une série de bouquins d’horreur les mettant en scène, les frères Winchester vont pouvoir revenir avec ironie sur d’anciennes aventures — et donc épisodes — pas géniales et en rire, ou être confrontés à des fans de Supernatural en cosplay d’eux-mêmes, se mêler à eux et affronter leur propre caricature. Cette cassure du quatrième mur est un petit bijou au relief rafraîchissant, et le personnage de Chuck un levier génial qui sera employé à de nombreuses reprises.


Music Sounds Better With You

Supernatural, outre ce cadre et ce regard sur soi-même, c’est aussi une bande son qui tâche, une playlist qui crache. La BO de la série, c’est la mixtape de Kripke quand il était plus jeune. C’est sa madeleine qu’il installe au pouvoir : la musique dans la série revêt une importance capitale. Diégétique par essence, les sons que vous entendez dans la série le sont bien souvent aussi par les personnages. L’alibi ? Sam et Dean se traînent toute la collection du paternel. Dean en a été nourri toute sa vie, Sam, plus ancré dans notre monde, y trouve son compte, mais donne le change avec des titres plus modernes, sachant pertinemment que tous les titres mis en avant par son frère sont un peu datés. On y trouve des grands classiques comme Led Zep, les Stones, ou les Doors, mais AC/DC reste en tête, les hymnes du groupe, au style si reconnaissable, servant bien souvent l’action. Dans Supernatural, la bande son fait partie prenante du récit.

La passion pour ces sons transpire même dans l’écriture de l’auteur : de nombreux titres d’épisodes sont des jeux de mots faisant référence aux standards du rock, et les personnages eux-mêmes font des appels du pied à ce panthéon, s’affublant de noms de rock-stars en guise de fausses identités. Clé de voûte de ce juke-box, on l’a vu plus haut, le Carry On Wayward Son de Kansas, devenu au fil des ans le thème de la série.

La seule vraie Chevrolet Impala de 1967.

Dans cette mer déchaînée de rythmes et de tempos, le phare, c’est la Chevrolet Impala, véritable personnage à part entière. Toujours à courir la créature locale, de motel crade au diner du coin, les frères Winchester quittent rarement leur bagnole, legs de leur père, donnant parfois à la série des allures de road/buddy movie. Dans le tumulte de leurs aventures, l’Impala est un repère. Une ancre. Elle représente leur monde. En marge de la société, perpétuellement en danger, cette voiture devient rapidement leur QG, leur safe house.


The Road so Far

[THEN] C’est parce qu’elle connaît ses limites, ses forces et ses faiblesses que la série a su séduire les chanceux qui l’ont découverte en dehors des sentiers battus et de sa localisation honteuse il y a une quinzaine d’années. C’est parce qu’elle a conscience d’elle-même et que sa mythologie puissante et codifiée existe qu’elle séduit encore aujourd’hui, malgré et contre tout. Ses fans sont peu nombreux mais fidèles. Une fidélité qui permet à Supernatural d’afficher, en dépit des années, une longévité certes houleuse, mais dont d’autres auraient aimé se vanter. On ne suit pas Supernatural pour les mêmes raisons logiques qui nous font suivre une autre série. On suit Supernatural pour partager une bière avec Sam et Dean, une cassette d’AC/DC flanquée dans l’auto radio de l’Impala. Le moteur vrombissant sur les riffs d’Angus Young. I’m on a Highway to Hell [NOW]

Crédits et Photos : CW

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8 commentaires

Raphael38 1 février 2019 - 21 h 19 min

Une critique très intéressante et super bien mise en chapitres, personnellement je me suis arrêté à la fin de la saison 1 car le système de Monster of the Week ne m’interesse plus mais je vois que je loupe quelques perles dont l’episode avec le Scooby Gang qui me donne tres envie, sinon pour le coté plaisir coupable j’en ai un peu marre qu’on mette Buffy dans le lot car ce n’est pas un plaisir coupable c’est une vraie bonne serie, alors oui meme si elle a des allures kitch et pas mal de fois des resolutions d’intrigues “faciles” cela n’en reste pas moins pas moins une serie extremement bien ecrite et qui a su révolutionner son époque, tout était deja en place pour celui qui a fait les 2 premiers Avengers, il y a des choses que je n’ai jamais revu à la télé depuis, l’épisode muet qui est un chef d’oeuvre, l’épisode musical, ou l’épisode The Body qui raconte la mort d’un personnage, tout ça en restant feuilletonnant car oui ce ne sont pas seulement des standalones sympathiques, pour prendre l’exemple de l’episode musical c’est un episode charniere du fil rouge de la saison 6 qui ne peut pas etre passé sinon on est perdu, ajouté à ça les dialogues dont je n’ai jamais retrouvé pareil dans les series que j’ai pu regarder, l’instauration d’un Boss qu’on appelle “Big Bad” à chaque fin de saison (oui ça existait dans les mangas et les comics mais dans les séries cela n’avait jamais été mis en place) et pour finir c’est la série la plus étudié (oui l’article date de 2014, mais on avait deja GoT, The wire, Breaking Bad, les Sopranos, Oz, les Simpsons qui étaient passés par là) voilà tout ça pour dire que elle a bien sa place dans les plus grandes séries malgré ce que l’on puisse en penser sans l’avoir vu.

Ps: je suis vraiment fan de ton travail je regarde tous les recap ciné et séries vous etes tres intéressants avec toute l’équipe, avec l’espoir un jour d’être parmi vous !

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Menraw 3 février 2019 - 20 h 57 min

Merci beaucoup pour ton message ! Je suis tout-à-fait d’accord avec toi. Ces deux séries (Supernatural et Buffy) partagent de nombreuses similitudes. Merci aussi pour ton retour sur les émissions, j’en ferai part à mes copains sur le plateau 🙂

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Waychester 2 février 2019 - 9 h 50 min

Etant un très très (très) grand fan de la série, je peut confirmer que cette critique est très complète, et a tout à fait cernée ce qu’est la série. Certes elle n’est pas parfaite, notamment sur l’architecture des épisodes qui est constamment la même, mais les mots de conclusions de cet article sont l’exposé de pourquoi est-ce que les fans suivent et aiment la série. On ne vient pas vraiment sur un épisode pour suivre l’histoire principale, qui selon les saisons est plus ou moins intéressante, mais plutôt pour rejoindre San et Dean dans leurs aventures, que l’on considère après 14 saisons comme des amis avec qui on viendrait boire une bière et passer du bon temps.

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Menraw 3 février 2019 - 20 h 58 min

Yes ! On est carrément sur la même longueur d’ondes !

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Chani d'Arrakis 8 février 2019 - 11 h 42 min

Quand tu as fait la promo de cet article sur le Recap, je me le suis mis dans un coin de la tête en me disant qu’il fallait absolument que je passe ici ! Sans regret ! article passionnant et en effet je regarde les frères Winchester avec plaisir depuis toute ces années comme une série tranquille, sans prise de tête avec de l humour et de l’action et ça me va parfaitement !! Aller je continue mon petit tour bravo pour ton boulot et à bientôt sur le Stream !

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Menraw 31 juillet 2019 - 13 h 01 min

Hey ! Merci beaucoup l’ami. Et à très vite ! N’hésite pas à repasser sur Le Grand Pop aussi 🙂

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Cedric19 28 juillet 2019 - 9 h 59 min

Superbe article que je découvre un peu tard. Je suis un grand fan de cette série que je regarde en vf malheureusement j’ai l’impression. Génial au début j’avais du mal avec la série quand ça part avec les anges. Et puis elle a été sur netflix et je m’y suis remis depuis le début.
Quand tu parles des raisons pour la regarder on ne peut être que d’accord. La musique, la mal bouf et le côté road trip. Moi le dernier épisode avec le résumé sur la musique ça me fout des frissons à chaque fois.

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Menraw 31 juillet 2019 - 13 h 02 min

C’est tellement ça ! Ce résumé en musique, c’est un vrai plaisir à chaque fois 😉

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