Starship Troopers : l’Odyssée de l’Espèce

Nous sommes en 1997 et un OVNI cinématographique s’apprête à se crasher dans les salles obscures. Venu du lointain système de Klendathu, Starship Troopers s’apprête à bousculer le petit monde du cinéma de science-fiction bien établi avec ses héros impérialistes triomphants sur fond de drapeau étoilé qui flotte au vent. Entre les sorties d’Independance Day et de Men in Black, Paul Verhoeven, toujours auréolé des succès des Robocop, Total Recall ou autres Basic Instinct — et malgré un Showgirls très critiqué—, Paul Verhoeven donc, déchaîne sa caméra dans les méandres de l’espace, dressant un pamphlet acerbe et corrosif d’une Amérique post ‘Guerre de le Golfe’ en adaptant un vieux roman de SF des années 50. Un film politique aux atours de nanard de l’espace. Un film mal compris à sa sortie et très décrié, sauvé par le bouche-à-oreilles et la ferveur d’un public plus ouvert et conscient. Le fond et la forme. Vous voulez en savoir plus ? 


Le bruit et l’horreur

Starship Troopers est l’un des films les moins bien compris de sa génération. Souvent relégué à l’état de nanard no-brain, voire carrément de film fascisant ; un comble pour un métrage qui s’emploie tant dans son discours que dans sa forme à dénoncer les débordements guerriers et sécuritaires d’un gouvernement militaire clairement borderline. Adapté du roman éponyme de Robert Heinlein — Étoiles, garde à vous ! en français , le film de Verhoeven imprègne dans le livre d’un des pionniers de la SF un nouveau matériau corrosif et satirique, créant une lettre ouverte aux États sécuritaires de tous temps et tous lieux en singeant les films de propagande allemands des années 40 et la réponse US des fifties. Dans un futur proche et tandis que l’espèce humaine commence à coloniser l’espace, toutes les nations du monde se désagrègent. Les États se disloquent et cessent d’exister. La démocratie n’est plus. Le dépérissement du climat, le contexte politique, l’inaction des élus et l’enrichissement des oligarchies a entraîné une guerre d’influence entre la coalition occidentale emmenée par les USA et la Russie d’un côté, et la Chine et ses alliés de l’autre.

Go ! Go Go ! Fire in the hole !

Dans le grand brouhaha qui en découle, des vétérans de guerre décident de se réunir et prennent le pouvoir, formant la Fédération, une alliance globale unie, totale et totalitaire. Au sein de la Fédération, on distingue deux castes d’individus. Les Civils et les Citoyens. Les Civils, c’est vous et moi. C’est Monsieur Tout-le-monde. Le droit de naissance. Les Citoyens, c’est la caste dominante. Seuls les Citoyens ont le droit de vote et peuvent accéder aux métiers de pouvoir. Et pour obtenir sa citoyenneté, pas de passe-droit, pas de bakchich. Une seule possibilité pour toutes et tous : faire ses deux années de service armé, où chaque génération montante est conditionnée aux règles de la Fédération… Un embrigadement organisé, et dans le cas du film qui nous intéresse ici, une main d’œuvre qui se révèle être une aubaine pour le gouvernement des Vétérans, car la guerre est imminente. La première guerre inter-spatiale. Une guerre d’un genre nouveau qui voit l’ensemble de l’Humanité unie face à une race extra-terrestre insectoïde : les Arachnides. Vous voulez en savoir plus ?

Le légendaire ‘Klendathu Drop’


Engagez-vous ! Rengagez-vous qu’ils disaient !

Si le discours critique sous-jacent du film peut prêter à confusion pour qui s’arrêterait à la surface des choses, comment ces spectateurs bas du front ont-ils reçu les nombreuses coupes qui jalonnent Starship Troopers ? Effectivement, en intro, en conclusion, mais aussi comme transition entre les grands blocs de l’histoire, le réalisateur s’autorise à plusieurs reprises des coupures nettes et insère des fausses-pubs promotionnelles dans son film. Ces vidéos, on le comprend rapidement, sont des extraits de programmes diffusés sur les écrans de tous les habitants de la Fédération. Il s’agit de films de propagande, dictés d’une voix off engageante comme les infos et les vieilles pubs américaines des années 50. On y découvre des spots ‘kinder’ où des têtes blondes et souriantes aux dents blanches jouent avec des fusils mitrailleurs sous l’œil attendri de soldats en tenue de combat et de leurs ménagères de mères dévouées… On y voit des bidasses en pleine bataille, filmés de près par les reporters de guerre du régime, on se délecte de chaque punchline de ces héros qui se battent pour défendre la famille et la patrie… On y parcourt les nouvelles technologies de pointe employées dans cette guerre totale, sous entendant la nécessité de l’engagement de fonds toujours plus importants, et le soutien de toutes et tous, pour le bien de toutes et tous.

Sorti à la fin des années 90, soit au balbutiements d’internet, le film de Verhoeven achève cette rhétorique d’après guerre en lui donnant les atours des pratiques de son temps, empruntant à la génération des ‘zappeurs‘ la succession de bouts de vidéos sans rapport comme on changerait de chaîne, et usant à outrance du ‘cliquez ici pour en savoir plus’ des années Yahoo, AOL et Club-Internet qui conclue chaque page promo comme pour inciter le spectateur à aller plus loin, à s’investir plus, à être un citoyen actif de la Fédération. Un pays qui se réclame idéal et supérieur aux états démocratiques d’avant, où par exemple hommes et femmes sont mis sur un pied d’égalité, unis et traités de la même manière, sans aucune différence. Les sports co’ sont mixtes, les douches collectives sont mixtes, les bataillons sont mixtes, les capitaines de vaisseaux, les troufions de l’infanterie, et jusqu’au chef de l’état major, hommes et femmes briguent et peuvent exercer n’importe quel job. S’ils sont citoyens bien sûr. De la même manière, les origines ethniques semblent secondaires, et aucune religion n’a l’air de diviser Civils et Citoyens. Vous voulez en savoir plus ?


I’m a Barbie Girl

C’est dans ce contexte tendu que nous faisons la connaissance de nos héros. L’action débute sur un campus. Dans les faubourgs riches d’un Buenos Aires fantasmé. Climat toujours clément, ville investie par la classe dominante qui l’a reconstruite selon ses plans. Au sein de la Fédération, plus d’États, plus de différences. Les héros de Starship Troopers ont des noms latinos mais sont blancs de peau, souvent blonds aux yeux bleus, cherchez l’erreur… Mâchoire carrée et muscles saillants, physique d’Apollon aux contours parfait, Johnny Rico est le héros archétypal de la Fédération. Le quaterback de l’équipe. À ses côtés on retrouve les classiques de toutes les comédies high school : le meilleur ami geek nul en sport mais particulièrement intelligent, la pom-pom girl reine du lycée, la buddy girl garçon manqué au cœur tendre et le mentor / prof charismatique qui assène ses règles philosophiques — ici très discutables — comme des étendards. Des bancs du bahut aux cours du soir en passant par le match de foot US et le bal de fin de promo, tout y est… Mais la plume de Verhoeven est une fois de plus passée sur cette belle toile, appliquant son vitriol et un peu de hauteur chez Ken et Barbie.

Un trio de héros qui découvre les critiques de la Presse

Car si Rico affiche effectivement les traits réguliers de Casper Van Dien, il reste aussi un grand bourgeois paumé et pas très doué qui n’a jamais eu à trimer pour exister et qui poursuit son existence sans penser plus loin qu’au lendemain. Sa petite amie Carmen, Denise Richards dans son premier grand rôle, se révèle bien vite carriériste, débrouillarde, autonome et une vraie tronche, mais pas vraiment in love, ni vraiment fiable. Son ami Carl, Neil Patrick Harris — le Barney de How I met your mother — est doué de talents psychiques et peut lire dans les pensées, et Dizzie Flores (Dina Meyer), la combative et entêtée meilleure amie, se révèle tout sauf amoureuse transie, mais plus électrochoc de Rico et véritable moteur de son ascension. La guerre de castes fait même son ouvrage : les parents de Rico, progressistes et riches sont des Civils. Le père de Carmen un Citoyen qui s’est fait seul et qui voit d’un œil torve la relation qu’entretient sa fille avec un Civil. C’est cette lutte de classes qui poussera aussi Diz à aller de l’avant, la jeune femme étant bien décidée à tout mettre en œuvre pour gagner sa citoyenneté et sortir des galères.

Les meilleurs triangles amoureux sont à quatre individus


Que des numéros 10 dans ma team

Tout ce petit monde va bien vite devoir se séparer et quitter le nid et le confort des bancs du lycée pour partir dans le vrai monde. Et poussés par des motivations qui leurs sont propres, chaque héros fait le choix de s’engager pour devenir Citoyen. Rico par amour et par opposition à ses parents. Carmen pour être pilote. Carl pour apprendre à utiliser ses facultés mentales. Comme un Full Metal Jacket moyen, Starship Troopers est découpé en deux grandes parties. Passé la scène d’exposition du lycée qui n’est là que pour planter les bases et présenter les personnages, la première partie du film nous fait découvrir Rico et Diz qui font leurs classes du côté de l’infanterie. C’est l’occasion pour le spectateur de croiser quelques gueules cassées habituées aux seconds rôles de qualité : Clancy Brown — le Kurgan d’Highlander — en sergent instructeur intransigeant et total, Jake Busey en gentil bourrin, Petit-Jean tête-à-claques de service, ou Dean Norris, futur beau-frère de Walter White dans Breaking Bad en colonel responsable du camp de formation des jeunes recrues.

Michael Ironside, légendaire

Pour Carmen, c’est direction la flotte, avec en ligne de mire, le rang d’officier et les galons de pilote du Super Destroyer Rodger Young aux côté du rival de Rico, le beau et cynique Zandar (Patrick Muldoon). Un triangle amoureux qui a commencé sur le terrain de foot et qui se finira sur le champ de bataille. Enfin pour Carl, c’est les services secrets et leurs arrangements immoraux pour le fameux greater good. Mais si vous savez, cette justification des dirigeants et chefs de tous bords pour couvrir toute décision allant contre l’éthique, sous couvert de sacrifice d’une partie pour le tout… Nos trois héros suivent alors des parcours qui les opposent. Rico apprenant auprès de ses instructeurs la stricte réalité du monde et du système des Vétérans : sanctions corporelles, peine de mort, humiliation de ceux qui flanchent, asservissement. Des conditions difficiles, seulement tenables grâce à l’esprit de corps et à l’entraide des recrues. Puis c’est l’attaque. Buenos Aires est rayé de la carte. Le berceau de nos héros est détruit. Familles et amis font partie des pertes. C’est la guerre. Commence alors la deuxième partie du film. Vous voulez en savoir plus ?

Le Kurgan a troqué son épée pour l’uniforme


Star Cheap Troopers

Sortis il y a plus de 20 ans, le film, qui se voulait blockbuster dans les années 90, a bien morflé. Les effets spéciaux ont pris un sérieux coup dans la gueule, la faute au tout CGI et à un budget bien moindre que ses pairs. Les vaisseaux manquent de classe, ressemblant plus souvent à des boîtes à chaussures ailées qu’à des vaisseaux spatiaux tels qu’on les conçoit. Toutefois, ils gardent un côté pittoresque caractéristique de ce que pourraient être nos propres créations si on en arrivait là. Les ingénieurs de la Fédération semblent avoir fait le choix de l’économie de moyens et résumé les véhicules à leur plus élémentaires fonctions. Un design qui semble sous-tendre que le beau n’a rien à foutre dans cette galère, comme si l’art était absent du régime.

Il n’en demeure pas moins que le film souffre d’effets numériques datés qui risquent d’irriter l’œil des plus jeunes. On comprend aisément comment le film a pu être catalogué comme kitsch, et les multiples suites low cost en direct-to-DVD vidées de tout propos et de tout cynisme n’ont pas aidé. Le format et le grain de l’image venant renforcer le côté carton-pâte de certains décors, il nous faut bien 20 ans d’expérience à s’être fadé de la SF sous toutes ses formes pour combler les trous et imaginer un rendu à la hauteur du propos. Malgré tout, passé la barre des écueils techniques, le film en tant qu’objet cinématographique reste quant à lui d’une maîtrise crasse. Verhoeven livre une leçon de rythme et d’ambiance et tout dans le film participe à délivrer son message. Des couleurs flashy et soulignées de la fac avec ses parcs bien verts et ses fontaines jusqu’aux teintes de gris des uniformes et aux ocres des décors vides des planètes visitées, du jeu des acteurs en roue libre et qui tapent à côté au début aux scènes poignantes des batailles, rehaussées par l’incroyable partition de Basil Poledouris (Robocop, Conan), Starship Troopers, sous ses airs de pas y toucher et de film sans budget, est un véritable hymne au cinéma de genre. Vous voulez en savoir plus ?


Mille et Une Pattes

Mais que serait Starship Troopers sans ses antagonistes ? Car il faut toujours trouver une incarnation à l’ennemi. Ici, alors que la charge émotionnelle évocatrice de 39-45 irradie déjà à chaque recoin de la pellicule, l’ennemi sera réduit à sa plus simple incarnation. Pas d’amalgame. L’ennemi a 6, 8 pattes ou plus, des élytres, un abdomen renforcé, est doté de griffes acérées, et arbore des mandibules à faire dresser les poils de tout humain normalement constitué. L’ennemi, c’est les Arachnides. Un peuple d’extraterrestres belliqueux et aussi différent de nous que possible, très inspiré des Zergs de StarCraft. Des nuées grouillantes d’insectoïdes géants qui broient, découpent, mangent et exterminent tout ce qui n’est pas comme eux. Des ‘bugs’ ou des ‘cafards’ de l’espace qui agissent en essaims, dirigés par une pensée unique, sacrifiant sans autre forme de procès une partie pour le tout.

What else ?

À ces fantassins caparaçonnés, s’ajoutent des sortes de scarabées géants qui peuvent jeter des jets acides enflammés destructeurs sur le champ de bataille ou tirer hors de l’atmosphère des boules de plasma, comètes de feu semant la destruction au milieu de la flotte humaine stationnée en orbite autour de la planète. Une armada simple, efficace, où chaque chose a son utilité, comme si la vie et l’évolution avait optimisé ses organismes afin de les réduire au rang de fonction. Où le beau et l’art n’auraient pas voix au chapitre. Enfin, au milieu de cette légion grouillante qui regroupe des milliards d’individus, la légende raconte qu’une autre espèce supérieure se tapirait. Un master mind. Un cerveau. Vous voulez en savoir plus ?


Groggy et les cafards

La mission de Rico & Co sera d’ailleurs de tenter de dénicher cette espèce si elle existe, et ce, peu importe les dommages collatéraux. Rico, Diz, Ace et leurs nouveaux potes du front en première ligne, et même Carmen et Zandar depuis leur destroyer en seront pour leurs frais. Mais leur sacrifice ne sera pas vain. Les pertes font partie du plan. Le plan de leur ami Carl. Carl qui n’hésitera pas une seconde à mettre en péril des vies pour le bien commun. Des chiffres sur un échiquier. Un sacrifice acceptable. Un Carl qui surgit en fin de film, la lippe froide et l’imperméable noir bien cintré sur son uniforme gris, épaulettes d’officier bien lustrées, képi droit sur la tête et regard vide. Le détachement condescendant, la froideur des bourreaux aveugles, Verhoeven convoquant là, pour les derniers qui n’avaient pas suivi, toute l’imagerie répugnante de l’Allemagne nazie.

Une imagerie bien morbide

Par opposition, ceux qui vivent, ce sont ceux qui survivent. Un jour après l’autre, chaque jour un peu plus. Rico, qui n’avait ni but ni plan de vie, qui ne se souciait jamais du lendemain, se révèle dans cette configuration. Il gravit les échelons sur le terrain. Chef d’escouade, caporal, sergent… Avec Diz, ils forment un duo efficace et pragmatique, complémentaire jusqu’à l’intime. Elle le pousse à se démener, il lui permet de briller, d’exploser. Dans la deuxième partie du film, celle centrée sur la guerre, Rico retrouve très vite son prof de lycée devenu lieutenant d’un des détachements d’infanterie les plus doués, les Ruffians. Incarné par un Michael Ironside (le Jean-Pierre Bacri US) qui crève toujours autant l’écran, ce mentor magnanime très particulier vantant les valeurs des Vétérans — mais pas que, ce serait trop simple — inculque ses vérités à la bleusaille avec aplomb et froideur. Il sera le témoin qui transmet le flambeau à la génération montante. L’espoir de demain. Vous voulez en savoir plus ?


Le Guide du Broutard

Redécouvrir Starship Troopers 20 ans après sa sortie c’est prendre en pleine tronche la qualité du cinéma à grand spectacle de la fin du siècle dernier, aussi différent d’un film à l’autre que solide dans ses propositions. Starship Troopers se distingue par son irrévérence de fond et sa forme iconoclaste, son engagement certain et ses niveaux de lecture. Il est le travail d’un auteur avant tout et s’attache à délivrer un message. Il est un prêche incessant contre l’appauvrissement du discours et l’uniformisation du divertissement. Et quel divertissement ! Space-opéra et film de guerre, rom-com qui s’ignore et film d’action, Starship Troopers est un film riche et acide qui tape d’un uppercut ravageur tant la bienpensance tartuffe que les dérives sécuritaires. Son exemplarité certaine redouble d’écho aujourd’hui de par l’accélération des configurations politiques du vrai monde et la crispation climatique, point de départ de la dystopie qui sert de toile de fond au film.

Des vaisseaux bien vintage

Starship Troopers se distingue d’autant plus que l’industrie du (grand) spectacle a la fâcheuse tendance de vouloir minimiser les risques en s’interdisant a-priori tout propos qui pourrait susciter des réactions en chaîne. La fin du débat et de l’échange à l’aune du procès public. Les clous dans le cercueil de la réflexion. La neurasthénie du divertissement qui épouse le cahier des charges de producteurs avides qui regardent le troupeau bouffer la soupe froide. Une noce funeste encouragée par une audience frileuse, seulement désireuse de rester dans sa zone de confort. Dans la lointaine Klendathu, la guerre encore fait rage. N’entendez-vous pas encore le son des combats ? Peut-être, comme Carmen Ibañez, rêvez-vous de rejoindre la flotte de la Fédération ? Vous avez des dons particuliers, et souhaitez mettre à profit ces capacités ? Rejoignez les Services Secrets ! Ou bien peut-être préférez-vous fouler du pied ces immondes Arachnides ? Faites comme le lieutenant Rico et ses fidèles Ruffians et engagez-vous dans l’infanterie ! Vous voulez en savoir plus ?


Crédits : Paul Verhoeven, Tristar et Sony Pictures.

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