Testez le potentiel du cloud gaming vous-mêmes gratuitement

Posons les bases d’entrée : pardonnez la facilité de ce titre, mais j’y crois. Et je vous rassure : cet article n’est pas sponsorisé. Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez que le cloud gaming m’a toujours fasciné. Surtout ces derniers temps bien sûr, mais parce qu’il prend enfin forme sur le marché grand public. Le problème du cloud gaming est qu’il est difficile d’en expliquer le potentiel sans faire une sorte de saut de la foi, du fait que tous les services actuels ont leurs limites et que les technologies réseaux qui le rendront excellents ne sont pas encore assez largement déployées.

Cependant, il n’est pas impossible de comprendre dès maintenant l’impact que pourrait avoir le cloud gaming. Et si lire mes dossiers et autres threads çà et là n’est pas suffisant pour vous, j’aimerais vous proposer aujourd’hui… un exercice pratique. Réalisable par tout le monde. Et ce totalement gratuitement. Pour cela, nous allons nous baser sur un service en particulier et un jeu. L’idée est que vous puissiez par cet exemple extrapoler ensuite à votre sauce pour avoir votre propre vision. Testez selon les plateformes et accessoires que vous avez, et si vous ne voulez que les observations, vous pouvez également directement atteindre à cette partie.

L’exercice cloud gaming

La force de GeForce Now : son nombre de plateformes

Le service : Nvidia GeForce Now

Le service de cloud gaming que nous utiliserons n’est autre que Nvidia GeForce Now. Pourquoi ? Parce qu’il est le seul à avoir une offre gratuite probante et un déploiement assez large pour concerner la majorité des lecteurs. En termes de qualité, après de nombreux tests, je trouve qu’il est également le meilleur : sa balance entre qualité du flux vidéo et latence est impeccable, et l’expérience est sensiblement la même dans de nombreuses configurations. En Ethernet, en Wi-Fi, sur Windows, macOS, Android… Qu’importe la plateforme sur laquelle vous jouerez, ce sera efficace.

Sa plus grande faiblesse, particulièrement depuis son lancement où mon enthousiasme premier a bien vite été calmé par la fuite des éditeurs, est sa bibliothèque de jeu. Pour rappel : GeForce Now vous permet d’accéder à vos jeux Steam/Epic et consorts sur sa plateforme, tant que vous les possédez déjà dans vos bibliothèques. Pas besoin de repayer, donc. Problème : les éditeurs peuvent refuser l’intégration… et ils l’ont fait en masse, probablement dans l’idée de lancer leurs propres services à l’avenir et garder leurs exclusivités. Sur le cloud gaming, on observera tristement très bientôt la même lutte de catalogue que pour les services de VOD.

GeForce Now est gratuit

Revenons à nos moutons (bêêêêêê) : GeForce Now est gratuit. Dans cette configuration, il vous faudra toutefois intégrer une liste d’attente avant d’accéder à votre jeu, et vous ne profiterez pas du ray-tracing. Il vous faudra également vous reconnecter toutes les heures, pour laisser la chance à d’autres de profiter du service. C’est équitable, et ça n’est surtout pas une très grande limite dans le cadre de notre exercice. Mais pour info, si vous payez 5,50 €/mois, vous pouvez dès lors esquiver les files d’attente et avoir le ray-tracing. Cela reste l’offre la moins chère du marché, ce qui s’explique par le fait que Nvidia cherche surtout à vendre ses serveurs de jeu : le B2B (vente entre deux entreprises) est plus important que le B2C (vente directe aux consommateurs, soit… nous) pour eux. Je ne vous recommanderai cependant pas l’offre tant que la bibliothèque de jeu ne sera pas plus grande.

Plus que tout, le grand argument en faveur de Nvidia GeForce Now est qu’il est disponible sur de nombreuses plateformes. Vous pouvez télécharger un client pour Windows, pour macOS et pour Android. Sur Chromebook, une version web est également disponible, et cette dernière sera ouverte à d’autres plateformes par la suite. Sur Android TV, les Shield TV ont déjà accès à l’application via Nvidia Games, quand les autres appareils y auront bientôt droit. Désolé chers amis d’iOS, mais l’absence du service sur l’App Store vient d’Apple lui-même qui ne veut de toute évidence pas jouer le jeu du cloud gaming.

Oh la grosse bébête

Le jeu : Dauntless

La première limite de cet exercice est donc de trouver un jeu qui soit disponible sur GeForce Now. La seconde ? Qu’il soit gratuit bien sûr. Parmi la longue liste de free-to-play disponibles sur le service, j’ai choisi… Dauntless. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il s’agit d’une sorte de Monster Hunter à la direction artistique cartoon et au cœur un peu plus MMO F2P tradi. Le principe est assez simple : chassez des monstres, récupérez les ressources qu’ils font tomber, et servez-vous-en pour créer des armes et armures vous permettant d’en chasser des toujours plus impressionnants. Une fois en équipe, vous pourrez participer à des combats véritablement épiques. J’y ai joué assez régulièrement ces derniers jours, et peut attester du fait qu’il est… assez fun !

Le jeu est étudié pour être lisible même lorsqu’il est affiché sur un petit écran

Plusieurs raisons font que j’ai choisi Dauntless. La première est que son gameplay n’est pas fortement influencé par le fait de jouer au clavier/souris ou à la manette : qu’importe votre choix, vous serez au même niveau de confort que tout le monde. La deuxième, importante également, est qu’il est cross-play : vous pouvez jouer librement avec vos amis sur PC, PS4, Xbox, Nintendo Switch… il n’y a aucune limite. Ou même de parfaits inconnus d’ailleurs, si vous êtes plutôt loup solitaire comme moi. La troisième est son aspect MMO, puisque l’un des principaux intérêts du cloud gaming s’exprime particulièrement dans ce contexte à mon humble avis.

Le dernier point est tout aussi important : son interface. Le jeu est étudié pour être lisible même lorsqu’il est affiché sur un petit écran. Une option en ce sens est disponible dans les paramètres d’affichage, que je vous recommande de passer sur le choix “Grande” pour la suite.

Y clic, et y joue

Sur ordinateur fixe

Imaginons que vous utilisez un ordinateur fixe. Ici, tout dépend bien sûr de votre configuration, mais le cloud gaming a plusieurs avantages à considérer. Le plus évident : si votre ordinateur fixe est peu puissant, vous aurez tout de même accès à des graphismes supérieurs. Constatez de vous-mêmes : installez localement Dauntless sur votre ordinateur et comparez ses graphismes avec la version GeForce Now. Son taux d’images par seconde aussi. L’un des avantages les moins évidents lorsque l’on a une configuration de brute épaisse : la libération des ressources du PC. Jouer en cloud gaming est bien moins demandeur de ressources que de lancer le titre localement bien sûr. Un point qui peut être très important pour les streameurs notamment, dont la config peut parfois suffire à lancer le jeu ou streamer… mais pas les deux en même temps. Un autre peut-être moins marquant mais bien réel tout de même : pas besoin d’utiliser de l’espace de stockage pour jouer.

Pouvez-vous jouer confortablement ? C’est après tout ce qui importe

L’intérêt principal pour notre exercice est de pouvoir créer une base de comparaison solide. Essayez si vous le pouvez de relier votre ordinateur fixe en Ethernet à votre box, de manière à profiter d’un réseau câblé et non sans-fil. Le sans-fil rajoute une latence qu’il serait bon de ne pas avoir pour que notre base de comparaison soit saine de bout en bout. Nous parlerons du sans-fil un peu plus tard ceci étant, ne vous inquiétez pas. Sur la base de l’ordinateur fixe, vous pourrez ainsi constater de vous-même la latence, les graphismes, comment le jeu marche dans le cloud gaming en mouvement. Oui, il y aura sûrement quelques rares artefacts de compression vidéo çà et là. Mais concentrez-vous avant toute chose sur le plaisir de jeu. Pouvez-vous jouer confortablement ? C’est après tout ce qui importe.

L’avantage de jouer sur un ordinateur fixe bien sûr est la possibilité de lancer votre Discord, de profiter de votre clavier pour parler aux autres joueurs, d’être multitâche en somme. Ça, il faut bien comprendre que c’est l’avantage du produit que vous utilisez. La plateforme sur laquelle vous êtes, donc. Pour un gros raid à plusieurs sur Dauntless, le plus confortable sera donc naturellement d’être sur son PC et pouvoir parler à tout le monde en même temps.

Qui a dit qu’un Chromebook à 200€ ne pouvait pas jouer à de gros jeux ?

Sur ordinateur portable (et Chromebook)

L’ordinateur portable a presque les mêmes conditions que le fixe bien sûr. L’argument de la configuration moins puissante est cependant bien plus important par simple balance de probabilité : les portables sont naturellement moins bien équipés puisque destinés à d’autres usages. Prenez en compte les ultrabook par exemple : ils misent avant tout sur l’autonomie. Et c’est là un autre argument en la faveur du cloud gaming, bien qu’on y pense assez rarement. Technologiquement parlant, le cloud gaming équivaut plus ou moins à un stream YouTube interactif. Et ça, ça vaut aussi pour la consommation de vos ressources et donc… la longévité sur batterie de votre appareil.

Beaucoup d’ordinateurs portables se targuent d’avoir une autonomie d’environ 10 heures, mais ce chiffre vaut presque uniquement pour le visionnage d’une vidéo Netflix en boucle. Lorsqu’on utilise vraiment l’ordinateur, on tombe bien plus souvent sur du 6/7 heures. En jeu ? 3/4 heures. Mais si vous utilisez le cloud gaming, la relation est presque similaire à Netflix. Comprenez que vous pourrez jouer avec votre ordinateur portable sur batterie bien plus longtemps que si vous lanciez le jeu localement. Vraiment plus longtemps. Faites le test vous-même ! Regardez la consommation en batterie de votre ordinateur sur une session de jeu locale d’une heure (ou 30min). Puis en passant par GeForce Now.

C’est votre réseau local, et pas tant votre connexion internet, qui est le point important ici

Qui dit ordinateur portable et batterie dit cependant connexion internet sans-fil, sans quoi… ce serait quelque peu contre-productif. Et lorsque l’on parle de cloud gaming, on entend souvent dire qu’il faut obligatoirement un câble Ethernet et une connexion fibrée. Ça n’est pas le cas. C’est bien sûr recommandé, mais ce qui importe est avant tout la stabilité de votre connexion. Même votre débit n’est pas si important : 15Mb/s suffisent généralement amplement. Si vous êtes en Wi-Fi, mieux vaut privilégier le Wi-Fi 5 GHz au Wi-Fi 2,4 GHz. Là encore, vous l’entendez souvent sans forcément le comprendre. Il faut savoir que d’ordre général, votre box émet deux types de signaux : les signaux en 2,4 GHz, qui parcourent une plus grande distance (10/15 mètres généralement) mais sont moins puissants, et les signaux en 5 GHz, qui sont plus puissants mais plus courts (3/5 mètres généralement).

Vous pouvez configurer votre box (Livebox ici) pour séparer 2,4 et 5 GHz

Par défaut sur la plupart des boxes françaises, ces deux réseaux portent le même nom (SSID) et ont le même mot de passe. C’est la box et l’appareil qui décident (parfois un peu au hasard) quel type de réseau (2,4 ou 5 GHz) utiliser. Si vous voulez vraiment faire l’effort supplémentaire pour tester, vous pouvez configurer votre box de manière à ce que ces deux réseaux aient deux noms et deux mots de passe différents. Chez moi, Za Warudo (Jojo) est en 2,4 GHz et The World (.hack) en 5 GHz. Constatez mon swag s’il vous plaît. Si vous avez la flemme, désactiver et réactiver votre Wi-Fi en étant très proche de votre box devrait vous permettre d’agripper le 5 GHz. Le nombre de périphériques sur votre réseau peut aussi influencer la stabilité de ce dernier. Retenez juste une chose : c’est votre réseau local, et pas tant votre connexion internet, qui est le point important ici.

Au-delà de ces considérations techniques, vous pourrez constater si Dauntless est toujours jouable dans de bonnes conditions pour vous. L’instabilité du Wi-Fi fait que l’image peut parfois rester figer très brièvement, ou que des artefacts peuvent apparaître, mais dans l’absolu… je n’ai jamais observé quoi que ce soit qui me gênerait dans l’affrontement d’un monstre. Bien au contraire : il faut que je me concentre sur l’idée de le voir pour, eh bien, le voir. Autrement, je ne vois que le monstre à vaincre, comme tout bon joueur le devrait n’est-ce pas ? Cependant, je vis seul et mon réseau est ultra optimisé. Ceci étant dit, j’ai aussi testé en 2,4 GHz sans avoir aucun problème.

Mon sandwich préféré

Sur smartphones (et tablettes)

La grande force du cloud gaming sur smartphones est bien sûr de pouvoir accéder à des jeux que la plateforme serait absolument incapable d’avoir. Cependant, ne faites pas l’erreur de vous arrêter à l’écran tactile : s’il est utilisable pour quelques titres, ça n’est évidemment pas l’idée. Comme toujours avec le cloud gaming, la plateforme n’est que ça : une plateforme. Particulièrement pour les smartphones, cette pensée fait qu’il ne s’agit que d’un outil qui doit s’effacer pour laisser place à ce qu’on en fait : ici, jouer à de gros titres. C’est là où le HUD de Dauntless est important dans l’exemple, puisqu’il reste parfaitement lisible sans effort même sur une diagonale de 5/6 pouces.

La plateforme a l’énorme avantage d’être ultra mobile

Quant aux manettes, ça ne souffre plus d’aucun débat pour moi en 2020. Android comme iOS supportent nativement les manettes les plus utilisées à travers le monde, des basiques en X-Input ou D-Input à celles des constructeurs comme Xbox ou la DualShock 4 de Sony. Si les titres mobiles ont rarement fait l’effort d’implémenter cette compatibilité, toutes les plateformes de cloud gaming (GeForce Now compris) les utilisent sans le moindre mal et il n’y a absolument aucun besoin de reconfigurer quoi que ce soit pour profiter du schéma de contrôle prévu par le développeur. C’est pourquoi il s’agissait d’un point important dans la sélection du jeu exemple, et pourquoi Dauntless a été choisi. Quant au confort, j’ai personnellement choisi la Razer Kishi pour transformer mon OnePlus Nord en simili-Nintendo Switch et ne pas avoir à rajouter la latence du Bluetooth par dessus mon jeu. Mais ce n’est pas obligatoire, et il ne s’agit-là que d’un premier jet en termes d’accessoires ; il y a fort à parier que des concurrentes à cette manette sortiront rapidement par la suite. Les constructeurs chinois s’en donnent déjà à cœur joie depuis plusieurs années.

Pis sérieusement, juste… c’est pas stylé de tuer des gros dragons sur son mobile comme ça ? Ici, la plateforme a l’énorme avantage d’être ultra mobile. Tout le monde a son portable sur soi, et transporter une petite manette est loin de représenter le même encombrement qu’un ordinateur portable, même de 10 pouces. Sans compter le fait bien sûr que le mobile a accès à internet 24h/24, un argument majeur pour le cloud gaming. Même si je ne vous le recommande pas à l’heure actuelle, une petite session de 30min se traduisant par une consommation de plusieurs gigas sur votre forfait. La latence est excellente en 4G+ par contre ! La même chose vaut pour les tablettes bien sûr, même si j’ai tendance à préférer le smartphone pour son format proche des consoles portables.

La bonne idée… sur le papier

Comparez les plateformes

Dauntless est un jeu gratuit et multiplateforme, et il n’a définitivement pas besoin du cloud gaming pour cela. Cependant, l’un des avantages du cloud gaming se voit particulièrement lorsque l’on compare les différentes versions entres elles. C’est assez simple à dire vrai : les versions PC, PS4 et Xbox One sont graphiquement avancées et sur des plateformes déjà bien connues, mais ne peuvent pas vraiment être transportées. La version Nintendo Switch est transportable, mais ses conditions techniques sont peu enviables. Limitée à 30 FPS et ayant énormément de chutes de framerate qui plus est, elle est loin d’être jouable confortablement.

Il se lance instantanément peu importe d’où et avec quoi vous vous connectez

Le cloud gaming représente la possibilité d’avoir des graphismes fins et du 60 FPS… tout en lançant le jeu n’importe où, y compris en mobilité. Et il garde le même atout que le cross-play permet sur Dauntless de base : la possibilité de choisir sa plateforme selon l’expérience que l’on cherche. Un gros raid à faire ? On se connecte sur son ordinateur fixe où l’on retrouve son micro, son clavier, sa souris, sa manette, son grand écran. L’envie de se faire plaisir visuellement en flânant à la maison ? Allez, on se connecte via Android TV ma foi. En déplacement pour le boulot ? Pas de problème, l’ultrabook du taff conçu pour la bureautique peut tout de même le lancer. Besoin de récupérer 2/3 ressources rapidement ? On sort son portable de sa poche dans le métro.

Mais qu’est-ce que j’entendais lorsque je disais que l’aspect MMO de Dauntless était particulièrement important ? Parce que le cloud gaming est la seule plateforme entre toutes qui ne vous demandera pas d’installer de lourds patchs à chaque mise à jour de l’univers persistant du jeu. Il se lance instantanément peu importe d’où et avec quoi vous vous connectez. En prime, c’est aussi la seule plateforme où vos problèmes de réseau n’iront pas ternir l’expérience de vos coéquipiers : votre lag n’impacte pas leur session de jeu, puisqu’eux sont connectés avec le serveur lui-même. Vous ne pouvez plus être le joueur qui fait monter le ping du serveur pour tout le monde. Bon ok, cet argument sonne un peu comme un cheh pour vous et bouyah pour les autres, mais hey. Il faut ce qu’il faut parfois.

L’observation

Les technologies de streaming vidéo ne cessent d’évoluer

Les limites techniques vont disparaître

Cette exercice est terminé, mais si vous vous êtes pris au jeu, vous avez normalement dû constater de vous-même les forces et faiblesses du modèle actuellement. Le constat est assez simple : les deux plus grandes faiblesses du cloud gaming sont liées à la compression vidéo et à la latence, particulièrement en sans-fil. En filaire, il est presque impossible de détecter la moindre latence à l’œil nu sur la grande majorité des titres, et c’est d’autant plus vrai avec Dauntless, dont le gameplay un peu lourd par design aura du mal à faire ressortir ce problème. Par contre, il est tout à fait vrai que la compression vidéo peut être rapidement prise à défaut, surtout si votre connexion locale est encombrée.

Mais tout ça ne restera pas, loin de là. Et pour cause : les codecs (ces petits logiciels qui permettent aux ordinateurs de comprendre et lire une vidéo en format numérique) optimisés pour ce genre d’usage existent déjà. GeForce Now fait l’emploi du NVENC, leur format maison déjà utilisé dans le streaming, et celui-ci est loin d’avoir atteint sa forme finale. Mais même sur des formats plus libres, l’évolution va vers le cloud gaming. Le H265, successeur du H264 aujourd’hui le plus largement utilisé sur le web, promet non seulement d’offrir une meilleure qualité, mais aussi de réduire le poids des données en transit. Soit moins de data grignotée sur votre forfait et plus de place pour l’optimisation de la latence. Il ouvre également la porte à la 8K à 300Hz, c’est dire. Mais il a le souci de réclamer une puissance brute conséquente pour ses plus gros transcodages, chose qu’un serveur de cloud gaming pourra largement se permettre d’avoir alors que les SoC explosent en capacités multi-thread (Epyc d’AMD notamment). Ou pour les néophytes : la qualité, ça demande de la puissance, et la puissance est déjà là.

N’oubliez jamais que les technologies serveur sont largement différentes des nôtres sur bien des points

Il y a aussi la latence en sans-fil. Deux points de discorde pour cela : le réseau local à domicile, soit le Wi-Fi, et le réseau mobile, soit la 4G actuellement. Sauf que ces derniers seront bien vite ultra optimisés. Le Wi-Fi 6, successeur du Wi-Fi 5 que nous connaissons et utilisons largement actuellement, est déjà intégré aux nouvelles boxes des opérateurs et promet une meilleure gestion des paquets sur les réseaux congestionnés tout autant qu’une latence revue à la baisse. Soit exactement ce dont le cloud gaming a besoin pour faire disparaître ses soucis. Quant à la 5G, elle promet bien sûr des débits améliorés, mais surtout de faire disparaître la congestion des antennes 4G, offrir une latence minime, et des forfaits véritablement illimités. Sachez que techniquement, l’argument de la congestion des réseaux dans le fait de limiter le nombre de Go d’un forfait mobile n’aura plus aucun sens sur la 5G. Bien au contraire : la technologie a été conçue pour effacer ce problème.

On ne parle plus d’un futur lointain, et c’est pourquoi le cloud gaming est enfin apparu sur le marché grand public. Dans 2 à 3 ans, une grande partie d’entre nous profitera du Wi-Fi 6 à domicile. Sur cette même période, la 5G sera déjà déployée dans les grandes villes. Les appareils 5G et Wi-Fi 6 existent déjà sur le marché, et se prolifèrent à une vitesse phénoménale : mon OnePlus Nord, pourtant vendu 400 €, est déjà compatible. Dès l’année prochaine, cette compatibilité trouvera sa place sur les appareils à 200 €. Ce n’est pas réservé aux plus fortunés, ce n’est pas de la science-fiction, et ce n’est pas même un cas particulier : le cloud gaming surfe sur la direction naturelle des améliorations technologiques de ces dernières années.

Et si ce genre d’annonce n’avait plus aucun sens à l’avenir ?

La forme finale du cross-play

Plus que l’aspect technique, il faut aussi voir l’influence que pourrait avoir le cloud gaming sur le gameplay des jeux lui-même. Ou plutôt… tout ce qui l’enrobe. Pour la plupart des jeux free-to-play actuels, il ne manque que quelques éléments (que Dauntless possède déjà) pour qu’ils soient parfaitement optimisés pour cette manière de jouer. Ces éléments sont tout simplement liés au fait de rendre un titre confortable qu’importe l’appareil. Un HUD lisible aussi bien sur un écran 6 pouces que 55 pouces. Une interface avec laquelle on peut interagir confortablement aussi bien avec un clavier qu’une manette. Un terrain de jeu équitable qu’importe la plateforme choisie (les jeux de combat sont de bons exemples pour ça, le type de manette n’étant pas important), ou une séparation efficace des joueurs (clavier/souris VS manette sur les FPS par exemple) qui ne se base pas sur la détection de la plateforme uniquement. Ce sont certains de ces éléments qui ont disqualifié d’autres titres pour cet exercice, comme Fortnite par exemple. Outre le fait que je n’avais pas du tout envie d’y jouer pour être honnête.

Tout cela conduit au fait de voir le cloud gaming comme la forme ultime du cross-play. Une forme qui ne voit le jeu que pour ce qu’il est : un jeu. La plateforme n’est rien de plus qu’un moyen de s’y connecter, et n’a pas véritablement d’influence autre que celle que vous voulez bien lui donner. En somme : vous achetez votre plateforme et vos accessoires pour optimiser votre confort, tout bêtement, mais le jeu restera toujours le même qu’importe votre choix. Ironiquement, c’est une philosophie qui est très proche des PC, mais qui contredit bon nombre de principes sur lesquels se vendent les consoles depuis la nuit des temps. Elle lui apporte seulement ce qui a toujours manqué au PC : la facilité d’utilisation et l’accessibilité financière.

Et si le serveur se mettait à jour plutôt que le client ?

Je pense que le cloud gaming aura un plus grand impact que l’on imagine grâce à cela. Après tout, plutôt que de créer un développement et un support coûteux pour une version par plateforme, pourquoi ne pas simplement créer sa propre plateforme centrale dans le cloud à laquelle tous les appareils peuvent se connecter ? Les principes du cloud gaming ne sont pas limités au simple catalogue de jeux comme le font Google Stadia, GeForce Now, ou même xCloud et PlayStation Now à l’heure actuelle. Ils peuvent aussi être appliqués efficacement sur un seul titre. Un exemple ? Imaginez un MMORPG dont le launcher ne sert qu’à se connecter au serveur de jeu. Plus besoin d’installation et de vérification de mises à jour, simplement d’un client léger et de son mot de passe. Ce serait là la disparition de nombreux freins à l’usage. C’est ce qui conduit à me faire dire qu’il s’agira du genre de jeu qui promulguera rapidement le cloud gaming dans son évolution.

Et je vous le dis : ce futur où je pourrais me faire mon artisanat rapidement dans le métro, une petite quête facile sur ma pause dej’ au taff et un gros raid le soir posé à mon bureau me fascine. Selon toute vraisemblance, nous n’aurons pas à attendre très longtemps pour le connaître.

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